Suite … et fin La vérité

 

 

 Tu sais, l’autre fois, que je suis venue en état d’émotion, il s’est passé quelque chose après.

 

Oui ?

 

Je me suis déjà défendue, me disant… un tas de choses qui me sont peu après révélées tellement fausses, les émotions se sont révélées dans leur aspect illusoire.

 

Oui.

 

Comme ce que nous disions sur la tension qui n’est pas énergie.

Toucher un état sans émotion, c’est comme voir un paysage vierge et d’une grande beauté.

Peut être que là, tu peux, en dire plus sur la réalité des émotions ?

 

Il y a des émotions sauvages et des émotions artificielles.

Les émotions sauvages, nous les partageons avec tout le vivant, les autres nous les avons mises en place par habitude, par conditionnement, par mimétisme, etc.

Elles sont nourries par le plus mauvais côté de nous-mêmes, elles sont mensongères, exagérées, intéressées, abusées, vicieuses. Et pourtant elles font la une de tous les journaux, les médias s’en servent, les « artistes  » s’en alimentent.

Elles sont la cause de tous les maux de notre espèce, et le centre d’intérêt principal de tous les humains parce que tout le monde se sent vivre par elles et tout le monde base ses actes et leurs justifications sur elles. Elles sont la référence en tout lieu de notre « culture », la vase nauséabonde de l’âme humaine.

 

(Sourire…), sais-tu ce qui m’a permis de voir ?

Non ?  Je vais te le dire.

Le rejet que j’ai senti en toi, si puissant.

 

Oui, je me ferme dès que je suis face à elles.

 

Me suis déjà défendue, oui, et puis ça m’a travaillée et j’ai vu ce que tu voyais.

Je me suis souvenue, de ce même rejet en moi, devant ce spectacle chez autrui.

 

Oui.

 

Ces émotions que tu dis sauvages et que nous partageons avec tout le vivant ?

La peur devant le danger ?

 

Par exemple, oui.

 

Se réjouir devant la beauté ?

 

Et celle qui nous fait aimer.

La colère aussi, celle de l’animal qui a besoin de se défendre.

L’homme fausse les données de départ pour reproduire des émotions qui sont en décalage avec la réalité, par exemple, il se défend systématiquement même lorsqu’il n’est absolument pas menacé et ainsi amène des pulsions et émotions décalées de la réalité.

 

Oui, en pensant à ce qui pourrait arriver, en imaginant un tas de choses, aussi défendre son image, tout illusion !

 

Le rouge à lèvre par exemple est une invitation sexuelle.

La bouche provoque des stimuli similaires à la vision du sexe de la femme, cela dans l’ignorance et la stupidité les plus générales.

 

La question de la sexualité chez l’être humain, est un sujet à lui tout seul, oui, cela parle bien de la recherche d’émotions, mettre le feu et puis l’éteindre.

En fait, c’est un nœud pas possible, cette histoire, tout entraine une nouvelle conséquence, qui éloigne toujours plus, pourtant…

Il y a une voie de sortie, j’ai une image là :

L’évidence qui fait ricochet sur la surface de l’esprit et à force, comme tu as fait avec Manter, la pierre vient se loger dans une cavité juste à sa taille

 

(Sourire…)

  

 

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La vérité n’est pas le contraire du mensonge Première partie

 

La vérité du fait libère, mais avant un travail, celui de voir les idéalisations, ce que Krishnamurti appelait l’attachement à "ce qui devrait être".

Comme un film, le fil de divers échanges qui ont participé à une prise de conscience.

Voir est un mouvement où deux forces se rencontrent dans un processus sans fin, toujours harmonieux et beau, dans notre égarement nous ne voyons qu’une seule face à la fois.

 

 

Cet après midi, j’ai vu un reportage Luna, l’orque, l’as-tu déjà vu ?

 

Oui.

 

Je l’ai trouvé très beau ce reportage, mais aussi j’ai été attristée de voir la confusion humaine. 

Penses-tu que cet orque était un messager ?

 

(Sourire…), crois-tu que je  puisse te répondre non, moi qui vois en tout un message ?

 

Pour toi tout est message parce que tu entends et vois. Le plus souvent, nous n’entendons pas ces messages du vivant, pourtant il me semble que les personnes habitant cette région et ayant rencontré Luna, n’ont pas pu l’ignorer totalement.

Même ceux qui n’entendent pas ont été interpellés, non ?

 

Peut-être mais par quoi ?

 

Par la présence, le regard…

 

Si on écarte tout ce qui est du domaine de l’affectif ou des croyances mystiques, je doute que beaucoup de personnes aient retenu le sens du message, pourtant si souvent répété.

