Plume d’Eveil – De la perception (9)

– Percevoir est-ce prendre conscience de ? Voir, entendre, sentir ?

 

– Tout ce qui peut être assimilé à l’usage d’un « sens ». L’essentiel de ce que nous percevons passe par les yeux. Mais en fait, à l’origine, c’est l’ouïe qui avait la part principale. Malheureusement avec le temps, l’homme a passer la part la plus importante sur la vue, amoureux qu’il est des formes grossières et dédaigneux qu’il est du subtil.

L’ouïe occupe une position hiérarchique sur les autres sens parce qu’elle permet tout simplement la communication à plus grandes distances. N’oublions pas que le fœtus entend son monde autour avant toute autre perception.

Même par-dessus un mur tu peux communiquer avec une personne que tu ne peux voir. Les pigeons entendent une éruption volcanique ou un séisme à plus de trois mille kilomètres. Les dauphins et les baleines se parlent à plus de huit mille kilomètres. Etc.

La vue vient en second, elle s’occupe d’une zone plus réduite, plus immédiate.

Il vaut mieux entendre un ennemi que le voir. Quand tu le vois, il est généralement trop tard.

Le calcul se fait au sein du calculateur principal, qui fonctionne de façon autonome et donc n’a pas à passer l’information dans tous les cas à la raison. Lorsque la raison n’a pas été « tenue » au courant des résultats d’un calcul elle ignore l’information et la perception reste dans les couches de l’inconscient. Lorsque la raison est « tenue » au courant, elle prétend que c’est de l’intuition, de la clairvoyance ou d’autres choses encore (sourire). L’intuition, c’est une connaissance de l’inconscient qui remonte au conscient, ce n’est pas de la divination, mais encore du calcul. Car comme elle n’est pas fichue (la raison) de faire le lien entre toutes les infos, il ne lui reste que deux solutions :

– soit-elle dit, je suis formidable d’avoir compris cela !

– soit elle dit, je n’y suis pour rien, c’est extraordinaire la perception subtile qui se fait par le fil de « MON » intuition.

S’appropriant définitivement la processus de perception et de calcul dont elle ne sait être la mère.

 

– N’arrive-t-il pas un moment, où tous les sens s’unifient pour une perception autre ?

 

– Les sens travaillent toujours de concert à la base, ils sont 100% interconnectés. Seulement l’image du résultat dans sa forme adressée à la raison est une sorte de « ghost », un genre de « truc-malaxé » et fait sur mesure pour la petite raison qui ne veut pas connaître les détails de l’opération.

 

– Oui, c’est toujours la même chose, cela se fait, mais nous en sommes déconnectés.

Alors disons le une bonne fois pour toutes, ce qui fait écran en nous, c’est cette foutue identification au moi, le penseur, le limité.

Plume d’Eveil – De la perception (8)

– Mais qu’est-ce donc « percevoir » ?

 

– Tu vois, quand je parle de perception avec ces mots : illusion, réalité, interprétation, idée, etc., je me perds…

Et quand je veux en parler avec d’autres mots, comme : sensation, vision du corps, connaissance silencieuse, etc., je me perds encore.

Pourtant il y a bien un moment où je suis dedans vraiment, où je sais, alors qu’il n’est pas logique que je sache. Et là il n’y a que les actes pour le signifier justement.

Je vois un ami qui entre, et je lui pose la question de l’amitié et des convenance. Comment vas-tu Fred ?

Il me répond : ça va ! Ça va bien Ron ! Je lui souris, mais j’entends son corps me dire, ce n’est pas vrai Ron, ça ne va pas si bien.

J’attends, je sais que son corps me racontera toute l’histoire si je sais rester attentif. Et quand je lui parlerai, lui disant quelques mots sans rapports avec ses secrets, je les ferai monter de la profondeur de mon corps. Ils ne seront pas réfléchis (comme la lumière) de l’esprit, mais réfléchis du fond de mon corps. Mon corps parlera à son corps.

