Plume D’Éveil, Du mental (12)

– Comprendre est-ce maîtriser ?

*

– Oui Michelle, comprendre est encore l’expression de la volonté de maîtrise, mais c’est celle qui nous est accordée par la nature des choses, à nous de ne pas en abuser.

La nature ne nous dit pas que nous allons pouvoir tout comprendre et donc maîtriser, elle nous dit que nous ne pouvons pas survivre sans fournir cet effort.

Qu’est la suite de comprendre ?

Lorsque l’appétit de comprendre est satisfait, ce qui signifie : lorsqu’on ne veut plus comprendre et seulement « comprendre ». Lorsque le corps « prend en lui », l’esprit cesse de jouer son jeu idiot.

Tu as peur parce que tu t’imagines que sans cette démarche il n’y a rien.

En réalité, un jour viendra peut-être où tu ne seras plus agitée en ton esprit, plus de doute, plus de question, plus de certitude. Et aujourd’hui tu te dis : mais qu’est-ce que je vais pouvoir leur dire, lui dire ??

Quelle relation aurons-nous donc ?

Mais tu verras bien que la relation qui s’installe est bien plus pleine. En toi sera la paix, et c’est cela que tu distribueras.

Plume D’Éveil, Du mental (11)

– Je me disais que l’attention condamne les questions.

 

– L’attention ne condamne rien, elle révèle l’essentiel, autant que l’essentiel la révèle.

 

– En fait, je ne connais rien de l’attention ! Comment pourrai-je connaître quelque chose qui m’échappe sans cesse.

 

– Elle, te connaît… (Rire) ça suffit ! Toi, tu dois te convaincre toi-même par l’expérience que les sens ouverts, grands ouverts, t’apporteront infiniment plus de connaissance que la gamberge.

 

Plume D’Éveil, Du mental (10)

– Et la réponse au « pourquoi » est en nous ?

 

– Toutes les réponses sont en nous, à condition qu’on ne se mente pas encore en courant derrière des questions inventées qui ne mènent nulle part.

 

– Oui, tout peut servir à se leurrer.

Au fond la question n’est pas, juste regarder comment nous fonctionnons et l’écho dans la relation.

 

– Oui.

Plume D’Éveil, Du mental (9)

– Krishnamurti disait : la pensée pour l’aspect technique de la vie au-delà de cet aspect, la pensée n’a plus sa place…

*

– Je suis d’accord avec ça…

*

– C’est vrai j’essaie de faire communiquer les deux.

Normal, je suis là le penseur.

Laisser passer les nuages dans le ciel…

Juste que je me disais que je n’imagine pas sans idées du tout.

*

– Mais il ne s’agit pas de cela !

Les idées se construisent par des automatismes, on ne peut pas les contrôler directement. Mais lorsqu’on diminue l’attention (pour ne pas dire « l’AMOUR ») qu’on leur porte, elles se calment, vont voir ailleurs.

Pas d’effort particulier, pas de guerre à mener contre les idées.

Juste cesser d’admirer son nombril.

Tu vois ce que je pense, c’est que toutes nos tristes habitudes à réfléchir et se poser des questions et se prendre très au sérieux et aussi prendre au sérieux la nécessité de rationaliser toutes nos sensations ;

La moindre crispation du ventre

Le moindre spasme et la moindre constipation

Tout cela est juste une habitude.

Mais tu le sais je crois…

Plume D’Éveil, Du mental (8)

– Alors impossible de parler de l’expérience sans faire du nombrilisme ?

*

– Absolument, mille fois !

Tu sais pourquoi ?

Parce que nous sommes au-dedans de nous… Un billet pour le spectacle ?

La meilleure place ! (sourires)

Lorsque tu assistes à une pièce de théâtre, te poses-tu des questions ? Cherches-tu à réfléchir ?

Tout écart te couperait du spectacle et fausserait le jeu des comédiens, et de plus, toute pensée, idée à laquelle tu parviendrais serait à des années-lumière de la vérité.

