Plume d’Eveil – De la perception (32)

– As-tu des choses à me dire ?

 

– Non.

 

– Alors c’est que tu es dans le silence.

 

– Oui, tout simplement. Tu peux m’en faire sortir si tu veux.

 

– Non, pourquoi t’en faire sortir ? Juste trouver la juste attitude pour que tu puisses exprimer quelque chose de là où tu es.

Lorsqu’on observe le microcosme, lorsqu’on va au plus loin du possible de cette observation, je ne parle pas de conscience là mais bien d’observation (ce sont les scientifiques qui font ça, pour nous seulement ce qu’ils en disent), on arrive à un point qui est le même que lorsqu’on observe le macrocosme, n’est-ce-pas ?

 

– Non.

 

– Ah ?

 

– Le monde a deux facettes, comme nous avons deux cerveaux, les règles, principes, ou lois physiques n’ont pas du tout les mêmes plans, ni les mêmes résultats.

Dans le monde des formes grossières, les lois sont « facilement énonçables », comme « facilement éprouvables ». Ce sont les lois plus ou moins connues, qui restent valables, et fidèles aux observations qui les ont découvertes. Elles sont stables, vérifiables ici ou là, par telle ou telle autre personne.

Selon ces lois, on peut dire qu’un objet a telle masse et prévoir sa trajectoire dans l’espace, si les paramètres nécessaires sont pris en compte. Un objet est blanc, ou bleu, ou vert, etc.

Dans le microcosme, les lois n’ont pas de stabilité. Elles sont si variables qu’elles ne peuvent être retenues comme telles, c’est le monde de la mécanique Quantique.

Un aspect du monde correspond à un aspect de notre cerveau, où les choses sont définissables. L’autre aspect de monde correspond à notre cerveau paradoxale, où il est impossible de définir le réel, un objet est blanc et noir en même temps, ainsi que bleu et vert, et jaune, etc.

Sur le plan de la physique classique un ballon de basket rebondi sur le sol, et la seule réalité pour mes sens est que je ne dois pas le quitter des yeux si je désire m’en saisir. Le ballon n’est donc qu’à un seul endroit à la fois, et tous les autres effets de sa présence, de son déplacement ou de ses rebonds ne sont pas présents dans ma conscience, donc exclus du monde réel, réel pour moi. En fait le ballon est à des milliers d’endroits à la fois, il y a des milliers de ballons et les ondes produites par ses milliers de rebonds ont des effets tout aussi réels. Mais ces aspects de la réalité n’appartenant pas à mon cerveau rationnel sont non-considérés.

 

– Peut-être me suis-je mal exprimée, peut-être aussi que malgré ça tu réponds à ma question. En parlant de macrocosme je voulais parler de cette observation de la formation de l’univers avec ce point théorique « zéro » où rien n’est définissable. Et je faisais le constat que dans les deux dimensions, l’observation arrive à ce point où rien n’est définissable.

 

– Non, tout est définissable dans le monde « réel » parce que justement ce qui fait le monde réel est la définition.

L’autre monde est insaisissable, parce qu’il n’est que le produit de la définition.

 

– Alors nous pourrons dire que le mondé réel naît de l’observation faite par un observateur.

 

– Oui.

 

– La conscience étant l’autre moyen d’entrer en contact avec le monde et là rien n’est définissable ?

 

– Non la conscience entre en contact (c’est une façon de parler car la conscience ne peut pas entrer en contact) avec l’autre monde, pour l’adapter à ses besoins de définir.

 

– Lorsque je parle de conscience, je parle de l’état de silence.

 

– La conscience n’est pas silencieuse comme tu le crois, elle est en effet moins bruyante que la pensée ordinaire, mais elle est encore de la pensée, et il demeure toujours trop de bruits en elle, même lorsqu’il s’agit d’états particulièrement élevés.

Dans le monde de l’autre côté, c’est aussi le monde de l’autre coté de la conscience, on ne peut y entrer avec la conscience, car c’est le monde du « non-faire », donc de la non-pensée, du non-vouloir, du non-conscient.

 

– Aucun acte délibéré ne peut toucher cela, mais il arrive que ?

 

– Non, c’est ton esprit rationnel qui pense qu’il est le sujet qui fait, qui touche, qui approche, qui voit, etc.

L’esprit et tout ce qui est dedans ne font aucun pas vers l’inconnaissable, c’est l’inconnaissable qui s’empare.

 

– Qui s’en empare lorsque le niveau de bruit a baissé ?

 

– Oui, puisque la tension interne s’abaisse, donc la résistance aussi.

 

– Nous savons que nos activités de pensées ordinaires n’utilisent qu’un part infime des capacités du cerveau, est-ce à dire que lorsque « l’inconnaissable » s’exprime de nouvelles connexions se font ?

 

– Oui.

 

– Dans le cerveau ?

 

– Oui.

 

– Et alors de nouvelles possibilités de « définitions » du monde plus larges ? Non pour la définition en tant que telle mais en concomitance avec d’autres comportements plus adéquates ?

 

– Oui aussi. C’est à l’infini que le cerveau peut produire des définitions à partir de ses connexions avec l’inconnaissable. Et ainsi, engendre des nouvelles formes de monde connaissable. Lorsqu’il observe cela d’un point de vue reculé, il appelle ce qu’il voit « nouvelles lois », « nouvelles découvertes », ou alors « nouveau changement du monde », de là, il en déduit qu’il y a « évolution ». Alors que la totalité du monde ne change en rien, il est et a toujours été ce qu’il est. Aucune différence entre un petit point bien condensé, et le même point en expansion. Il n’y a condensation ou expansion, les deux sont dans le même temps, dans le même lieu. C’est notre esprit qui les sépare. La raison est faite pour cela et bien faite.

 

– Le mouvement de la pensée, est-il observable entre ces deux points ?

 

– Il n’y a pas deux points. Observateur et observations sont une unique chose.

 

– Oui, une chose unique, mais on peut observer comme un mouvement… Encore du domaine de l’illusion, c’est ça ?

 

– Oui.

 

– Le cerveau est déjà dans la cellule, je veux dire les « fonctions » ?

 

 

– Oui, absolument.

 

– Dans notre cerveau, un plus grand nombre de connexions possibles ?

 

– Oui, certainement, si l’on se base sur son potentiel imaginatif.

 

– J’allais dire comme l’expansion de l’univers, mais je pense que dire cela est une erreur, c’est encore confondre la définition et l’inconnaissable.

 

– (Sourire), non pas comme l’univers. La matière est stable en quantité, rien de plus, rien de moins. Le cerveau lui est un organe définissable et pesable. Sa quantité et sa masse peuvent augmenter ou diminuer, comme celle de n’importe quel autre organe.

 

– Lorsque le cerveau, le mien, travaille ainsi avec le tien, que se passe-t-il ?

 

– Nous « partageons » (Rires), ce qui signifie que nous multiplions des champs de connexions. J’adopte certains plans qui t’appartiennent, et tu fais de même.

 

– Oui, et cela se fait par nos « différences » de compétence, dans un mouvement d’ouverture à l’autre ?

 

– Oui et lorsque je dis ces mots de nouvelles connexions se créent immédiatement. Plus les mots sont bien ciselés, et plus les connexions sont propres et productives.

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