Plume d’Eveil – De la perception (19)

– « Notre outil de communication naturel s’est endormi parce que l’homme n’en a plus voulu. Il n’en a plus voulu parce qu’il le mettait face à lui-même, la fameuse histoire de la genèse. »

Te souviens-tu m’avoir dit ces mots ? J’aimerai que tu me parles de cet outil de communication.

 

– Oui comme les animaux nous possédons une faculté de communiquer qui ne dépend pas du don, des pensées et des mots, mais des sensations seulement.

Il paraît que les indigènes d’Australie n’auraient pas perdu cet usage, je n’en sais rien. Quand nous sommes des enfants, cet outil fonctionne très bien, puis il disparaît au fur et à mesure que le « mental egotique » se développe. Quelque chose en nous qui n’est pas de la raison voit les signes sur le corps (quand le corps est là, devant nous), et nous traduit avec grande exactitude ce que le corps de l’autre dit de sa vie, de sa souffrance et du reste, même quand la bouche dit tout autre chose, souvent le contraire.

Mais ce qui est extraordinaire, c’est de voir toujours cette même faculté œuvrer à distance à condition que les capteurs soient « allumés » en nous. Les ordinateurs ne sont pas à même de se parler si on les débranche, n’est-ce-pas ? Nous aussi nous avons besoin d’être branchés, et c’est notre attention qui nous connecte à la « source » ou au « réseau ».

Tout passe par là, il y a tout ce dont on a besoin, le plus petite de tes sensations est « récupérée » par la source, elle s’envole d’elle-même vers la source, et elle reste là, disponible à celui qui sait trouver le chemin.

Plume d’Eveil – De la perception (11)

– Voyons-nous les mêmes choses et que vois-tu de moi ?

 

– Comme « voir » est une action qui ne se base pas sur la raison, ce qui est offert par cette ouverture n’est pas du genre à la satisfaire, ce n’est pas ce qu’elle recherche, elle l’évite plutôt. Nous pouvons toujours chercher à signifier ce qui est perçu par « voir » mais en réalité c’est encore chercher à se tromper. L’intellect peut se saisir de quelques informations subtiles lors des sensations et de certains mouvements du corps, mais la quantité saisie est toute petite part de la « connaissance ».

Nous voyons tous par les mêmes processus et positionnement de conscience, mais c’est certain que nous ne voyons jamais les mêmes choses. Car les conditions internes d’un individu sont trop étrangères à celle d’un autre individu, c’est pourquoi chaque « connaissance » nous concerne directement, c’est réellement une « chose » intime.

« Voir » ne concerne pas vraiment les yeux et c’est justement pour cela que ça ne concerne pas non plus la raison, les yeux sont au service de la raison.

Part l’acte de « voir » ce qui est perçu est émanations et non des formes. Un « mouvement » existe pour la raison, il a un sens. Une émanation n’en a presque pas, ou reste toujours très trouble pour elle.

Dans chacun de nos rapports avec ce monde, il y a la volonté de comprendre rationnement et il y a aussi « voir », ces deux-là se font indépendamment l’un de l’autre et n’entrent en choc que si l’intellect veut s’approprier les actions de la « conscience ».

Lorsque nous faisons l’analyse ou la définition de ce qui a pris forme dans la perception d’un objet par l’acte de « voir », nous oublions que le résultat de cette analyse est un appauvrissement profond de cet acte. Parce que « voir » engendre d’autres comportements que ceux induits par la raison au sein de la relation.

 

–  Pourquoi renoncer à vouloir comprendre ? Il me semble que comprendre aide à faire le ménage dans cette confusion qui nous habite, cela ne fait pas des certitudes.

 

–  La certitude est comme un bâton sur lequel on s’appuie et souvent on y accroche des lambeaux de notre vie. Oui, celui qui cherche à comprendre veut se nourrir de certitudes, parce que le doute est source d’inquiétudes. Nous cherchons à comprendre pour nous défaire des peurs, mais nous en créons d’autres au fur et à mesure. Ainsi de nos désirs, sitôt satisfaits de nouveaux apparaissent.

Comprendre n’est pas faire le ménage selon moi, c’est entasser dans la cave. Faire le ménage c’est faire le vide, jeter dehors ce que nous voyons inutile. Nous garderons ce à quoi nous sommes le plus attachés, ou ce qui nous est essentiel pour la survie, mais bien entendu ce sont des illusions, seul l’instant présent est essentiel.

Cependant tu as raison, nous ne pouvons nous passer de vouloir comprendre, c’est encore un paradoxe et comme tous les paradoxes, il ressemble à une paroi bien lisse et fermée. Mais lorsqu’on s’approche, on finit par trouver une faille qui nous introduit dans un espace insoupçonné.

Toute information est en trompe-l’œil, elle n’est que le reflet de ce qui se passe en nous. Il nous faut être funambule et ne pas regarder à droite ou à gauche, seulement devant soi, à courte distance.