Le trésor le plus précieux que l’homme doit atteindre…

Je veux dire : le premier des trésors, c’est de savoir que parce que la pensée demeure toujours si loin de la réalité du spectacle, il ne faut pas se vouer à elle.

Mais si par hasard tu travers la route, ou manie un outil dangereux, le bon sens te guidera vers la réflexion, l’attention de l’esprit, et la raison et cela est juste et bon.

Plume D’Éveil, Du mental (7)

– Tout le monde se retrouve dans les échanges que j’ai avec tout le monde, oui, avec toute personne nous aurions pu dire les mêmes choses, traiter les mêmes sujets. C’est un fait.

*

– La question d’exister. J’ai parfois l’impression, plus qu’une impression, cela se dit que la personne pour toi n’existe pas. Il y a l’espèce, il y a le souffle de vie, mais la personne n’a d’importance que pour sa participation.
Est-ce parce que je suis encore par trop une personne, mais je trouve cela injuste.

Pourquoi ?
La partie, si elle n’a pas d’existence propre, n’en est pas moins un « être » fait de sensibilités, de besoins vitaux, de fragilités, de beautés puisqu’elle est. Je crois profondément que si atteinte est faite à la partie c’est le tout qui frémit à travers elle. Jamais nous ne pouvons atteindre, voir, entendre le tout, mais nous avons à notre disposition la partie et la partie concerne aussi le tout.
Lorsque tu ramènes nos échanges, à des échanges avec tout le monde, je n’existe plus en tant que personne, le monde n’existe pas non plus, alors ?

*

– Juste pour te dire pourquoi les informations ne sont pas importantes, au risque encore de te déplaire, tout le monde dit les mêmes choses, tout le monde a les mêmes doutes, les mêmes questions, le même vécu.

Cela fait quinze ans que je parle avec des gens quotidiennement et depuis quinze ans j’entends les mêmes mots, je crois que si demain je me trouvais face à un extra-terrestre, j’entendrais les mêmes mots encore.

Sais-tu pourquoi Michelle ? Parce que la psyché des humains est du copié/collé ! Copie conforme.

La différence entre les humains, je l’entends ailleurs que dans les mots, mais je ne dénigre pas le rôle des mots. Ils m’aident bien à la transporter cette différence. C’est comme l’air pour les parfums.

Seul ton parfum me parle de toi, et s’il s’exhale de tes mots, il ne le fait pas des informations. Peut-être un jour aurai-je le temps de te conter comment mon esprit fonctionne avec les informations.

Plume D’Éveil, Du mental (6)

– Aller vers soi et l’accomplissement de sa volonté.

Vivre comme respirer.

Cesser de questionner à tous vents.

Se taire, c’est observer.

Respirer comme si l’air était précieux, et certainement il l’est.

Parler avec sa langue aiguisée comme un couteau pointé vers soi.

 

– C’est ton dernier message. Es-tu disponible pour en parler ?

Trop de question dis-tu. Il est vrai que toi, tu n’en poses jamais. C’est un fait.

 

– Oui, je vais essayer de répondre.

Trop de questions oui, je n’en pose jamais, ni ici, ni ailleurs ni dans mon esprit, parce que j’ai saisi un jour qu’elles étaient un manque de sincérité envers moi-même, bruits jetés par-dessus notre clarté intérieure. Pourquoi ? Peut-être sommes-nous simplement programmés pour agir de la sorte.

Bien entendu, je n’accuse pas ici qui que ce soit de « mentir », ni même de le faire sans conscience, j’accuserais peut-être un système, un « ordre », un état de fait, mais pas une personne.

Aussi, depuis une quinzaine d’années que je ne ma pose plus de questions, je vois mieux celles des autres, elles ressemblent à la queue de ce chien qui désespère de la saisir.

 

– Que veux-tu dire lorsque tu dis : « Parler avec sa langue aiguisée comme un couteau pointé vers soi » ?

 

– Si chacun de nous pesait bien chaque mot, comme si sa vie ne dépendait, alors chaque pensée prendrait sa juste place, chaque geste au centre de son sens.