Et toi, qu’as-tu entendu ?

 

Ah, me suis pas posée de question, j’ai pleuré, à la fin j’ai pleuré… ils n’ont pas entendu !

J’ai été touché, comme si cet orque m’avait touchée physiquement, comme si quelque chose d’un lointain passé me parlait, quelque chose qui n’est plus de ma vie ici, ni de celle que je vois dans le monde que nous faisons.

L’orque a traversé ce mur que nous construisons autour de nous.

Je ne sais pas ce que j’ai entendu, je pourrais te dire un tas de choses mais c’est ma tête qui dirait.

 

Qui sont ceux qui causent sa mort ?

 

Tous, puisqu’aucun n’a osé désobéir à la loi des hommes.

 

Oui tous, mais qui en dernier ?

 

C’était un gros bateau, non ?

 

Oui, mais quel bateau, à qui, qui sont dedans ?

 

Je ne suis pas sûre, ceux qui voulaient l’attraper pour le déplacer ?

 

Tu l’as vu quand ce reportage ?

 

Cet après midi, arrivé à ce moment là, un peu avant, j’ai compris qu’il allait mourir, et que le message n’avait pas été entendu, alors j’étais plus dans le film.

 

(Sourire…), laissons tomber.

 

Non, dis-moi-toi, qui c’était.

 

Il me semble bien que c’était des gens en relation avec le gouvernement, cela fait longtemps que j’ai vu ce film, quoi qu’il en soit, ils l’ont tous poussé vers la mort parce que l’apprivoisement d’un animal est comme un meurtre.

 

Mais là, c’est l’animal qui est venu vers les hommes. Seulement ils n’ont pas su quoi faire avec ça.

 

Non, il n’est pas venu, il s’est égaré. Pour survivre, il a recherché la proximité des hommes parce que ceux-ci ne sont finalement pas très éloignés de son espèce, c’est du-moins ce que pense cet animal.

Il s’est dit :  "Ils pêchent comme moi, en groupe qui plus est, moi qui n’appartiens à aucun groupe ".

Mais la question n’est pas de faire remonter la responsabilité de l’animal, elle est certaine, car c’est signe de dégénérescence de sa part que d’avoir recherché contrat avec notre espèce. Si l’animal n’avait pas porté de signe de dégénérescence, il n’aurait pas été exclu de son groupe.

D’une manière ou d’une autre il était condamné par la nature, donc ce point est clair.

Par contre ce qui est intéressant, c’est de voir les réactions humaines face à un phénomène qu’ils ne peuvent comprendre.

 

Alors pour toi, rien à voir avec le Grand chien, cet orque était juste dégénéré.

 

Non rien à voir, nous parlons d’un animal sauvage. Un cheval vient au monde généralement par la volonté de l’homme et dans ses murs, depuis des milliers de générations.

Ce qui fait que lorsque, par hasard, il vient à naître en liberté dans une terre sauvage, il est encore domestique.

 

Il y a donc deux mondes.

 

Tu découvres ça ? Oui, le monde des fous, celui de l’homme et celui des êtres naturels.

 

 

 

Là, je retrouve l’émotion éprouvée à chaque fois que Ron utilise des mots forts pour dire l’homme dans son état d’isolement, sa dénaturation.

Mes oreilles gardent encore le bruit d’antan, alors, y entendre la condamnation sous le poids du regard qui dit la laideur, la faute originelle, et tout le toutim.

Dans ce film Luna, j’ai vu un signe de la nature qui nous tendrait la main à nous espèce en perdition, un espoir, un pardon, une histoire d’amour.

Ron arrive et dit : « Non, cet orque était dénaturé, condamné par la nature ! »

La corde tendue de l’idéalisation grince sous le coup.

L’esprit, se défend. Il y a grand danger, de se voir pris la main dans le sac, là où l’on a rangé tous ses petits trésors, ceux qu’on étale sur le tapis de la chambre que c’est si beau, si…

 

Quelques temps plus tard

 

 

Je relisais un échange que nous avions eu sur Luna l’orque, tu disais que l’homme ne doit pas intervenir dans la vie sauvage.

 

Oui.

 

C’est donc encore une loi de la nature, pourquoi ? Pourquoi ne devons nous pas intervenir ?

 

Ben tout simplement parce que nous ne savons ce que nous faisons, nos actes sont dénaturés. C’est simple.

 

Nous devons seulement observer, c’est ça ? Apprendre en regardant ?

 

 Oui.

 

 Est-ce que les animaux appliquent cette loi, entre eux, je veux dire d’espèce à espèce ?