Du guerrier et de la conscience (26)

– C’est venu se dire, et dans le même temps ce constat, que quelque chose depuis toujours donne une direction à cette vie. Quelque chose qui fait pouvoir de décision.

Mais je perds le contact avec cette force, comme un oubli… et alors je me prends la tête avec ce ce qu’il faut faire. L’oubli n’est que parce qu’on voit mal, c’est sûr.

Alors je te demandais de me montrer un peu, le lien entre tout ça. Je sais les causes de l’empêchement, enfin celles liées à la personne, à la vie dans ce monde, mais aussi… je me dis : « Est-ce possible que cela soit vraiment ? »

Parce que si cela est vraiment, c’est incroyable !

Même dans les rêves les plus fous, on n’ose pas imaginer une chose pareille.

En toi, Ron, cela se manifeste comment, est-ce aussi présent que ça ?

Aussi vivant que ça ?

 

– Qu’en penses-tu ?

 

– Ben je crois que oui, sans idéaliser cette fois, peut-être que parfois… dans la fatigue ça parle moins fort ?

 

– Oui, c’est comme si chaque matin, mais en fait plusieurs fois par jour, le monde était tout nouveau pour moi.

 

– Comme quand on est petit, et que tout est si vivant ?

 

– Oui.

 

– Tu es émerveillé ?

 

– Oui.

 

– Et c’est ça qui donne forme à ce que tu fais, dans cette spontanéité, sans doute ?

 

– Sans doute, oui.

 

– Est-ce que cela a un lien avec ces moments de « connexion » avec le « lieu sans pitié » ?

 

– Oui, mais le « lieu sans pitié » c’est comme une dose d’héroïne, c’est puissant. Il n’y a pas besoin de s’y trouver pour être émerveillé du monde. Le « lieu sans pitié » est encore au-delà. Tu n’es pas émerveillé, tu es le monde…

 

– Écoute, j’ai remarqué que si je ne me rends pas suffisamment disponible à ces moments-là, j’oublie plus.

C’est souvent après ces « glissements hors du temps », que les choses se montrent sous un autre visage. Comme si en cela se passait quelque chose, dont je ne sais rien en vérité.

 

– Oui.

 

– On peut sentir les préoccupations, si on est attentif, mais pas le pourquoi.

Sans cette force de la rencontre, il n’y a pas assez d’énergie, j’ai vécu cela, je le sais.

 

– Oui.

 

– Crois-tu que tout cela soit déjà tissé, le temps de chercher, à attendre, et enfin la rencontre ? Le vois-tu ?

 

– Oui, je le pense. Pas de hasard.

 

– Alors c’est vraiment très beau ! Et cela nous fait infiniment petit.

 

– Oui, c’est ce que nous sommes.

 

– Et pourtant tant recevoir !

à l’insu

à Zak Kostopoulos

OULAVIESAUVAGE

à Zak Kostopoulos

Ta mort a été filmée

sur un téléphone portable

de 10 ou 15 euros

jetable

et les images

les dernières images de toi

sont de mauvaise qualité :

grains sales

pixels gras

comme si ta mort était d’abord passée de mains en mains

avant d’arriver jusqu’à nous.

Tu avais sur toi

un briquet

et ta carte.

Certains meurent

en ayant conscience de mourir

mais peut-être n’y as-tu pas cru, toi,

as-tu refusé d’y croire

jusqu’à la fin ;

j’espérais

que tu étais effectivement « au moment des faits »

ce toxicomane chargé qu’ils t’accusaient d’être

(ce qui justifiait, à leurs yeux,

ta mise à mort)

pour que cette violence-là t’ait été épargnée ;

te voir mourir,

te savoir mourir de cette façon —

mais ce n’est pas le cas,

ce n’est malheureusement pas le cas :

les examens toxicologiques

publiés un peu plus d’un mois après ta mort

montrent que tes veines…

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COUP DE COEUR : Photography Mikko Lagerstedt

Capteur de Rêve Magazine - Photographie

Son nom est Mikko Lagerstedt; Il est photographe autodidacte de la Finlande. Il est  attiré dans la photographie de nuit et atmosphérique et il aime capturer des paysages finlandais simplistes.

Son voyage a commencé  la première fois en Décembre 2008 et dès les premiers instants; il est tombé amoureux de la photographie. Il aime créer visuellement et émotionnellement des images captivantes et son but est de capturer le sentiment qu’ il avait quand il a pris la photo.