Il en un fait (pour moi en tout cas) que nos sociétés ne sont bâties que sur des montagnes d’incohérences ont un prix, et que nous payons ce prix de notre sang chaque mot prononcé en trop.

Voilà pour moi, le signe du chemin retrouvé.

 

– L’impression est très forte, plus rien ne pourra jamais être pareil, maintenant que cela a été dit. L’austérité est entrée dans la maison.

Mais quoi, pourrait-on être autre chose que ce que l’on est ?

De sentir cette force s’imprimer là, si différente de celle qui m’habite, il me semble que nous ne sommes pas animés par la même énergie.

Plus exactement qu’une seule et même énergie prenne des colorations différentes, et que chacune doit pouvoir éclore.

 

– Ahhh, ne prends pas pour austérité ce qui est intensité.

Tu demandes : Mais quoi, pourrait-on être autre chose que ce que l’on est.

Mais ignorerais-tu que ce que nous jugeons de nous comme du reste n’est qu’une idée sur l’apparence, et que nul ne saura jamais ce qu’il est, jamais ! Même si l’on pouvait nourrir l’espoir de se voir dans notre totalité, ce serait l’instant d’un éclair, et quoi ? Croire que dans la lumière de l’éclair, toute la sagesse de l’orage est montrée ?

Se voir, se connaître, savoir ce que nous sommes, tout cela n’est qu’ineptie de philosophe et de poète en mal de sens.

Tu parles aussi d’énergie… l’énergie des uns, l’énergie des autres ; mais il ne s’agit pas de cela pour moi, je vois agitation où tu vois énergie, agitation de mots, agitation d’émotions, de pensées, tant d’agitation dressées là comme un mur de brouillard sur nos évidences profondes.

Nous marchons dans le désert en effaçant nos traces, tel ce fugitif qui a peur de ses poursuivants. Mais il n’y a que nous derrière nous-mêmes, et il serait temps de cesser de les effacer ces traces.

Pour le moment tu as besoin de ces mots, alors parle, parle je t’en prie. Parce qu’ils t’aident à regarder au fond de ton puits, parle.

Mais je dis moi que ton reflet n’est pas utile, tu es la source, tu n’es pas dans ce puits.

Tu es la source. Sache-le !

Plume D’Éveil, Du mental (5)

– Les pensées peuvent être silencieuses, y a-t-il quelque chose qui permette alors de les différencier de la connaissance ?

Il s’agirait peut-être de voir si cette autre source existe et ce qu’elle est ?

*

– Je crois que la connaissance n’est pas volatile, elle siège là dans notre matière et nous y accédons ou c’est elle qui fait l’ascension dans notre esprit. Là, elle prend un aspect compréhensible, lisible pour lui (l’esprit).

Alors que nos pensées voyagent et se perdent comme elles se créent, au gré des connexions électriques que nous ne pouvons maîtriser, au hasard des rencontres et au sein de notre système.

Tout et n’importe quoi participe à ces mouvements tout agit comme stimuli et de l’extérieur se conjugue donnant naissance à des processus libres. Et nous ne sommes témoins que de quelques-une, nous les nommons « nos pensées ».

Je crois que par-delà les distances et le temps, nous pouvons nous connecter aux mêmes sources et communiquer ainsi subtilement, mais comme il est difficile de clarifier tout cela !

Plume D’Éveil, Du mental (4)

– Je veux te demander si c’est normal ce vertige qui est le mien quand on se branche sur moi ? Je ne sais pas si je m’explique bien…

– Personne ne peut se brancher sur toi, ça n’existe pas, ça ne marche pas comme ça !

– Alors je ne sais pas ce que c’est…

– Exemple : si je veux voir quelqu’un, je le regarde, mises à part les informations que je peux saisir par mon regard, ma visite ne lui prend rien. Personne ne paut prendre de l’énergie à autrui, c’est nous-mêmes qui gaspillons cette énergie sous l’effet du laisser-aller…

Laisse-moi te raconter.

– Oui je veux bien, d’accord !