 

 Réfléchis à ce que tu es en train de dire, les animaux agissent conformément avec les lois de la nature qu’ils interviennent ou pas.

 

 Donc ce n’est pas une loi de la nature mais la conséquence de notre dénaturation.

 

Oui.

 

 Ah, nous voici alors en dehors, déjà expulsés !

 

(Rires…)

 

 Ça me fait pas rire !

 

 Moi, oui.

 

Pourquoi ?

 

Tu interprètes vite et toujours avec émotions, c’est cela qui me fait rire.

 

 Mais n’est ce pas ça que cela signifie, une espèce qui ne peut plus intervenir avec le reste du vivant ?

 

Tu réalises aujourd’hui que l’homme est dénaturé et qu’il fait n’importe quoi ? Juste là ?

 

Il y a des niveaux dans la réalisation, je ne sais pas pourquoi, là, je le sens fort et oui, ça fait émotion

 

(Sourire…), c’est que tu vois en ton esprit tout en termes négatifs ou positifs, moi non.

 

 Alors ça fait quoi en ton esprit ?

 

 Je t’ai dit déjà, tout est bien, je ne me baigne pas dans la mare des étiquettes.

 

 Bah, tu ne dis pas toujours les choses ainsi, et suis émotionnée, et ça le fait pas !

 

(Sourire…), je dis toujours cela.

Les émotions de ce genre, non merci !

Tu oublies que j’ai une confiance sans limite pour la beauté des choses, là où toi tu vois misère, je vois encore beauté. Et si tu penses entendre d’autres choses dans mes mots, c’est que leur véritable portée t’échappe encore un peu

 

 "Là où, toi, tu vois misère, je vois encore beauté", tu vois quand tu dis ça, comme ça, tu sens ce que je sens ?

 J’étais là avec cette émotion en moi… Voilà, l’émotion se calme, j’ai senti combien cela t’incommodait, aussi, je m’en excuse.

 

(Sourire…), pas de mal.

 

Tout est utile, tu as raison, je t’ai vu là, je t’ai vu vraiment dans l’instant, dans cet instant là.

 

 Oui, tout a un sens, et lorsque nous nous laissons aller à juger, préjugeant que cela est mauvais ou que ceci est bon, nous ne le faisons avec nos pathologies.

 La seule émotion que j’accepte est celle que le spectacle de la beauté nous procure, celle là est naturelle.

 Je ne parle pas bien-sûr des émotions reptiliennes qui sont tout autant naturelles et qu’il serait idiot et vain de remettre en cause.

 

Je médite cette question de ce que tu nommes "pathologie", avec "tout est utile".

 

 Oui, notre folie est fondamentalement utile.

 

Comme notre ignorance, comme l’illusion dans laquelle nous sommes, que nous pouvons seulement savoir qu’elle est…

 

 Oui, et si j’en parle, si je veux la montrer, ce n’est pas parce que je la crois inutile ou insensée, mais parce que je la vois comme le pont qu’il faut montrer à ceux qui marchent.

 

 Alors il faudra les redire ces derniers mots, parce que parmi nos pathologies, il y a celle de cette éducation au sentiment de culpabilité, de se sentir toujours épingler comme des monstres. Il y a quelque chose à comprendre là comme impossibilité de regarder les faits, la paix en soi.

 

Oui.

 

 

L’énergie retrouvée à la source

 

Lol, je reposte ce billet, c’est la fin d’une discussion  publiée une première fois

le 30 Mars 2009.

 

(Si lire ces échanges, les prolonger par votre propre réflexion en les commentant, vous intéresse : http://motsenpartage.blogspot.com/)

 

 

Je vais essayer de préciser ce que je cherchais à dire et qui, pour moi, ne s’oppose pas à ce que tu dis

Ce monde, que nous faisons et dans lequel nous vivons, repose sur le désir/roi

Pratiquement rien n’y échappe dans les activités humaines

Il y a donc bien une forme d’énergie qui permet ces activités

Une énergie, conséquence et cause de conflits, qui fait les guerres et les injustices

 

Celui qui se sent repu, n’a plus faim

Celui qui a faim est rempli de conflit

L’énergie est associée à la satiété, la sécurité, le confort

 

Oui, là où est l’énergie, est la plénitude

 

Le conflit est associé, à la souffrance, au besoin, à l’inquiétude, à l’inconfort, etc.

 

Oui, mais comprends-tu que je ne dis pas le contraire de ce que tu dis ?

