Du guerrier et de la conscience (24)

– La question de la responsabilité, ou autrement dit le « devoir » de répondre de ses actes est inévitable, ineffaçables. Dans tous les règnes de vie, le devoir de responsabilité est opérant.

C’est incontournable, quel que soit le niveau de conscience, parce qu’ on n’est pas perdu sur une île déserte tout simplement.

En fait même ce que je viens de dire est faux, ce devoir opère d’un individu à la famille ou l’espèce et d’un individu à lui-même. Il est impossible de l’extraire de chaque être vivant, serait-ce une fourmi.

 

– Oui, mais lorsque le niveau de conscience est plus élevé, l’acte lui-même, n’est-il pas en parfaite adéquation avec ce qui est, alors qu’à un niveau plus bas, la personne doit s’arrêter pour interroger ses actes ?

 

– Parfaite adéquation ?????? (Rires!!) Quelle idéaliste fais-tu !!!

 

– Oui, vouloir que ce soit parfait, en adéquation, avec je ne sais quoi, une idée que l’on se fait, je comprends ce que tu dis.

Alors faut-il renoncer à faire le mieux, non, n’est-ce-pas ? C’est juste au niveau du résultat ?

 

– Il faut s’efforcer de faire « le mieux » mais le « mieux » n’est pas le « parfait ». C’est le « mieux » d’un certain jour, d’un certain moment. Le « parfait » réel est inatteignable. Celui qui vit dans l’illusion de l’atteindre est dangereux pour tout le monde.

 

– Alors plus de conscience, dans ce cadre-là, c’est plus de renoncement à atteindre la perfection ? Oui, toujours moins de maîtrise.

 

– (Sourires) Diable que ça te dérange !! Non ?

 

– Non, pas vraiment, pas là, mais je suis encore dedans c’est certain. Il me faut sentir en ma chair et non pas le penser.

 

– Oui.

 

– Alors sentir, c’est ne pas savoir ce que l’on sent ?

 

– C’est voir les quelques grains de sable qui sont restés dans la main quand tu l’as serrée et fait s’échapper tous les autres sans mentir en disant qu’il n’y a plus rien dans ta main, refusant et niant le cadeau que te fait l’âme du monde.

 

– Comment ça refusant le cadeau que te fait l’âme du monde ? A quel moment ce refus ?

 

– Ben, c’est en pensant que tout le sable s’en est enfui, tu frottes tes mains laissant tomber les derniers grains, ceux qui sont restés accrochés à ta peau.

En regrettant tous les autres tu rejettes ceux-là, c’est ce que nous faisons tous à chaque instant.

Ma démarche ne cherche pas à atteindre ce que sont les choses. Ma démarche vise à ne plus chercher ce que sont les choses.

4 commentaires sur “Du guerrier et de la conscience (24)

  1. Quichottine dit :

    « Ben, c’est en pensant que tout le sable s’en est enfui, tu frottes tes mains laissant tomber les derniers grains, ceux qui sont restés accrochés à ta peau. »

    C’est ce que je vais retenir ce matin. 🙂
    A méditer, pour ne pas faire pareil…

    Aimé par 1 personne

  2. Kleaude dit :

    « Il me faut sentir en ma chair et non pas le penser. » Le ressenti… savoir se ressourcer au sein même de soi….Revenir à l,essentiel et savoir écouter son instinct.

     » Alors sentir, c’est ne pas savoir ce que l’on sent ? »…surtout ne pas chercher à comprendre à tout prix…sinon il sera inévitable de chercher à justifier…Juste ressentir et s’en remettre à ses sentiments.

    Ah que tu nous fais cogiter….;-)

    Merci pour ça.

    Aimé par 1 personne

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