« Si je ne peux pas danser, je ne veux pas faire partie de votre révolution »

Entre les lignes entre les mots

Sabine Panet, dans son éditorial, « Pour Izatu, Hélène et les autres », revient sur les femmes sans-papiers, celles qui ne peuvent faire valoir leurs droits et ne bénéficient pas de la même couverture sociale que les femmes avec papiers, « Elles sont invisibles, jusqu’à ce qu’elles soient vues ». Elle souligne entre autres, la peur permanente, les contrôles et les arrestations, « l’équilibre bancal, le quotidien et les rêves ont été aspirés par des ombres en uniforme ». Izatu, Hélène, deux femmes.

View original post 396 mots de plus

Publicités

Les premiers matins du monde

C’est le premier matin du monde.

0
La lumière qui se lève là, c’est la première fois.
Avant, il n’y avait rien. Le Grand esprit dormait dans le rien depuis tout le temps, depuis l’éternité.
Et voilà que dans ce rien, le Grand Esprit a rêvé. Il a rêvé de la lumière. C’est pour ça qu’elle se lève pour la première fois.

C’est le premier rêve. Le premier matin du monde. La lumière se lève et joue comme un enfant. Elle danse, elle file, se faufile, fait des galipettes. Et comme tout un chacun, comme vous, comme moi, elle cherche à se réaliser… Elle cherche, elle trouve : elle devient transparence… Et la transparence commence son règne dans l’univers. Elle explore, elle expérimente tous les jeux de couleurs. Et voilà qu’à son tour, elle se met à rêver, à s’emplir du désir d’autre chose. Elle qui était si légère, si impalpable, elle rêve d’être lourde, d’être grosse. Elle rêve du caillou et le caillou apparaît.

C’est le deuxième rêve. Le deuxième matin du monde. Le caillou joue comme un enfant, il roule, fait du bruit, dévale, déboule, court, s’arrête d’un coup puis repart encore plus vite et comme tout un chacun, comme vous, comme moi, il cherche à se réaliser, à s’accomplir : il devient cristal et le cristal règne dans l’univers. Le cristal se tourne et se retourne dans la lumière, joue avec ses arêtes, ses aiguilles de verre, se montre sous toutes ses facettes et voilà qu’à son tour, il s’emplit de désir. Lui si droit, si dur, si anguleux, il rêve de tendresse, de fragilité. Il rêve de la fleur et la fleur apparaît.

C’est le troisième rêve. Le troisième matin du monde. La fleur pousse, sort sa tête, la tourne de tous les côtés, se balance, s’étire, essaye des couleurs, invente des parfums et comme tout le monde, elle cherche à se réaliser. Elle cherche et elle trouve. C’est l’arbre. Et l’arbre à son tour règne sur le monde. Il enfonce ses pieds dans la terre, s’enracine, touche le ciel avec sa tignasse. Alors, forcément, la tête dans les nuages, il se met à rêver. Lui, si ancré, il rêve de se déplacer, de passer partout, partout comme… comme… comme un ver de terre.

C’est le quatrième rêve. Le quatrième matin du monde. Lui, le ver de terre, ce moins que rien, ce petit minus, après avoir joué sur la terre et sous la terre, après avoir creusé des tunnels, franchi des bosses et des creux, lui aussi cherche à se réaliser. Pourquoi pas ? Il tâtonne. Il essaye. Il tente.
Serpent à sonnette ? Porc-épic ? Puma ? Aigle ? Il tâtonne le petit ver de terre, il cherche. Ce n’est pas ça, pas encore tout à fait ça… Il cherche longtemps. Et voilà que tout d’un coup, il trouve.
Surgit d’abord un chant en plein milieu de l’océan, puis apparaît dans une vague colossale la baleine, l’accomplissement du petit ver de terre. Dans cette montagne de musique se reconnaissent tous les animaux, pas seulement le ver de terre, tous les animaux. Alors elle règne sur le monde. Tout aurait pu en rester là, seulement voilà : la baleine à son tour, après avoir chanté des lunes et des lunes, s’emplit d’un désir fou qui lui laboure les entrailles. Elle qui vivait fondue dans la mer, en parfaite osmose avec l’océan, elle rêve de s’en détacher. Elle nous rêve, nous les hommes.

Nous sommes le cinquième rêve. Le cinquième matin du monde. En marche vers le cinquième accomplissement. Allez, en route ! Puisque dans la transparence cohabitent tous les jeux de lumière. Puisque dans chaque caillou au bord du chemin dort un cristal. Puisque dans le plus petit brin d’herbe sommeille un baobab et dans le moindre ver de terre se cache une baleine. Alors dans chaque homme…

Hé ! Attention ! Si nous tuons la dernière baleine, qui nous rêvera ?

Gigi Bigot à partir d’un conte des Indiens Cherokee

La Rouille, la peinture comme exorcisme

Entre les lignes entre les mots

La Rouille est un peintre. Un peintre un peu particulier certes qui ne peint que des visages et dont le support, mur ou toile, ne change guère la facture. Les visages de La Rouille semblent être inachevés. Pourtant, il confie dans une interview son souci de l’achèvement d’une œuvre. Leur exécution varie entre 20 minutes et 5 heures, dit-il. L’œuvre est achevée et exécutée avec grand soin. Il dit s’inspirer de sa vie, de son histoire pour peindre et reconnait la fonction cathartique de sa peinture. Lui qui n’a pas de formation académique dans le domaine des arts peint parce qu’il n’a pas d’autre choix que de peindre. Il peint de manière quasi obsessionnelle des visages. 

View original post 433 mots de plus

Occultations et déformations dans l’histoire écrite au masculin

Entre les lignes entre les mots

« Il est plus que temps de dénoncer une histoire qui s’écrirait sans les femmes, et d’affirmer ensuite la possibilité d’une histoire des femmes »

Dans son avant-propos, Geneviève Fraisse ajoute « Le réel de la vie des femmes, les représentations imaginaires de la différence des sexes ont alimenté la construction du sujet femme, de l’actrice de l’histoire, de l’individu féministe »…

View original post 440 mots de plus

Jana, JS, et un appareil photo

Entre les lignes entre les mots

Mois de mai 2017, quai de la Marne, à Paris, à quelques encablures de chez-moi, Jana et JS ont été invités par le Festiwall 2017 et, sur un haut mur bordant le canal de l’Ourcq, peignent avec des pochoirs une grande fresque, haute de plus de 20 mètres et large d’une quinzaine de mètres. Cette fresque m’a immédiatement émue et je me suis interrogé sur les raisons de ces émotions mêlées, bien avant d’être en mesure d’analyser cette œuvre, par bien des côtés remarquable.

View original post 816 mots de plus

Injonction à la jouissance et violences de la sexualité dans les rapports de domination

C’est ça ! Une sexualité à soi !

Entre les lignes entre les mots

Dans son édito, « Une victoire à l’ombre ou au soleil », Sabine Panet aborde la lecture de ce numéro hors-série comme une petite victoire, « Parce que ce sujet si personnel est aussi très politique », la « libération sexuelle » – « au fait, qui a libéré qui, et pourquoi faire ? », ces choses que l’on entend dire « bien éloignées de la sexualité des femmes, de leurs sexualités, avec ce que le pluriel contient de diversité, de fluidité, de transitions, d’hésitations, d’entraves, de désirs », ce territoire   « Une sexualité à soi » à contempler, défricher…

View original post 761 mots de plus