– Je raconte en prenant le processus à l’envers… donc une perte d’énergie est constatée, une fatigue soudaine ou lente s’ensuit. Ce qui implique des sensations physiques précédant cette fatigue. Ces sensation consomment cette énergie à cause de l’activation acide et des mécanismes physiologiques qui les accompagnent, mais les sensations sont une réponse du corps à un signal du cerveau.

– Oui.

– Le cerveau a fait son calcul, une estimation, ce calcul est accompagné d’une connotation, une forme de valeur positive ou négative, ex : c’est bon ! Ou, c’est suspect ! Etc.

– Oui…

– Un message est émis en direction des centres physiques, je parle des centres qui gèrent les décisions réflexives. Les sensations seront correspondantes et proportionnelles à ces valeurs. A ce phénomène vient s’ajouter l’interprétation du « petit moi », quand celui-ci intercepte des informations, même parcellaires, on dit qu’il y a « conscientisation ». Ce terme est à toujours utiliser « au relatif ».

Que cette interprétation soit juste ou erronée, ou même sans rapport réel avec l’observation, elle produira toujours ses effets correspondants en forme de sensations. Le « petit moi » ne cesse d’imaginer des choses absurdes sur ce qu’il croit vivre, donc toutes sortes de sensations peuvent surgir et voler l’énergie corporelle et mentale.

– Les impressions, si on ne peut pas s’y fier… mais alors on ne sait jamais rien, on n’est jamais sûr de rien ? Et la confiance en soi nécessaire ? Je mélange tout non ?

– Mettrais-tu une sentinelle sourde et aveugle pour garder tes remparts ?

– Mais non !

— Ok, irais-tu chercher un mythomane pour témoigner d’un crime ?

– Le petit moi n’est pas fiable.

– Voilà !

– Le petit moi c’est l’ego…

– Raison pour laquelle il faut corriger ce petit moi, il est un tyran.

– Un vrai de vrai dur à cuire ! (Sourire)

– Tout ce qui lui importe est de crier toute la journée, c’est MOI, c’est MOI.

– C’est difficile de s’imaginer pouvoir vivre dans cette vie sans cet habit.

– Nous avons deux calculateurs, un qui est directement accessible à la conscience du « moi », l’autre plus difficilement. Le petit moi se trouve au milieu, mais il perturbe les échanges entre les deux centres, ce n’est pas le fait qu’il existe, et quand je dis qu’il faut le corriger, ça ne veut pas dire qu’il faut corriger, ça ne veut pas dire le tuer ». Si tu tues le « moi », tu deviens fou.

– Ben oui, vrai !!

– Mais il faut le rééduquer, pour qu’il cesse de jouer la comédie que nos parents, éducations, systèmes sociaux lui ont apprise. Alors, une fois le moi redevenu sensé, il cesse de hurler à tout train, il s’assoit, et regarde… De temps en temps, des bulles de conscience passent à sa portée, comme il ne fait pas le fou, il a la possibilité de les attraper. Il en attrape de plus en plus chaque jour, et la conscience s’ouvre au fur et à mesure.

Plume D’Éveil, Du mental (3)

– Quand je fais du tai ji du qi jong je chasse de moi les « idées ». Je ne me concentre pas sur la mémorisation.

*

– Quelque soit ta concentration, elle est mentale, de n’est pas toi qui « sais » le tai-chi, c’est ton corps, mais tu ne peux pas l’aborder autrement, car là où tu emmènes ton corps tu emmènes aussi ton esprit.

Ce qui compte comme tu dois le saisir en ce moment, ce n’est pas ce que l’esprit en pense, mais ce que le corps en sait.

*

– Mon corps joue le tai-chi tout seul c’est vrai !

Mais Ron le cerveau a ses propres exigences de « penser », comment imaginer une position neutre au sein de cette activité créatrice de dialogues ?

*

– Je crois que le « cerveau » (pour reprendre ton expression) a ses propres exigences de « penser », comment imaginer une position neutre au sein de cette activité créatrice de dialogues ?

Les deux premières images symbolisent l’activité rationnelle dirigée (premier plan), il est donc possible de prendre une position éloignée, et l’éloignement du bruit, n’est-ce-pas déjà renouer avec le silence ?