Couleur blanche, la sagesse du domaine de la vacuité

LA SAGESSE DU DOMAINE DE LA VACUITE – BOUDDHA – FAMILLE DE L’EVEILLE

 

On l’associe à l’élément espace. L’énergie propre à cette famille est le fondement, l’espace universel. C’est l’environnement ou l’oxygène qui rend possible le fonctionnement des autres principes. C’est une énergie faite de calme et de solidité. Les gens de cette famille ont un profond sens de la contemplation et sont très méditatifs.

 

Nous sommes à la croisée de l’élaboration égocentrique avec comme secteur d’identification l’agrégat conscience et la caractéristique de l’élément espace. Nous sommes au point de co-émergence, sur le fil du rasoir, où tout se joue entre l’ignorance et sagesse de l’espace en soi. Le fait que l’espace ouvert soit sans fondement provoque trop d’anxiété. Nous ne voulons pas faire l’expérience de la réalité en soi. Alors on établit un point de référence défini qui solidifie l’espace. C’est l’ignorance consentie, l’opacité soporifique de l’esprit.

Cela ne dure pas. L’obscurcissement de notre espace va se révéler ténu et restreint. On n’est plus dans le flou soporifique de l’opacité. Il est devenu trop pesant et resserré. Dans un processus d’implosion, l’ignorance va passer à la méfiance et l’irritabilité. L’inquiétude et la peur vont nous faire basculer dans la confusion vajra.

 

 

Les caractéristiques névrotiques reliées à cette famille se traduisent par la tendance à être dans les nuages au lieu de manifester la qualité de l’espace. Cette névrose est souvent attachée à un refus de s’exprimer. On est paralysé incapable de parler aux autres. Le je-m’en-foutiste est une autre manifestation de la névrose bouddha. La personne ne veut pas avoir affaire directement aux détails de la réalité. Il n’a surtout pas envie de convaincre quiconque.


Il a parfois l’impression de s’enfoncer dans le sol, la boue, la terre. A d’autres moments, en revanche, il est content d’être la personne la plus stable de l’univers. Il se met tranquillement à afficher un large sourire à lui-même, parce qu’il est meilleure entre tous, la seule personne qui arrive à demeurer stable. Mais il lui arrive aussi de se sentir l’être le plus seul au monde.

C’est l’indifférenciation de la stupidité (capacité de jouer à l’aveugle, au sourd et au muet devant toute chose qui menace la faible stabilité crée par l’ego), transmutée, au niveau pur, en l’expérience du domaine de la vacuité, sagesse de la conscience fondamentale omni pénétrante.

L’indifférenciation est aussi bien caractéristique de l’ignorance que de l’expérience d’intelligence globale et omniprésente qui est celle de la vacuité. Pour expliquer cela par un exemple, considérons le sommeil profond : s’il n’est pas reconnu, s’il n’est pas lucide, c’est un état d’inconscience, de bêtise ou d’inconscience totale, alors que, s’il est reconnu, il devient une lucidité non-différenciée que l’on appelle « la claire lumière du sommeil »

 

Lorsque cette ignorance se transmute en sagesse, elle devient un environnement où tout n’est qu’espace, l’espace-en-soi. C’est ce qu’on appelle la « sagesse de l’espace omnipénétrant ».Une vigilance panoramique sans vertige, une omniprésence. C’est l’espace de la connaissance immédiate et primordiale sans aucun point de référence ni de limite. L’esprit fait expérience de l’équilibre véritable parce qu’il ne procède pas d’un compromis entre deux choses. L’absence de dualité entraîne cet équilibre d’autant plus riche de liberté, de simplicité. La conscience bouddha est sans artifice, à la fois ordinaire et profonde, stable et souple, fondée et spacieuse. En soi cette sagesse présente une certaine qualité de désolation et de vide, mais du même coup, elle offre un potentiel ouvert. Elle peut tout accueillir. Elle est spacieuse et vaste comme le ciel.