Ses Liens :

Gallery Photo

FaceBook

FaceBook Perso

MATÉRIEL PHOTOGRAPHIQUE :

Il a actuellement deux caméras Nikon D800 et Ricoh GR .
Avec D800 ,il utilise ces lentilles:

  • Nikon 16-35 mm f / 4,0 VR
  • Samyang / Rokinon 14 mm f / 2,8
  • Sigma 50 mm f / 1,4
  • Nikon 70-300 mm f / 4.5 à 5.6 VR

Autres accessoires

  • iPhone 5s 64 Go , pour insta-photographie
  • B + W densité neutre Filtres pour une longue exposition
  • Nikon MB-D12…

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171104 cobra

fapeyla

tu te réveilles dans la cave avec tes puces
les puces sont tes amies
le concierge est ton ami
il te donne une bombe anti-puces. Il te dit : il nous faut faire le traitement tous en même temps. Tu la mets au milieu de ta pièce. Tu appuies sur le bouchon cranté et tu t’en vas. Au bout de trois heures c’est bon. Il n’y a plus de puces
tu prends la bombe et retournes dans la cave. Tu la mets directe à la poubelle. Tu t’en fous des puces

tu retournes à la place de l’olive. Tu as de l’argent. Tu commandes un café. Tu joues à respirer la lumière. Tout le monde joue à des trucs, à des trucs convenus. Toi tu respires la lumière. C’est assez bien. C’est frais. C’est vivifiant. C’est satisfaisant. Tu ne comprends pas pourquoi tout le monde ne joue pas à respirer la…

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Idée repas #7 : lentilles à la sauce tomate et endives caramélisées.

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Si je vous dis lentilles et endives, vous n’avez pas trop peur ? Les endives cuites, souvent, ont une mauvaise image, on s’imagine quelque chose de fade, amer, bref rien de très enthousiasmant en somme ! Sauf que là, vous allez voir, j’ai trouvé un moyen pour les rendre délicieuses, fondantes, goûteuses.

En passant, notez que les endives sont plutôt intéressantes sur le plan nutritionnel : elles contiennent du potassium, du phosphore, du calcium, du magnésium et aussi des vitamines (B1, B2, C et PP).

Pour ce qui est des lentilles, j’ai choisi des lentilles vertes parce qu’elles sont devenues mes préférées mais, si vous débutez, vous pouvez opter pour des lentilles corail (plus douces, moins « farineuses »). Inutile de dire que les lentilles sont riches en fer et en fibres, elles sont donc intéressantes et peu importe que l’on soit omnivore, végétarien.ne ou végétalien.ne. Elles sont une bonne source de protéines végétales, comme…

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171104 sanglier

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fapeyla

tu es dans le temps
tu es tellement dans le temps
que l’injonction de ce que tu as à faire agit comme les prémices de ton action
si tu ne te mets pas à agir dans l’instant de l’injonction de ce que tu as à faire, c’est que tu n’es pas à toi-même. Tu es loin de toi. Tu te prends pour un autre qui n’arrive pas à agir et qui s’en plaint. Le sens de cette plainte est que tu es loin de toi. D’abord chemine vers toi
puis fais ce que tu as à faire
tu es ce qui vient à toi
ce qui vient à toi t’invite à agir, mouvement dans le mouvement
tu es bleu, tu es solide
tu te complètes des couleurs rose, vert et orange, fluos, pour la lumière. Tu es solide et lumineux pourvu que les couleurs restent distinctes, tu veux dire distinguées…

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Plume d’Éveil

Sur ce blog des archives qui datent de 2008, en autre le partage d’échanges avec Ron. En 2010 nous avons publié certains de ces dialogues en un livre Plume D’Éveil.

Afin de faire revivre ce blog que j’ai un peu délaissé, et puis pour renouer avec la force des dialogues je vais republier ici le fil de ces conversations.

Pour commencer le mot de l’éditeur :

On reconnaît la force des dialogues à leur capacité de nous parler au-delà de leurs intervenants, à leur faculté à faire de nous un tiers discret qui s’enrichit des paroles tissées entre deux ou plusieurs êtres. “Plume d’éveil” est de ceux-là, de ces textes qui font de nous tout autant les auditeurs que les réceptacles d’une philosophie qui se dévoile et s’énonce. Pensant les conditions de la palingénésie de l’humanité, d’une prise de conscience de sa marche et de ses priorités, cette correspondance ancrée dans notre modernité met à notre disposition les outils réflexifs qui permettront notre repositionnement face au vivre.

Résumé : Le dialogue, quand bien même il n’est pas oral, suppose la relation et la confrontation de deux individus, la mise en présence d’au moins deux êtres… Et dans cet espace, physique ou désincarné, sensible ou virtuel, peuvent naître les questions, peuvent poindre les réponses. Dans cet entre-deux jaillit alors la transmission d’un savoir, d’une sagesse. Les Anciens l’avaient déjà compris. Hervé Uribe et Michelle Gourhant nous le rappellent au travers de ce “Plume d’Eveil”, œuvre issue de leurs échanges d’Internautes, de ce ping-pong constant entre eux, d’où émanent l’attente d’un apaisement des passions qui nous dirigent, l’espoir d’un sens de l’existence, l’envie d’une humilité

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