Plume d’Éveil

Sur ce blog des archives qui datent de 2008, en autre le partage d’échanges avec Ron. En 2010 nous avons publié certains de ces dialogues en un livre Plume D’Éveil.

Afin de faire revivre ce blog que j’ai un peu délaissé, et puis pour renouer avec la force des dialogues je vais republier ici le fil de ces conversations.

Pour commencer le mot de l’éditeur :

On reconnaît la force des dialogues à leur capacité de nous parler au-delà de leurs intervenants, à leur faculté à faire de nous un tiers discret qui s’enrichit des paroles tissées entre deux ou plusieurs êtres. “Plume d’éveil” est de ceux-là, de ces textes qui font de nous tout autant les auditeurs que les réceptacles d’une philosophie qui se dévoile et s’énonce. Pensant les conditions de la palingénésie de l’humanité, d’une prise de conscience de sa marche et de ses priorités, cette correspondance ancrée dans notre modernité met à notre disposition les outils réflexifs qui permettront notre repositionnement face au vivre.

Résumé : Le dialogue, quand bien même il n’est pas oral, suppose la relation et la confrontation de deux individus, la mise en présence d’au moins deux êtres… Et dans cet espace, physique ou désincarné, sensible ou virtuel, peuvent naître les questions, peuvent poindre les réponses. Dans cet entre-deux jaillit alors la transmission d’un savoir, d’une sagesse. Les Anciens l’avaient déjà compris. Hervé Uribe et Michelle Gourhant nous le rappellent au travers de ce “Plume d’Eveil”, œuvre issue de leurs échanges d’Internautes, de ce ping-pong constant entre eux, d’où émanent l’attente d’un apaisement des passions qui nous dirigent, l’espoir d’un sens de l’existence, l’envie d’une humilité

Publibook

Injonction à la jouissance et violences de la sexualité dans les rapports de domination

C’est ça ! Une sexualité à soi !

Entre les lignes entre les mots

Dans son édito, « Une victoire à l’ombre ou au soleil », Sabine Panet aborde la lecture de ce numéro hors-série comme une petite victoire, « Parce que ce sujet si personnel est aussi très politique », la « libération sexuelle » – « au fait, qui a libéré qui, et pourquoi faire ? », ces choses que l’on entend dire « bien éloignées de la sexualité des femmes, de leurs sexualités, avec ce que le pluriel contient de diversité, de fluidité, de transitions, d’hésitations, d’entraves, de désirs », ce territoire   « Une sexualité à soi » à contempler, défricher…

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Vers une agriculture du non-agir

Le Comptoir

« Il semble impossible de trouver une manière plus simple de cultiver. » Avec la méthode de Masanobu Fukuoka (1913-2008), voici quasiment revenu le temps béni du jardin d’Éden, où les fruits poussent tout seuls, sans travail humain. Fantasme ? Utopie ? Bien au contraire ! Dans « La Révolution d’un seul brin de paille », publié en 1975, le microbiologiste japonais reconverti en paysan expose sa pratique d’une agriculture naturelle, basée sur un interventionnisme minimal pour préserver les équilibres de la terre. Consterné par les ravages de l’agriculture chimique moderne et persuadé qu’un surplus de science ne réparera pas les dégâts qu’elle a elle-même causés, il prône une agriculture simple et modeste, traduction pratique d’une philosophie de retour à la nature. Et obtient des résultats spectaculaires qui font des émules.

Cet article a été initialement publié dans le premier numéro de La Revue du Comptoir.

S’il a un jour troqué sa blouse blanche pour…

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Je te respecte, je te chéris, tu comptes pour moi

Du temps pour l'essentiel

je te chérisJE TE RESPECTE, JE TE CHÉRIS, TU COMPTES POUR MOI
Dans la tribu Babemba de l’Afrique du sud, lorsque quelqu’un fait quelque chose de nuisible, la tribu place la personne au centre du village entourée de sa communauté.
Pendant deux jours, tous les membres rappellent à la personne toutes les choses merveilleuses qu’elle a accomplies.

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De la mort…

Le chien malade depuis des mois
C’est une sacrée leçon un animal malade
Rien ne se sépare en lui
Si bien qu’il continue à vivre
Tout entier dans ce qu’il fait.
 
Le soir, il a fait la ballade
Le matin, il était entré dans ce passage
À son rythme… moi,
Pour la première fois, dans le respect
Accompagner, sans se dire qu’il faudrait
Faire ceci, ou cela.
 