 

Couleur blanche de son élément, l’espace, qui peut se trouver simplement morne et vide ou bien vibrant en raison du don d’ubiquité de l’intelligence.

Pas de situation spécifique.

 

Le rouge, Famille du lotus

 

LA SAGESSE DU DISCERNEMENT – PADMA – FAMILLE DU LOTUS

 

Le lotus sert de symbole à la famille éveillée padma. C’est une fleur qui pousse et s’épanouit dans la boue, mais qui est pourtant pure, propre, virginale et claire.

 

L’aspect pur du désir, attachement pathologique, vouloir être aimé, déception, isolement, deux extrêmes trop ou pas assez. Lorsqu’elle se trouve déformée par l’ego, cette énergie s’exprime en tant que passion, vouloir-saisir, désir de posséder.

Complètement enveloppé dans le désir, on ne s’intéresse qu’à séduire le monde, sans se soucier de communiquer réellement. Qu’on soit prostitué ou publicitaire, au fond on ressemble au paon. On parle doucement, d’une voix susurrante. Ce pourrait être un homme ou une femme d’allure très sexy, bienveillante, un être superbe et incroyablement accommodant qui dirait « Ca ne me gène pas que tu me blesses. Tout ça fait partie de notre histoire d’amour. Viens donc plus près » Un tel déploiement de séduction est parfois excessif, parfois compatissant.

Cette énergie est associée avec le feu. Dans un état de confusion, le feu ne fait pas de distinction entre les choses auxquelles il s’étend, qu’il brûle ou détruit.

 

L’au-delà du désir-attachement n’est pas une indifférenciation en laquelle tout serait pareil et où l’on serait dans l’incapacité de distinguer. Bien au contraire, sans attachement, le désir transmuté a une qualité pure de discernement parfait qui est sagesse.

Par l’expérience d’un pur sentiment de compassion, le feu de la passion peut être changé en une énergie propre à une relation éveillée capable de voir chaleureusement et clairement de quelles manières existent les choses avec lesquelles on est en contact. C’est extrêmement précis et sensible. On a un intérêt débordant. Tout est vu distinctement, avec ses caractéristiques et ses qualités propres. La valeur de chacun est appréciée et cela gagne en luminosité de part et d’autre. S’instaure une communication fluide, sans arrière pensée et une compassion joyeuse.

Le caractère authentique de la séduction padma s’exprime par une ouverture réelle, une disposition à démontrer au monde phénoménal ce qu’on a et qui on est. Ce qu’on apporte au monde, c’est un sentiment de plaisir, une sensation de promesse.

On commence à s’apercevoir que tout ce qu’on vit est chargé de promesses ; on éprouve sans cesse une sorte de magnétisme, une sensation d’hospitalité spontanée.

C’est un peu comme se baigner dans du parfum ou du thé jasmin. Chaque fois qu’on se baigne, on ressent une fraîcheur fantastique. On se sent bien au cœur de ce magnétisme.

Une musique douce joue en arrière plan sans arrêt. Lorsqu’il n’y a pas de musique, on écoute le sifflement du vent qui traverse ce milieu padma et devient à son tour une merveilleuse mélopée. On se fait amant ou poète éblouissant, muscicien.

 

La couleur de Padma, le rouge, exprime la séduction et le feu de la passion, ou bien la chaleur toute imprégnante de la compassion (beauté, charme, communication, luminosité).

Situation à l’ouest. L’après midi, la journée avance, il faut songer à trouver une amante, un amant. C’est le moment de voir la personne que l’on aime.