Il me regardera un instant découvrant des effets, des émanations d’une conversation silencieuse et profonde, il cherchera le lien entre ses sensations et le sens des mots, leur « grammaticalité ».

Il sourira un peu, se disant en lui-même, mais comment a-t-il pu me toucher en me parlant du vent dans les feuillages, en détournant mon regard vers une fourmi qui traînait une brindille, en me disant que le bruit que j’entends ne vient pas de l’eau qui frappe la surface d’une autre eau, mais de l’air qui y est emprisonné ?

Seuls les actes peuvent signifier. Certains sont presque imperceptibles.

Plume d’Eveil – De la perception (7)

– Illusion ? Qu’est-ce qu’une illusion ? Quelque chose que l’on croît être et qui n’est pas. Es-tu d’accord avec cette définition ?

 

– Oui, mais aussi la forme que nos sens perçoivent des choses, ce qui est mental comme une idée, une croyance. Ce qui est mental à l’origine, comme une sensation. Ce qui est mental, comme le fonctionnement des sens. L’illusion est ce que notre mental sait produire.

 

– Si tu sais cela que tu vois n’est pas le réel en tant que tel, si tu sais que ta perception est erronée parce que partielle, es-tu dans l’illusion ?

Je dis que non, tu n’es plus dans l’illusion. Tu sais que cela n’est pas la réalité, et que tu ne pourras jamais voir cette réalité.

Tu vois juste, bien que par nature dans l’erreur.

 

– Certes l’illusion est moins dense si tu sais qu’elle est, mais comme tu ne peux pas faire autrement que de te servir de l’illusion que la vie t’accorde à défaut « d’autre chose », et cet « autre chose » que serait-il ?

J’aimerais pouvoir te décrire avec des mots, l’état d’esprit qui est le mien face à ce paradoxe insurmontable. En fait, j’ai cessé de vouloir le surmonter.

Tout pour moi est illusion, parce que rien ne pourra être jamais comme je voudrais le croire, mais cela ne pose aucun problème. C’est le « deal » que la vie nous propose, et maintenant que j’en perçois un peu les finesses, cet état des choses me comble de félicité.

Je souhaite que tu saisisses un jour cela, parce que je te vois dans une bataille sur cette question, j’aimerai pouvoir t’assurer qu’il n’y a lieu d’aucune bataille.

Mais mes mots ne le peuvent pas encore.

 

– Parlons de notre relation, peu importe le temps qui la fait, mes errances, tes concessions, admettons-là dans ce qu’elle est là, en ce moment. N’est-elle pas illusoire, porteuse d’illusion et donc de mensonges ?

Voilà, c’est ça pour moi, une illusion consentie est un mensonge. Si je te dis que je suis touchée par tes mots, par ta voix, et que ceci comme tout le restant est illusoire, je te mens en te disant ceci. Nous nous berçons alors de douces et amères chimères. Mais dis-tu, cela fait partie du tout.

Misère ! Je me hais, je te hais, je hais la terre entière ! Comment puis-je écrire ces mots ? Ce ne sont que des mots porteurs d’illusion, l’illusion que je pourrais me couper de tout.

 

– As-tu songé qu’illusion ne signifie ni « chimère », ni « mensonge » ? Elle n’est pas le contraire de « vérité », et que c’est notre volonté seule qui revêt de ces « caractères » les instants réels d’amour, de partage, d’écoute ?

Nos instants sont réels, même s’il réside en eux beaucoup d’illusoire. Ils sont réels.

Et l’amitié que je vis avec toi dans cet « instant relié » est toute aussi réelle que le sang qui coule dans mes veines. Si je me mens à moi-même en disant « je t’aime », je me mens encore quand je dis entendre battre mon cœur. Et qu’entends-je réellement de mon cœur qui bat ? Tout ? Certainement pas ! Mais je m’en fiche, je sais qu’il bat, comme je sais que j’aime, même si j’ignore beaucoup de cet amour que j’ai voulu en moi.

