Plume d’Eveil – De la perception (33)

– Le cerveau humain, peut-il, en conscience, faire l’expérience de l’omniscience ? J’entends pas omniscience la connaissance directe ?

 

– T’entends quoi par connaissance directe ?

 

– Je crois, la connaissance sans filtre aucun, sans représentation.

 

– Ça ne peut exister, cela qui dit connaissance dit existence.

C’est qui, qui connaît ? Telle est la question.

Après cette question, il y a une autre question.

Ce qui est dans quelle condition ?

Mais il y a toujours un « qui ».

Ce qui implique une connaissance relative à ce « qui ».

 

– Oui, j’entends ce que tu dis… tant qu’il y a un qui, cela est impossible, le qui est le filtre et en même tant la possible connaissance.

 

– Oui.

 

– Mais tu sais… peut-être dans cet état de conscience si particulier, que tu appelles le lieu sans pitié, où présence et absence sont en même temps… peut-être quelque chose de cet ordre-là ?

 

– Non, chaque état génère son propre système d’alignement, ou d’agencement. Ce qui confirme encore la relativité.

– Pour toi, le fait d’être « vivant » ne se peut qu’à cette condition, c’est ça ?

– Oui.

– Toujours un alignement, réexplique-moi ce que tu entends par alignement.

 

– C’est l’ajustement qui se fait entre les émanations -matrice de toutes les formes- entre les émanations de notre être et celle du monde autour.

 

– Plus l’ajustement est précis, comme l’ajustement de deux pièces mécaniques, plus la conscience est clair, vaste, silencieuse… mais reste toujours un espace… oui, je me souviens tu avais parlé de cet espace, nécessaire pour que la forme soit.

 

– Non, tu ne saisis pas. L’alignement est toujours précis. Il est exactement ce qui peut se produire dans un instant à l’intérieur d’une personne. Il est différent pour chaque personne et pour chaque instant.

 

– C’est donc toujours parfait en tout point.

 

– Ce qui fait que ce qui prend forme ne prend forme que pour une seule personne et pour un instant.

La chose perçue, est le produit de l’alignement, elle est aussi unique pour chacun et chaque instant parce que les choses n’ont pas de formes en vrai. Elles n’en ont qu’à l’intérieur du processus relatif de la perception et ce processus dépend de chaque personne et de chaque instant.

Si les choses avaient une forme bien définie, tout le monde les percevrait de la même façon. Mais c’est faux, tu regardes ton enfant et ce que tu vois est extraordinairement différent de ce que voir ton mari, cependant vous faites abstraction de ces différences, et pourtant les humains s’arrangent pour créer un faisceau qu’ils appellent le « conscient collectif ». C’est-à-dire ce qu’ils peuvent bien partager en conscience, rejetant tout le reste.

Tout le monde est persuadé de voir le même bouquet de fleurs, et pourtant un bouquet de fleur fait parti de la liste des produits du « conscience collectif », mais personne ne voit les couleurs et les formes de la même façon.

Là pour illustrer l’exemple, je cite un fait qui concerne les yeux, mais par tous les canaux de la perception il en va de même.

Et c’est encore plus vrai pour ce qui concerne la conscience profonde, c’est-à-dire celle qui ne passe pas par les tuyaux des sens organiques.

 

– La peur d’être unique, séparé des autres … participe forcément de cette ignorance, et pourtant…

 

– Voir que les choses n’ont pas de formes fait de nous de grands savants (rires). Un grand savant est celui qui sait ne point pouvoir savoir, sait qu’il n’y a rien à savoir puisque tout dépend de notre alignement.

Ce qui est une autre façon de dire que cela dépend de ce que nous voulons bien, ou pouvons bien voir dans l’instant.

Les formes se mettent à notre service personnel et individuel en fonction de ce que nous pouvons, voulons bien voir dans l’instant.

S’éveiller est agir sur ce « pouvons », « voulons » afin que les choses ne soient plus des jouets entre les mains de nos caprices.

 

– Et de nos peurs !

 

– C’est la même chose.

 

– Oui. Ce que tu montres là… je suis en mesure de l’entendre sans que cela dise « non » en moi. Le silence, la méditation, permettra plus encore. Cela rend caduque tous les idéaux, les concepts philosophiques.

Oui, une large porte… encore que là, je crois bien qu’il n’y ait plus de porte du tout (Sourire).

Il faut une bonne assise psychologique pour que d’autres alignements se fassent, n’est-ce-pas ?

 

– Les alignements se font qu’elle que soit l’assise psychologique, ils se font pour tout ce qui vit. Ils se font en plus grand quantité chez l’idiot que chez le sage et plus on est éveillé, moins d’alignement il y a, puisque moins de caprice il y a. Je veux dire que ce n’est pas la quantité des alignements ou celle de la perception qui fait la richesse de notre communication avec le monde.

 

– C’est comme les rêves la nuit.

 

– Oui.

 

– Mais alors moins d’alignements… que deviennent les formes ? Les vois-tu dans leurs aspect illusoire ?

 

– Elles sont plus évanescentes, plus souples, moins prisonnières de nos fantasmes.

 

– Ah, comme lorsque le ciel vacuité fait vibrer les couleurs et les formes ?

 

– Le ciel vacuité (rires) est une chose pour toi. Je conduis ma voiture en ne regardant que très peu, comme je fais tout d’ailleurs.

Les yeux ouverts mais fermés au fond. C’est pareil avec la musique, si bien que lorsque j’entends un morceau, j’entends des tas de choses qui ne sont pas écrites sur la partition de papier, mais dans celle du sang de l’interprète.

 

– Cela est se couper de « la bonne forme, celle qui est attendue, convenue par tous ?

 

– Il n’y a pas de bonne forme, Michelle. Il y a évanouissement des formes.

 

– Je peux te donner l’impression de ne rien comprendre, et forcément que je ne comprends pas vraiment, mais cela fait écho en moi, vraiment.

 

– Oui.

– Nous y croyons à cette forme commune, et même, nous nous battons pour elle, au nom de la patrie. C’est fou !

– Oui.

 

– Bon sang, ça c’est vraiment révolutionnaire.

 

– (Sourire)… C’est la chose la plus vieille du monde aussi.

 

– Oui, révolutionnaire pour nos façons de faire, pas pour le monde, pas pour toi, pas pour les éveillés.

 

– Tu sais que je t’ai déjà dit tout cela hein ?

 

– Oui, je sais, plein, plein de fois, même tu as sûrement fait que ça, en mots, et dans le silence.

 

– Oui (sourire)…

 

– Oui, mais à chaque fois un nouvel alignement.

 

– Mais ton alignement est autre cette fois-ci. (Rires). Et les précédents ont été utiles pour celui-ci, comme ce dernier le sera pour le suivant.

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