 

Vert, la sagesse toute accomplissante

 

LA SAGESSE TOUTE ACCOMPLISSANTE – KARMA – FAMILLE DE LA CAUSALITE

 

Karma signifie ici action. L’aspect névrotique de l’action, ou activité, est lié à la jalousie, à la tendance à comparer et à l’envie, on protège son territoire, suspecte des complots. Quelqu’un qui souffre d’une névrose propre à la famille karma est très agacé lorsqu’il découvre un cheveu dans sa tasse de thé. Il pense d’abord que la tasse est fêlée. Ca le soulage un peu de découvrir que la tasse n’est pas cassée. Mais lorsqu’il commence à y regarder de plus près, il se met en colère à nouveau. Il voudrait que tout soit efficace, pur et parfaitement propre. S’il arrive à tout rendre propre, c’est la propreté qui pose un problème : il se sent inquiet parce qu’il ne reste plus rien à gérer. Passionné d’efficacité, il en fait une fixation.

Lorsqu’il rencontre une personne peu efficace, dont la vie est déréglée, il la considère comme un être épouvantable. Il préférerait sans débarrasser.

Lorsqu’il rencontre un individu d’une efficacité prodigieuse, il le trouve au départ d’agréable compagnie. Il voudrait s’entourer exclusivement de personnes responsables et impeccables. Il se rend compte cependant qu’il éprouve de la jalousie et de l’envie à l’égard d’êtres aussi efficaces. Il veut que les autres soient efficaces mais moins que lui.

Vouloir créer un monde uniforme est bien la quintessence de la névrose propre à cette famille.

Il s’agit de l’énergie de l’élément vent, actif dans les quatre directions de l’espace, mais ne soufflant que dans une à la fois.

 

D’une façon ou d’une autre, qu’on entre en rapport avec cette famille sur le plan transcendantal ou névrotique, celle-ci correspond à l’énergie de l’efficacité.

Si le point d’appui de l’ego est ébranlé, cette énergie devient positivement active, quelles que soient les situations, permettant d’accomplir tout ce qui doit l’être et détruisant tous les obstacles à la réalisation de l’illumination. Elle est propre aux actions universelles. L’activité pleine d’énergie touche à tout sur son chemin.

L’aspect éveillé du principe karma est désigné par l’expression « sagesse de l’action qui accomplit tout ». C’est accomplir totalement l’action, au sens transcendantale, sans être gêné par la névrose, ni y succomber. La personne voit les possibilités inhérentes à chaque situation et choisit la voie juste automatiquement. L’action atteint son but.

Il en résulte un contentement naturel dans le rapport établi avec le monde. A ce niveau, les réalisations des autres ne sont plus vécues sur le mode de la jalousie, mais deviennent une source d’inspiration et, dans la non dualité, elles sont instigatrices d’une action éveillée accomplissant ce qui est à accomplir.

 

Couleur verte, situation au nord. Le soir, on a tout ce qu’il nous faut et on n’a plus besoin de rien.

 

Bleue, la couleur de la sagesse semblable au miroir

 

LA SAGESSE SEMBLABLE AU MIROIR – VAJRA – FAMILLE DU DIAMANT

 

Selon la tradition, le vajra est une pierre précieuse, céleste, capable de couper tout objet massif. Il est indestructibilité complète.

Le spectre vajra, ou dorjé en tibétain, symbolise la famille vajra. Ce spectre, est doté de cinq pointes qui représentent le lien à établir avec les cinq émotions : l’agressivité, l’orgueil, la passion, la jalousie et l’ignorance. Les pointes acérées représentent l’action de trancher toute tendance émotive névrotique ; elles symbolisent aussi la qualité pénétrante qui existe chez un être conscient d’un grand nombre de perspectives possibles.

Le vajra redresse ou corrige toute distorsion névrotique de manière précise, tranchante.

 

L’expression névrosée de la famille vajra est la colère/agressivité, aussi la fixation intellectuelle. Lorsqu’on ne démord pas d’une logique particulière, la vivacité vajra peut se transformer en rigidité. On s’approprie sa propre perspicacité, plutôt que de conserver une perspective ouverte. La colère propre à la névrose vajra peut se traduire par une agressivité pure et simple ou un sentiment de crispation qui s’explique par le fait qu’on reste tellement attaché à la vivacité de son propre esprit.