 

Plume d’Eveil – De la perception (6)

– Tu l’as dit nous communiquons au niveau où nous percevons. Je ne vais pas t’interroger sur les mots que tu as déjà dits à ce propos, qu’ils sont l’intelligence et la folie humaine, mais sur l’essentiel.

Quel est donc cet essentiel pour lequel il nous faut entrer en discipline, pourquoi nous échappe-t-il encore et encore, que peux-tu dire sur ce mystère ?

 

– Plus je me concentre sur une image, plus je force pour la presser, en tirer tout le jus, jusqu’à la dernière goutte et moins je suis ouvert pour toutes celles qui passent à ma portée.

Lorsque tu regardes un film, les images se succèdent si vite devant tes yeux que tu vois une continuité, tu appelles cette continuité « l’action ». Mais ce n’est qu’une illusion, tu le sais, cette continuité est un tout composé de vingt-quatre images à la seconde. Si j’en retire une sur les vingt-quatre, tes yeux, n’importe quels yeux, ne s’en aperçoivent pas. Si j’en glisse une qui n’appartient pas à cette suite, une étrangère, ton esprit, tous les esprits, ne la considèrent pas.

Quel est l’essentiel ? Quel est le secondaire ? Est-il possible de s’arrêter sur l’essentiel lorsqu’on ne le voit pas ? Est-il possible de demander à son esprit d’isoler une de ces images, de la choisir au milieu de tant d’autres selon des critères personnels et selon un processus qui s’exécute sans que nous sachions jamais comment ni pourquoi ?

Soit, il le fera, il retiendra cette image de cheval blanc saisi au vol dans ce film, il ramènera toutes les autres images qui auront un rapport quelconque avec elle, il les regroupera refaisant un autre film, pour lui seul, le construisant image après image comme un puzzle, de toutes celles que sa mémoire a engrangées.

Et le film qui passe sur l’écran, que devient-il ? Pour qui se montre-t-il ?

Plume d’Eveil – De la perception (5)

– Krishnamurti dit que si l’on voit un objet sans en passer par la pensée qui nomme, qualifie, il dit qu’alors on voit la réalité de l’objet.

Que penses-tu de ce propos ?

 

– C’est cela une pensée silencieuse, une pensée qui ne nomme pas, ne définit pas, ne juge pas est une pensée qui « voit ».

Mais je ne crois pas qu’un objet ait une réalité fixe. Je ne suis pas ouvert à la notion de « réalité objective », ou réalité unique et vraie. Ce n’est pas mon expérience, je m’assois devant un objet, et jamais je ne le vois semblablement, jamais il ne me voit semblablement, chaque instant propose un alignement de lui à moi, cet alignement dépend toujours des conditions qui sont les nôtres, il y a toujours des conditions particulières, c’est cela un état de conscience. C’est l’état de conscience qui instaure une réalité parmi des milliards.

 

– « Mais je ne crois pas qu’un objet ait une réalité fixe. » Krishnamurti non plus, je me suis mal exprimée.

Pour lui, comme pour toi, et je suis d’accord avec vous deux, tout objet est différent d’instant en instant.

C’est bien pour ça que l’on ne peut se connaître que dans l’instant présent !

Plume d’Eveil – De la perception (4)

– La « réalité des choses » n’a pas d’existence propre, elle est celle que nous faisons par notre regard.

– Explique, s’il te plaît.

– Que peut bien signifier ce mot « réalité » ?

Serait-ce le terme qui convient pour affirmer qu’une chose a une forme absolue ? Une forme unique perceptible par tous les yeux, tous les esprits ?
Je vois là comme une prison, une camisole autour des « choses », un empêchement à la liberté.