 

Oui

 

Le conditionnement est puissant

Seule l’énergie, la vraie, peut le battre en brèche

 

Oui

 

Mais au début…

Il en manque, d’où ce travail, si difficile, parce qu’il est ni contrôle, ni laisser aller

 

Oui lol

 

Nous parlons pour aider à ce travail

Bien entendu parler ne suffit pas, et doit se limiter

 

Oui

 

Cette solitude…

Krishnamurti parlait d’une juste distance qui fait que tout ce bruit ne peut nous toucher sans pour autant fermer la porte.

Le « non », ne ferme t’il pas la porte ?

 

Non, c’est le contraire.

Ne pas incarner le non magistral ferme les portes tout en faisant semblant de les ouvrir.

 

« Le pouvoir de dire « NON » réside dans la détermination pour la plus grande des solitudes, il est absolument nécessaire de demeurer capable de se battre seul contre le monde entier. « 

Extrait d’un billet du blog de Ron :

http://rencontreremarquable.spaces.live.com/default.aspx

Oui, il est bien question de solitude, c’est bien de ça dont parlait Krishnamurti.

C’est étrange, ce mot « solitude »

 

(Sourire)

 

Tu disais aussi « seul par devant ».

 

Oui.

 

Oui, c’est « les » laisser derrière, parce qu’ils n’iront pas plus loin.

S’arrêter serait se condamner.

 

Oui.

 

Tu disais aussi qu’il n’y a pas de compagnonnage et pourtant… à un tout autre niveau, il y a rencontre.

 

La rencontre ne signifie pas la dépendance ou l’association.

 

Elle signifie liberté.

 

Oui.

 

C’est le mystère de la vie qui se meut dans tout ça.

Si beau,

Si puissant,

Si plein.

 

(Sourire)… oui.

 

Cette dimension, dont tu parlais dans l’échange « Taire et dire », d’où tu souffles les mots, elle parle de ça …

 

Oui.

 

Peux-t-on entendre sans pouvoir soi même « émettre » de ce niveau là, il me semble que c’est ce qui m’arrive.

Je t’entends mais je me sens comme privée de ce langage.

 

Oui, heureusement qu’on le peut.

 

Mais c’est difficile, c’est comme être muet.

 

(Rires)…, oui.

 

Oui, il en est ainsi… c’est déjà une grande chance de pouvoir entendre.

Et, ce « seul par devant » c’est le seul « endroit » où l’on ne se sent pas seul !

 

« Taire et dire »…

On ne sait ce qui doit être dit que lorsque l’on sait encore ce qui doit être tu.

Qu’est ce qui doit être tu qui n’aurait de rapport avec nos peurs, et nos arrogances ?

C’est en lien étroit non ?

 

Le rapport essentiel aux mots ne se fait pas des mots à nos peurs ou autres choses, il se fait tout d’abord de notre bouche à l’oreille qui les écoute, puisque dire suppose la condition d’entendre, puisque la personne qui dit, crée la personne qui entend.

Alors, vu dans cet angle, je dis qu’il est important de savoir cent fois mieux ce qui doit être tu que ce qui doit être dit.

 

« Taire » est un art et non pas « dire ».

Dire ressemble à un art lorsqu’il est engendré par « taire ».

Le « non-faire » de dire est un art.

« Dire » reste une action au service de causes peu intéressantes.

 

Dire est une revendication de la volonté…

 

Oui. Dire ne m’intéresse pas.

Lorsque je prononce des mots, c’est souvent que ne pas faire de bruits avec ma bouche rend la situation difficile pour les autres, alors je m’implique dans cette action de remuer les lèvres mais dans une tierce dimension.

On peut penser que je parle alors et que l’intérêt est dans ce que je dis, mais c’est faux.

« Taire » ou le silence des mots se cachent dessous le bruit des paroles et le sens utile, la cible invisible est transportée par le bruit des mots comme les volutes de fumée sur l’air.

C’est « taire » qui parle.

« Dire » s’adresse toujours à l’intellect de la personne et dans son intellect, il ya aussi son ego et toutes ses histoires humaines.

« Taire » ne s’adresse jamais à la personne, celle-ci ne le voit pas.

 

… Evolution

J’ai lu des choses intéressantes concernant l’évolution des espèces ;des observations montrent, que dans le passé, il y a eu des changements rapides et importants.

 

 Cela a eu lieu quatre fois

 

 Quatre fois ?

 

Oui, la dernière il y a environ 30000 ans, elle a causé la fin de Neandertal.

 

Ce qui provoque ces mutations rapides, parfois en une génération, ne peut pas être une adaptation à un changement du milieu…

 

Le dernier choc s’étale sur plusieurs générations, mais on peut dire que le pic dura un siècle environ, ou un peu moins.