La confusion vajra se manifeste sous forme d’aversion et de répulsion avec intention de nuire avant d’être inquiété et envahi. Nos peurs et nos phobies vont être d’autant plus justifiées à nos yeux que nos fantasmes vont prendre corps. On va pouvoir même accuser des faits et gestes et prêter des intentions aux choses comme aux êtres. Dans ce délire il n’y a pas de discernement, de clarté et de perspective. Notre cercle est trop resserré, il est devenu vicieux et infernal. On essaie de donner du sens et cela tourne au dogmatisme. On voudrait maîtriser, on est rigide. On se voudrait plus spontané, on est pulsionnel. Le terrain qu’on souhaiterait sûr et stable se dérobe à chaque instant, alors on tente de manipuler et de modeler le monde, l’autre…

 

Même lorsque l’esprit est brumeux, possessif et agressif du fait de la colère, les qualités de brillance, lucidité et de grande énergie sont potentiellement présentes. L’expérience est pénétrante et personnelle. C’est un peu comme un froid d’hivers sec, vif et mordant. La personne vajra a une intelligence très vive. Toutes les traditions intellectuelles font partie de cette famille. Si ces qualités sont clairement perçues, l’essence de la colère se trouve spontanément transformée en acuité et ouverture d’esprit, cristallisation et indestructibilité.

Cette transformation ne s’accomplit pas délibérément, mais suit automatiquement la claire vision intérieure.

Il est en mesure de juger de la justesse ou de la fausseté d’un raisonnement. Son intellect lui permet de toujours rester ouvert et de voir en perspective. L’intellect de la famille vajra n’est pas seulement encyclopédique ; il est pénétrant, direct, sensible aux perspectives. Pareille indestructibilité et pareille faculté de pénétration sont des qualités très personnelles et très réelles.

 

L’obtention du vajra est liée à l’élément eau et à la couleur bleue qui présupposent la réflexion nette, claire, brillante de la sagesse semblable au miroir. Les eaux tumultueuses et troubles symbolisent la nature défensive et agressive de la colère, tandis que l’eau claire évoque le reflet limpide, vif et net de la sagesse vajra.

Le miroir symbolise une connaissance qui n’est pas dualiste, en laquelle le sujet ne se pose pas en s’opposant à un objet, mais en laquelle le « support-témoin », le miroir et sa réflexion, l’image sont indifférenciés. L’acuité du miroir est sans ambages et sans détour. Elle renvoie sans intention aucune et sans avoir à se déplacer. La projection de l’autre retourne à lui-même. Ce n’est pas tant le miroir, mais le reflet qui nous renvoie à nous même et à nos propres intentions. Aussi il n’est pas nécessaire d’user d’aversion et de répulsion pour envoyer à l’autre. La puissance de l’énergie vajra vient du fait qu’il n’y a pas lieu d’aller en dehors, de sortir de soi.

 

 

Situation à l’est. L’aube. Couleur bleue. C’est l’acuité de l’expérience, comme celle du matin au réveil. On commence à voir à l’aube, lorsque la lumière se pose pour la première fois sur le monde, symbole de l’éveil de la réalité.


 

Un autre regard… enseignement Tibétain, le yoga de l’intériorité

 

Quelques précisions… le bouddhisme Tibétain propose un enseignement qui aborde l’énergie sous cinq aspects fondamentaux, en rapport avec les cinq émotions.

Selon leur approche, la réalité est l’esprit, claire lumière, luminosité-lucidité essentiellement indifférenciée. Au niveau discernable, comme la lumière blanche qui passe à travers un prisme, l’énergie se réfracte en différentes colorations correspondant à certaines de ses qualités fondamentales. La nature de l’esprit peut alors être perçue comme cinq luminosités extrêmement subtiles et qui correspondent à cinq intelligences immédiates ou connaissances primordiales : la sagesse du domaine de vacuité, la sagesse du miroir, la sagesse de l’équanimité, la sagesse du discernement, la sagesse toute accomplissante. Elles sont les cinq facettes de l’esprit de bouddha.