Tout ce que je vois est forme empruntée, forme variée, en fonction de tant de choses. La lumière variable suffit à modifier l’aspect appréhensible, mes sens et mon esprit sont toujours conditionnés.

Et s’ils ne l’étaient pas, que pourrais-je voir ?

Au-delà de toutes les formes, tous les manteaux qui les recouvrent, les « objets » ne sont qu’énergie. Et la seule chose que mes sens ou mon esprit peuvent comprendre de l’énergie est lumière.

Voila, nous sommes déconditionnés, à l’abri de tous les conditionnements et nous ne voyons plus que lumière, que devient alors la « réalité » ?

Devons nous répondre par cette formule : tout est lumière !!

Mais quelle lumière ? Celle qui se produit de l’énergie ? Et cette énergie, qu’est-elle ?

Au point d’origine de toute chose est « l’amour » qui est énergie, et la réalité de l’amour est imperceptible au-dehors de nous.

Les formes ne sont là que pour nous donner « le change », à nous êtres vivants qui ne connaissons pas cette source, pas plus que nous ne connaissons l’énergie. Nous la devinons, la pressentons, la désirons, mais elle demeure une chose in-signifiable.

– Aussi pourquoi me dis-tu : « Mais je crois moi que tu es bien plus belle encore que je ne te vois, comme ton regard envers toi est sans doute plus critique que le mien, c’est naturel qu’il en soit ainsi ! »

– Toute chose est bien plus encore que ce que j’en vois, n’est-ce-pas! C’est simple, nous ne pouvons pas tout voir, seul ce qui nous saute aux yeux nous semble réel, au-delà, les êtres sont bien plus beaux qu’on ne l’imagine ou le comprend, plus beaux dans le sens plus vaste, car les êtres sont partie du « divin ».

Ce qu’il y a de plus beau en toi est partie du « divin » et je ne peux y accéder que le temps de microsecondes, lorsque le « divin » en toi parle au « divin » en moi.

Nous pensons Michelle, et nos pensées sont comme un voile, derrière ce voile tu es, je dois me satisfaire de ce que j’entrevois parfois.

Peu importe mon jugement, peu importe ce que je crois, jugement et croyance existent pour me permettre de ne pas aller plus loin, ils sont nos excuses pour nos manques.

Plume d’Eveil – De la perception (3)

– Nous parlions de la prise de conscience, de la multiplicité et de l’unité. Comment prendre conscience de façon complète et entière… pas seulement par la pensée ?

– Cher ami, prendre conscience d’une façon complète ne se peut qu’en dehors de l’existence peut-être, je veux dire lorsque nous ne sommes plus. Et même là je ne crois pas cela possible, la conscientisation est une affaire de relativité, c’est du moins ce que j’en sais.

– M…, alors nous sommes confinés à ne voir que du faux ?

– Tu ne me comprends pas j’en ai peur… rien n’est faux, ce ne sont que des parties de vérité. Nous ne pouvons absorber la vérité dans son ensemble, parce que nous sommes pas la vérité. Nous ne sommes que des parcelles de vérité, c’est le grain de sable qui voudrait faire entrer en lui la montagne. C’est cela à quoi tu rêves.

– Certains disent que nous sommes comparables à des vagues d’un océan.

– Moi je préfère me comparer à un grain de sable, question d’échelle ou d’humilité.

– Un grain de sable semble totalement déconnecté de son environnement, contrairement à la vague.

– Ah bon ? La vague passe son temps à fabriquer des grains de sable pourtant… (sourire).

– Peu importe… nous sommes plongés dans la confusion. Cette confusion peut-elle prendre fin ?

– Je ne dirai pas les choses ainsi, mais je comprends… laisse-moi encore te dire à ma façon. Nous naissons aveugle et sourds, hélas pas muets… (Rires). La règle du jeu c’est ouvrir nos yeux et nos oreilles, pour dans un premier temps, comprendre que nous sommes des individualités séparées et reliées en même temps, séparées par des distances et reliées par une faculté de communication.