Ce sont les chocs qui produisent les redirections de l’évolution et c’est le vivant qui les produit.

 

On peut dire l’intention du monde, non ?

 

Oui.

 

Celui qui voit ces traces approche dans son intimité l’intention du monde ?

 

Oui.

 

Pourquoi la nature a t-elle besoin de procéder ainsi ? Pourquoi ces grands nettoyages ?

 

Le poisson dans son bassin va impliquer au bassin un certain nombre d’influences, en quelque sorte l’apparence du bassin dépendra de la somme des actes du poisson.

L’environnement se forme en fonction de ce qui vit en dedans de lui, et à son tour implique son influence sur tout ce qui l’habite, par conséquent rien ne demeure immobile.

Cela oblige à des tas de changements de part et d’autre et autant d’adaptations, rien ne demeure semblable.

La suite est facile à comprendre.

 

Alors une forme de vie émerge, devient de plus en plus performante, agit sur son milieu et puis comme pour un individu, meurt, c’est la loi ?

 

Oui.

 

« Rien ne se perd », les acquis ne sont pas perdus, ils participent pour les espèces à venir. Est-ce la mémoire universelle qui garde tout ça ?

 

Oui.

 

Vois-tu des étapes dans l’évolution ?

 

Que veux-tu dire ? Des étapes il n’y a que ça.

 

Je veux dire qu’avec les dinosaures il semble que la nature ait tout essayé, au niveau des performances physiques.

 

Je n’arrive pas à te suivre, tout sert, la nature essaye continuellement, pas plus avec les géants qu’avec les petits.

Je n’aime pas ce terme étape, il ne mène nulle part. Chaque jour est une étape, chaque heure.

C’est une façon trop arithmétique d’approcher la vie.

Ou chaque seconde est une étape, ou on ne peut parler d’étape.

 

Oui, je suis d’accord, tout est à chaque instant.

Le terme d’évolution ne pose t-il pas alors aussi un problème ?

 

Non, tout change à chaque seconde. Rien n’est et ne sera pareil, c’est ça l’évolution.

Il n’y a pas de connotation de jugement, évoluer ne signifie pas être mieux ou plus, ni pire ni moins, évoluer signifie différent, en adéquation avec le tout, dans l’instant.

Il n’y a pas de jugement de valeurs dans l’univers.

 

Oui, alors, lorsque nous disons « avancer vers toujours plus de conscience » s’éclaire d’une toute autre manière, ce n’est pas être meilleur.

 

Oui, la matière est la même endormie ou éveillée.

Une rose n’est pas plus belle ou plus utile qu’une crotte.

Plus de conscience ne signifie pas un mieux, il viendra encore et encore le jour où la conscience se rendormira et l’univers se retrouvera à son point zéro comme cela a du se passer un nombre infini de fois.

Parce que ce que les savants nomment le Big-bang n’est pas le point de départ, c’est juste un point de remise à zéro et un point de recommencement.

 

La conscience est comme la fleur qui s’ouvre et se ferme, et ce mouvement est en chaque molécule, en chaque personne…

 

Oui.

 

Lors de ces grandes extinctions ce sont donc des remises à zéro partiels ?

 

Oui.

Et ce n’est pas pour un mieux…c’est donc pour ça que tu dis que la conscience est en tout, la fourmi est-t-elle éveillée ?

 

Ben oui.

 

Et nous ? Je crois que nous le sommes aussi, mais nous ne le savons pas, à cause de nos empêchements.

 

Je crois encore que tu déformes ce mot, on est tous éveillés puisque vivants.

Le voyage du spermatozoïde est un voyage d’éveil. De la sortie de l’utérus à la tombe est encore un voyage d’éveil. On ne finit jamais de s’éveiller, même si la plupart des hommes semblent endormis.

Chacun voyage a sa vitesse et atteint le point que le monde lui a fixé.

 

Ha, la vie un voyage d’éveil, pour chacun, à sa mesure, c’est très beau ça !

 

(Rire)

 

Est-ce à dire que dans chaque être vivant, se fait le grand mouvement de l’éveil et de l’endormissement ? Durant une vie, mais aussi en chaque instant d’une vie ?

 

Oui.

Extrait de Plume d’Eveil

Mais Ron le cerveau a ses propres exigences de « penser », comment imaginer une position neutre au sein de cette activité créatrice de dialogues ?

Je crois que le « cerveau » (pour reprendre ton mot) n’exige rien, il se subit lui-même, ou plutôt il subit sa matière, son activité chimique. Cependant il existe plusieurs positions de « témoins », elles-mêmes construites « comme » des images se reflétant à la surface de deux miroirs disposés face à face.