Mais dans l’illusion qui produit la saisie d’un ego ces sagesses sont transformées en attitudes conflictuelles, les cinq émotions qui nous animent. L’ego n’a pas d’autres moyens de communication.

Par le fait que nous ne reconnaissons pas la vacuité de l’esprit, nous médiatisons notre relation à nous-mêmes. Nous croyons être agent de l’expérience. Nous établissons alors nos relations avec notre esprit en termes d’ego. La saisie égocentrique est une construction virtuelle d’un pôle de référence que l’on tente confusément et incessamment de maintenir dans nos relations avec le monde phénoménal lequel est alors expérimenté en termes d’altérité. A l’intérieur de ces relations dualistes (sujet/objet ou ego/altérité) s’instaurent des schémas pathologiques (les émotions) qui conditionnent notre devenir.

La haine procède d’une désespérance du sens, tandis que le désir attachement procède d’une espérance.

 

 

LA SAGESSE DE L’EQUANIMITE – RATNA – FAMILLE DU JOYAU

Cette énergie lorsqu’elle est exprimée de façon névrotique, se traduit par la fierté ou l’arrogance, l’orgueil qui peuvent être changés en la sagesse de l’équanimité.

C’est l’expansion, l’enrichissement, l’abondance. Mais une telle profusion peut aussi présenter des problèmes et des faiblesses. Au lieu de s’émerveiller et de s’enrichir du contact de l’autre, nous cherchons à prendre et à nous hisser sans rien apprécier sinon que d’être le sujet central. Il n’y a pas d’autre valeur que la valorisation que procure la sensation d’être moi. Cela peut devenir envahissant.

Du point de vue de la névrose, la richesse de la famille Ratna se manifeste comme une obésité totale ou une extraordinaire ostentation, contraire au bon sens. On se développe sans cesse, on s’ouvre sans porter attention et on se fait plaisir au point de perdre la raison. C’est un peu comme nager dans un lac de miel et de beurre très dense. Une fois le corps enduit de ce mélange de beurre et de mile, on ne s’en défait pas aisément.

 

Par l’énergie purifiée on entre en contact avec une faculté de ressources inépuisables. A cette vision, l’arrogance est spontanément transformée en la sagesse de l’équanimité qui perçoit toutes les situations de façon égale comme des embellissements du fait fondamental d’exister. Elle correspond au sentiment personnel et véritable de s’épanouir et d’enrichir son milieu. On fait l’expérience de la richesse d’un instant, la richesse d’un seul mot, d’un seul sentiment. On rentre en communication avec la valeur des choses parce que notre conscience rayonne de générosité et de dignité.

On se sent très riche et prolifique et on s’offre personnellement au monde, sur les plans, émotif, psychologique et même spirituel. On n’arrête pas de se prolonger, de gagner du terrain, comme une inondation ou un tremblement de terre. On éprouve le sentiment de s’étendre, de faire trembler le sol et d’y faire de plus en plus de fissures. C’est ça l’expansion vertigineuse de la famille Ratna.

Equanimité, parce qu’on peut tout englober dans son milieu d’expansion. C’est comme une souche pourrie confortablement installée dans un champ. Elle ne veut pas abandonner son territoire et s’incruste. Mais des champignons et des plantes poussent sur elle et des animaux s’y nichent. Cette propension toute paresseuse à se mettre à l’aise et à inviter d’autres personnes à entrer et à se reposer à leur tour correspond au principe Ratna.

 

La couleur de Ratna est le jaune, ce qui exprime la richesse ou la qualité de bien être liée à l’or (pleine, paisible, rayonnante, expansive, élaborée, remplir l’espace).

Associée à l’élément terre, cette énergie résonne des mêmes qualités de solidité ou de substantialité.

Situation au sud. Le midi, le milieu du jour, moment où l’on éprouve le goût de se rafraîchir, de se nourrir.

 

Au sujet du texte de Jean-Yves Leloup

 

"C’est en partant de la connaissance qu’on doit arriver à la non connaissance !