Cette faculté de communication doit nous permettre de dépasser les limites organiques de nos sens, jusqu’à comprendre un jour que la distance est une illusion, qu’elle n’existe que sous la poussée de notre esprit.

– Donc, la communication serait pour toi la clef pour briser cette distance ?

– La communication pour moi a ce sens : perception doublée, parce qu’on ne peut percevoir qu’en dynamique avec la chose perçue, autrement dit : je te vois comme tu me vois, parce que je te montre comme tu me montres. Ce que je perçois de la fleur correspond à ce que je veux montrer de moi à cette fleur. Ceci est un secret que peu de « savants » veulent entendre.

– Mais lorsque tu perçois une fleur, le fais-tu en fonction de la pensée ?

– Non, mais la pensée n’est pas un obstacle, elle est un outil d’interprétation, si je me sers bien de la pensée, il n’y a aucune raison pour se glisse entre la fleur et moi. La pensée est comme un chien, si le chien est mal éduqué, il monte dans ton lit et te met dehors. Si le chien est bien éduqué, il dort sous ton lit et veille pour que tu puisses dormir en paix.

– Mais comment sais-tu lorsque tu perçois la fleur sans l’interprétation de la pensée ?

– Je ne sais pas, puisque savoir dépend de la pensée, je sens avec mon corps, ou je sais avec mon corps. Dès lors je peux aussi inviter la pensée au banquet et partager avec elle ce que mon corps sait, c’est aussi simple… (Sourire)

– Donc, tu dirais qu’il est possible de contrôler la pensée au lieu de se laisser contrôler par elle ?

– Je l’affirme ! Je le démontre aussi, chaque jour.

– Pourquoi je crois que c’est impossible ? Dans mon cas, tout ce que je fais semble être sous l’ordre d’une pensée.

– Tout ce que tu me dis, je l’ai dit aussi. Tu es sincère, sois tranquille. Tranquille et jamais au repos, comme une flèche tendue, la flèche, se pose-t-elle la question : mais où vais-je ?

Non, ce n’est pas son affaire, elle se tient droite, sans peur ni remord, sans doute ni question, mais juste tendue vers l’autre rivage.

– Le pire est que je ne sais même pas si ce que je cherche existe vraiment. Quand as-tu découvert ce que tu cherchais ?

– Chaque jour, ce que j’ai découvert se découvre un peu plus, et je pense que jusqu’à mon dernier jour il en sera ainsi, cal a dû commencer dès ma conception et c’est ainsi pour tout le monde.

– Oui je vois… Mais que dis-tu de ceux qui disent que la liberté n’est pas progressive… mais instantanée. Un livre de Krishnamurti s’intitule même « Première et Dernière Liberté ».

– La liberté est instantanée oui, toujours, mais on ne la garde pas longtemps. Si je te libère de tes chaînes, tu es instantanément libre, combien de temps avant que tu ne retombes dans de nouveaux pièges ? Avec du temps peu à peu, on apprend à ne plus tomber dans les pièges. Pour rester libre il faut se battre.

– Contre quoi ?

– En un mot ?

– Oui.

– Nos habitudes !

– Humm, mais cet état de bataille n’est pas sain. Il y a un conflit entre ce qui est et ce qui devrait être.

– Voilà le problème avec toi, tu as une conception de la vie un peu idéaliste, utopiste.

– Oui, c’est vrai.

– Sans bataille pas de vie.

– Pourtant, lorsque je suis en état de contemplation… il n’y a pas de bataille.

– Plus on est fort, moins on se bat… Tu ne les vois pas, mais il y en a. La paix ne peux exister qu’entre deux batailles.

– Je ne suis pas convaincu, alors, d’après toi… on ne peut vivre qu’en état de conflit ? Aussi bien se suicider.

– Tu ne m’as pas lu attentivement, je n’ai pas dit cela…