Du guerrier et de la conscience (12)

– C’est facile.

L’esprit veut faire penser que c’est ardu, mais c’est très facile.

Tu es en train de le faire en ce moment.

Tu le fais tous les jours depuis sans doute longtemps.

Ce qui est facile : c’est de ne rien faire dont on ne sait le sens.

Poser une question et chercher toutes celles qui sont liées à elle.

Vouloir trouver une réponse, une fois posée la question.

C’est aussi facile que de savoir dans quel endroit tu vas lorsque tu marches.

 

– Le sens, veux-tu préciser le sens ? Parce que le mental en a une certaine idée et je ne pense pas que ce soit la bonne.

 

– D’une manière imagée, lorsque tu vas à la mer pour te baigner, tu penses à emporter quoi ?

 

– Un maillot de bain !

 

– Lorsque tu marches vers un puits pour y puiser ?

 

– Un seau !

 

– Dans ce contexte il semble évident que pour permettre une action, il faut en connaître l’utilité. Ton acte, ne servant aucune raison, ressemble à une tentative perdue dans le brouillard.

Pas un animal ne se comporte autrement et bien dans les pensées il se passe la même chose. Considérer chaque pensée comme ayant sa place dans un plan qui la dépasse et non réduire tous les plans à la dimension d’une simple pensée. Cela est aussi impeccabilité et cohérence.

Penses-tu que si nous étions capables de voir toutes les répercussions de nos actes, du plus petit de nos actes, nous nous permettrions d’être dans cette incohérence permanente ?

 

– Cela n’a rien de moral ?

 

– Tout à fait ! Rien de moral, la respiration est-elle une affaire de morale ? Non, bien sûr.

Elle se fait sans effort si on ne se bat pas pour ne pas entendre le chant. Je ne fais pas d’effort pour me sentir responsable.

Je le suis même lorsque je ne le sais pas, mais il n’est pas naturel de ne pas le savoir comme il n’est pas naturel de respirer sans entendre son cœur battre, oui, tout se fait naturellement.

En matière de perception, on ne peut pas parler de sensibilité, mais la sensibilité est une question d’attention. Et celle-ci est à son tour permise par le déconditionnement de ce qui nous a dénaturés. Si tu manques d’attention, tu perds ta sensibilité.

C’est une chose essentielle que l’on apprend des chevaux parce que l’attention n’est pas affaire de discipline, c’est un instinct. Et dès que tu te trouves en situation où ta vie est sérieusement menacée, tu peux voir que tu n’as pas d’effort à faire pour être rempli d’attention. Ce sont les moments intenses qui nous replacent devant nos instincts. Nos instincts sont le cadeau que le monde nous a fait en nous accordant la vie.

Mais tu sais, la première leçon de la vie pour l’éveil peut se résumer à ces quelques mots : « crois-tu que tu vivras éternellement ? »

 

– Tout cela est en rapport avec le fonctionnement egotique. Mais pourquoi le temps est-il ennemi du guerrier ?

 

– Parce que la vie est une course chronométrée mon amie, et que les guerriers en sont plus conscients que les autres. Les hommes vivent comme s’ils étaient éternels.

C’est la clé de l’intensité que de ne pas l’ignorer.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s