                                                                                                              Jean-Yves Leloup

 

Voici un point dans le texte de Jean-Yves Leloup que je vais approfondir.

De fait, instruits, conditionnés, inféodés, l’homme se confronte aux savoirs, il est un mode de penser dont il n’a pas toujours conscience.

 

La "non connaissance", n’est pas un exercice intellectuel, le « Je ne sais pas » vient des tripes, souvent lorsque tout nous lâche, mais il finit aussi par se dire dans la paix, peut être est-il l’essence de cette joie tranquille.

 

Je ne dirai pas que le conditionnement puisse conduire au non-conditionnement.

La haine n’est pas le contraire de l’Amour, les opposés sont les deux faces d’une même pièce, et pourtant ils ne sont pas la pièce.

Dans le silence qui nous habite, quand toute agitation cesse, il n’y a pas de mots, et il n’y en a pas besoin, seulement après… dans cette tentative toujours inachevée de permettre à la lumière d’éclairer quelque chose de notre obscurantisme têtu.

 

Voir en ça, un destin fabuleux, celui de l’espèce humaine, il y a là, un pas que je ne saurai franchir, ce serait s’assoir alors qu’il me faut marcher, chaque jour.

 

 

Le choix … liberté… amour

 

Je vous propose un texte de Jean-Yves Leloup, je le connais de ce matin,

visite des statistiques, un lien avec un moteur de recherche et bing-go.

On le dit théologien, philosophe et psychothérapeute, nul n’est parfait,

(sourire), mais :

 " Chaque représentation de Dieu ne dit rien de ce qu’est Dieu,

mais nous dit tout de celui qui éprouve cette Réalité

qui à la fois le fonde et lui échappe sans cesse." 

 sa pensée respire l’intelligence, celle qui se meut, et ne saurait se figer

en quelques idées reçues.

 

Le texte est long, vous pouvez le trouver ici :

http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=996

 

En voici quelques extraits :

 

S’il n’y a pas de preuves de l’existence de Dieu, il y a peut-être des « épreuves », et chacun a ses « épreuves ». Celle de Moïse, n’est pas celle du Bouddha ou celle de Yeshoua. Chaque représentation de Dieu ne dit rien de ce qu’est Dieu, mais nous dit tout de celui qui éprouve cette Réalité qui à la fois le fonde et lui échappe sans cesse. Dieu n’existe pas, existe l’homme qui prie, l’homme de désir, ouvert à l’Inconnu qui l’origine et le fait sujet. Il balbutie entre dit et indicible une parole d’enfant, a… ba… ba, abba.

Quand on dit que « Dieu n’existe pas » il faut encore préciser de quelle forme « d’athéisme » il s’agit :

1. L’athéisme rebelle ou réactif,

2. L’athéisme raisonnable,

3. L’athéisme gnostique ou mystique.

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L’athée rebelle dit et parle souvent trop fort, il sait que ses aboiements ne seront jamais

des arguments, il cache mal sa peur et sa détresse, aussi ne s’agit-il pas de lui répondre,

ou de lui parler sur le même « ton », il n’entend pas.

L’autre (homme) comme l’Autre (Dieu) n’existent pas.

Il s’agit plutôt d’être patient avec lui comme peut l’être un père avec son enfant rebelle ;

le voir grandir à travers sa rébellion…

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Peut-être deviendra-t-il alors un athée raisonnable ?

Plus que des émotions, il aura alors à nous proposer quelques argumentations, toujours les même depuis les siècles : « Si Dieu existait, ça se saurait, on serait obligé d’y croire ».

Être obligé de croire, c’est exactement le contraire de la liberté et de la foi. « Il y a dans le monde et les écritures, suffisamment pour douter ou pour croire à la réalité de Dieu », disait Pascal. Croire ou ne pas croire c’est toujours un choix, on n’est pas athée par « science » ou par démonstration, mais par choix.

