« Rencontre d’une vie »

Rencontre d’une vie

Ron Uribe

 

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Voici un livre au parfum sauvage, un homme Manter…étonnant personnage, il semble ne pas avoir d’âge… et un grand adolescent, inquiet, ironique ; de leur rencontre jaillit quelque chose d’infiniment vivant.

Un extrait, et les liens où vous pouvez vous le procurer.

_ Ceux qui sont les plus riches, me dit-il, ne possèdent rien. Ils sont riches de n’avoir rien à perdre. Les puissants ont beaucoup à perdre, ça leur fait faire des cauchemars. Celui qui n’a rien à perdre ignore la crainte.

 

Ma bouche s’ouvrit comme un œuf. Il venait de stopper l’élan que j’avais pris pour lui développer ma théorie sur « comment cultiver sa force et ne plus avoir peur ».

_ N’avoir plus rien à perdre, c’est quoi ça ? Une forme de dépression chronique ? Lui répliquai-je d’un ton ironique.

Vous y arrivez, vous, à concilier volonté de vivre et « n’avoir plus rien à perdre ? ».

 

Il s’esclaffa en lâchant un geyser d’eau de sa bouche qu’il avait collé au goulot de sa gourde, un mini arc-en-ciel le saisit au vol et s’y allongea l’instant éphémère qu’il fallut au million d’infimes gouttelettes pour toucher le sol.

_ Tu as vu ? dit-il ? Cet arc fut pour nous deux, seulement pour nous deux. As-tu senti le regret qui a pointé en toi à cause de la brièveté de sa présence ?  Un arc-en-ciel c’est attachant n’est-ce-pas ? Oh bien sûr on l’oublie vite ! Mais on nourrit l’envie qu’il dure un peu, juste le temps de lui faire de la place dans notre cœur. C’est étonnant comme on peut s’attendrir devant un simple phénomène, devant le mariage du soleil et de l’eau. As-tu observé chez les animaux de telles réactions ?

_ Vous voulez dire une émotion devant la beauté des choses ?

_ Oui

_ Je ne sais pas … J’ai vu leur curiosité devant des choses inconnues. Mais je ne peux dire s’ils sont touchés ou émerveillés.

_ Nous les humains, nous nous émerveillons souvent, mais nous ne gardons pas de souvenirs intenses de ce qui nous a touché, nous sommes plus attachés à nos ressentiments qu’aux phénomènes auxquels ils se rattachent. Nos émotions sont précieuses, nous avons peur de les perdre.

 

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782342000238

http://livre.fnac.com/a5397801/Ron-Uribe-Rencontre-d-une-vie

http://www.amazon.fr/Rencontre-dune-vie-Ron-Uribe/dp/2342000235

 

André Chouraqui… vision

 

« Il serait illusoire, et à certains égards néfaste, d’imaginer qu’une langue universelle puisse s’imposer à tous mais, dans toutes les langues, il serait nécessaire que des méthodes nouvelles de traduction puissent enrichir le langage de valeurs nouvelles, en harmonisant ses significations globales. A vrai dire, le silence seul peut forger l’unité du langage humain. Seul le silence permet de forcer le mystère de la pluralité des voix intérieures de l’humanité. Une science nouvelle, fondée sur une analyse de la nature du langage, doit dépasser les problèmes posés par Babel et nous rapprocher du jour salvateur où l’humanité aura réintégré dans sa vie réelle les transparences nées du silence. Une humanité nouvelle est en train de naître. Si quelque cataclysme, hélas trop prévisible, n’en anéantit pas les éclosions, elle cherchera à donner lieu à l’utopie aujourd’hui inconcevable où, aux sources du silence, toute traduction paraîtra inutile, de nouveaux types de communication s’étant établis entre les humains. »

 André Chouraqui, réflexion sur le langage

Partage… Krishnamurti

 Peut-être l’ai-je déjà diffusée, cette vidéo, la seule que je connaisse de Krishnamurti parlant en français,  je ne sais plus…

 

J’aime à la retrouver facilement, écouter, c’est à chaque fois un intense moment de partage.

 

 »

« La liberté est un pays sans chemin… »

« Marchons, comme deux amis qui se sentiraient, infiniment concernés par ce qui se passe dans ce monde … »

 

 

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En huit parties, les six autres à découvrir sur la chaîne de Diane : http://www.youtube.com/user/DIANELIBERTE#p/p.

 

 

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Quand la petite graine quitte le grenier …

Quand ma Tristesse est née, je l’ai nourrie avec soin et j’ai veillé sur elle avec ma tendresse amoureuse.

Et ma Tristesse grandit comme toutes les choses vivantes : forte et belle et pleine de merveilleux délices. Et, nous nous sommes aimés, ma Tristesse et moi ; et nous aimâmes le monde qui nous entoure, parce que Tristesse avait un cœur tendre et le mien était tendre avec Tristesse.

Quand nous conversions, ma Tristesse et moi, nos jours étaient ailés et nos nuits remplies de rêves, parce que Tristesse avait un langage éloquent et le mien était éloquent avec Tristesse. Et quand nous chantions ensemble, ma Tristesse et moi, nos voisins s’asseyaient à leurs fenêtres et écoutaient, nos chansons étaient aussi profondes que la mer et nos mélodies pleines d’étranges souvenirs.

Quand nous nous promenions ensemble, ma Tristesse et moi, les gens nous fixaient avec des yeux affectueux et chuchotaient des mots d’une douceur exquise.

Et il y a ceux qui nous regardèrent avec envie, parce que Tristesse était noble, et j’étais fier de Tristesse.

Mais ma Tristesse mourut, comme toute chose vivante ; et seul, je suis réduit à méditer et à réfléchir.

Et, maintenant, quand je parle, mes mots tombent lourdement dans mes oreilles.

Et quand je chante, mes voisins ne viennent plus m’écouter.

Et quand je me promène dans les rues, personne ne me regarde plus.

Dans mon sommeil seulement, j’entends des voix disant avec compassion :

« Regardez, là dort l’homme qui a perdu Tristesse. »

 

Khalil Gibran, Le Fou