Lui proposer à boire
Le toucher doucement
Lui parler
Et surtout, laisser cet espace
Celui de la mort
Un espace qui ne cesse de grandir
Vacuité.
 
Il n’est plus qu’écoute
Les yeux fermés
Il écoute
Son monde familier
Se dissoudre dans l’immensité
Du chant du monde.
Ainsi le dernier sens qui nous relie
Alors que le corps se prépare à la décomposition
Retour à la matière infiniment vivante
Est l’ouïe…
 
La conscience, une grande oreille
La vibration est son
Première et dernière  expression de la lumière.

Comment répondre à la nouvelle campagne choc du FN ?

Une Histoire populaire

Le FN a lancé une campagne choc de désinformation sur les « privilèges » des migrants. Selon plusieurs affiches, les citoyens français seraient défavorisés face aux réfugiés que le pays accueille. Une propagande totalement malhonnête. Pour y répondre et combattre ces fantasmes, nous l’avons retournée contre ses auteurs.

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Oh Poulette…

L’heure annoncée de la grande lune
Nous sommes partis sur le chemin du piton rouge
Comme tous les soirs elles me suivent
Terre de feu met son désordre dans la file indienne
Elle surgit comme un diable de sa boîte, passe devant
Tapie dans les herbes elle attend les deux autres…
Nous allions donc…

Dans le virage, une poule, une blanche, toute jeune encore
Elle fonce dans les fourrés se cacher, disparaît
« Oh Poulette ce matin je pensais aux conditions qui vous sont faites
Atroces, camps de concentration pour vous et tous les autres
Oh Poulette cache-toi bien qu’ils ne puissent te retrouver
Je garderai bien le secret. »
Les chattes font un arrêt, là, où elle se dissimule
« Allons venez ! »

Le vivant se nourrit du vivant

Là, sortant les chiens… un ciel, de ceux que je nomme ciel vacuité.

Peu à peu les yeux découvrent l’ampleur du processus, la crête des montagnes si nette, les feuilles, les branches vivantes dans cette profondeur, c’est un bruissement lumineux, chaque brin d’herbe s’anime de l’intérieur.

Le corps se meut, sans effort. Il n’y a plus de réelles frontières entre dedans et dehors, ce n’est que transparence. Lorsqu’on présente à cette lumière la main, elle devient diaphane, la ligne rosée de la peau ébauche une forme.

L’acuité visuelle est grande, elle s’éveille à la vibration, voit ce qui tranche sans séparer. L’air plein de cette énergie qui se déverse en tout.

 Absence d’émotions.

Pas de Ho, de Ah, que c’est beau !

 

Ce n’est pas le silence, au plutôt si, le silence est là, au-delà des bruits de la vie qui n’ont pas cessé, au-delà des pensées qui suivent leur train.

Tout est comme à l’habitude, et même l’énervement après ce chien qui n’écoute pas, mais derrière, tout près, le silence en cette intensité.

 

Nous voici sur le chemin du retour, et brusquement Noireau plonge dans le fossé, avec tant de puissance qu’il casse la laisse et là, tout près, un petit chat roux, qu’il tue, en un instant.

Je le vois, qui plonge ses crocs dans le ventre doux du jeune animal…

Hallucinant, dans cette intense lumière qui pénètre tous les corps, ce chien, qui prend sans pitié, la vie en l’autre.

Il s’éloigne avec la victime en sa gueule, puis il revient triomphant déposer à mes pieds cette offrande. Juste, là, dans cette herbe inondée de l’intense lumière.

 

Un homme arrive qui voit la scène et le chat en la gueule du chien, et le chat déposé à mes pieds. Désignant le chaton inerte : « Celui là était là-bas ce matin, je l’ai vu, mais comment a t-il fait pour venir jusqu’ici ? »

 

Moïse sauvé des eaux

 Il a gravi le panier en osier comme il le fait à chaque fois qu’il est en besoin de nourriture, ou de caresses.

Les premiers temps, il est tombé quelques fois, maintenant il a compris et reste juste accroché en haut du panier, lançant le cri qui dit : « Viens j’ai besoin de toi ! »

Là, les chiens m’ont devancée, et Moustique le saisit en sa gueule, le lâche me voyant me précipiter.

Le chaton tombe au sol, et sans bruit, vif comme l’air, il se réfugie sous le meuble.

 Il a compris qu’il y a grand danger pour lui.

C’est là, palpable, l’intelligence en ce petit corps qui fait l’action silencieuse, ce mouvement furtif… droit au but.