« Si Dieu existait, si Dieu est un Père, alors pourquoi toutes ces souffrances dans le monde, pourquoi le meurtre des innocents ? » C’est la question du mal et de son excès.

Yeshoua à la différence des philosophes, n’a jamais cherché à répondre à cette question. Le mal injuste il l’a reçu de plein fouet, le massacre de l’innocent, il l’a vécu lui-même. II a traversé le mal, il n’a pas fait de la mort le dernier mot.

Quand on dit « qu’Il est ressuscité » on essaie de dire que pour lui et peut-être pour nous « ce n’est pas la violence, la bêtise, la haine, la mort qui auront le dernier mot », l’Amour est peut-être l’issue, c’est ce qui peut sauver ce qui nous reste d’humain dans les situations les plus inacceptables :

« Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Ce n’est pas une réponse intellectuelle au problème du mal, c’est une réponse existentielle. À une raison on peut opposer une autre raison, mais que peut-on opposer à la Vie, à l’Amour ? « Le refus d’y croire » sans doute, mais est-ce encore « raisonnable » ?

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À la différence de l’athée rebelle, l’athée raisonnable est un athée paresseux. Il n’exerce sa raison que pour ses commodités, il ne conduit pas sa raison jusqu’à ses limites, jusqu’à son ouverture à ce qui l’accomplit et la transcende à la fois.

Cette paresse est un choix : « Je ne veux pas savoir, à quoi bon savoir ? Ce que je connais me suffit. » Connaître le connu (qu’il prend pour le connaissable), il n’y a rien d’autre. A quoi bon chercher davantage ? Chercher à connaître l’inconnaissable, est-ce bien raisonnable ?

 

Mais il est des athées qui ne se contentent pas d’être rebelles et réactifs, c’est-à-dire, « infantiles » ; qui ne se contentent pas non plus d’être raisonnables et de rester fidèles au connu, c’est-à-dire petitement « adulte ».

Il faut bien du temps pour parvenir à l’âge de raison, mais il faut « plus que du temps » pour dépasser « cet âge » (plus que du mental ou plus que l’utilisation ordinaire de notre cerveau).

Il existe des athées gnostiques ou mystiques qui ne négligent aucun des arguments de la raison et ne méprisent aucune science, psychologie ou philosophie, mais qui à force d’étude en ont pris la mesure et considéré les limites.

Sans s’y arrêter, sans s’y enfermer, ils continuent à interroger le Réel jusqu’à « éprouver » cette Réalité qui n’existe pas et qu’ils ne se hâtent pas d’appeler « Dieu » car tout ce qu’on dit de Dieu n’a rien à voir avec Dieu, et tout a à voir avec celui qui « éprouve » un Être qu’il reconnaît comme étant inconnaissable.

Ce n’est pas une façon d’expliquer « ce qu’on ne comprend pas par ce qu’on comprend moins encore », c’est une façon de demeurer ouvert ; ce n’est pas un savoir, c’est une saveur ; ce n’est pas une explication, mais une expérience, une « épreuve ».

Dieu ne sait pas ce qu’il est lui-même, car il n’est pas un quelque chose et cette ignorance dépasse toute connaissance. Maître Eckhart à la suite de Jean Scot Erigène, de Denys le Théologien, de Grégoire de Nysse, de Clément d’Alexandrie et de toute la grande tradition apophatique, décrit bien ce que pourrait être l’itinéraire d’un athée mystique ou gnostique :

 

« Il faut qu’il arrive à un état d’ignorance ! Il faut qu’il y ait tranquillité et silence, là où cette présence doit être perçue. On ne peut venir à elle mieux que par la tranquillité et le Silence ; là on la comprend comme il faut : dans l’ignorance ! Quand on ne sait plus rien, elle se fait voir et se révèle. C’est en partant de la connaissance qu’on doit arriver à la non connaissance ! Car celle-ci est une forme supérieure de la connaissance… »

« Le suprême savoir, la suprême vision, consiste à savoir et à voir sans voir et sans savoir ».

                                                                                                         Jean-yves Leloup