Plume d’Eveil – Du conditionnement (3)

– Les besoins sont egotiques en effet, mais je n’entends pas toujours ce terme d’une façon péjorative.

Trop d’égoïté, c’est sûrement aussi mauvais que pas assez.

 

– Comment ça pas assez ?

 

– L’égoïté est nécessaire (indispensable) à la survie.

 

– Qu’est ce que pour toi l’égoïté ?

 

– L’égoïté, c’est un tissu d’actions et de réactions. Un tissu dont la trame prend racine dans notre passé génétique. Un tissu élastique et variant tout au long des choses vécues. Un tissu modulable, un tissu qu’on ne cesse de tisser. Parfois de choses inutiles et douloureuses et parfois de recettes pour affronter les problèmes et embûches de la vie ?

 

– Nous ne pouvons pas être sans ce tissu, c’est ce que tu dis, et pas de vie sans lui ?

 

– Oui.

 

– Tu es sans besoin, non ?

 

– Comment ça ? Je mange, je respire. Je bois et je vais aux toilettes.

Voudrais-tu que la liste de mes besoins s’arrête là ?

 

– (Rires), mais non ! (Sourire), je parle concernant notre relation.

 

– Je n’ai pas la plupart des besoins qu’ont les gens, mais tant que je me maintiendrais en vie, cela signifiera que j’ai des besoins. Sinon, c’est que la vie s’en est allée.

 

– Alors nous devrions différencier besoins et attentes. Les besoins concernant la survie.

 

– Non, les attentes sont des besoins.

 

– Ok, alors, selon l’importance de notre ego, attentes et besoins se réduisent. Ils sont raisonnables, en respect des autres et du monde. Et alors ce que tu disais tout à l’heure, que nous acceptons d’avoir certains besoins.

 

– Oui.

 

– Nous parlons, nous parlons, et je sens sous cette question encore des choses à creuser.

 

– (Sourires)… oui, y aura longtemps encore des choses à creuser dans la fosse des besoins.

 

– Déjà ne pas en juger, mais aussi ne pas les justifier.

 

– La vie se fait avec les besoins, mais nous nous en inventons, ou plutôt la peur nous en fait inventer.

Ceux-là, servent encore la vie, puisque celle-ci se fait aussi avec la peur.

Mais celui qui s’éveille un peu plus chaque jour, meurt à ses peurs…

Plume d’Eveil – Du conditionnement (2)

– Ron, faut-il renoncer à cette idée que nous pouvons provoquer, accélérer, influencer ce processus de changement ?

Et toi ? As-tu renoncé ?

Et si pour l’ultime pas, il le fallait ? N’être plus d’aucune volonté ?

 

– Cette « volonté » de changer et de changer le monde bien entendu n’est pas claire.

C’est sans doute un caprice egotique, mais il provient d’un programme naturel je crois.

Le monde est dans une relation de cette nature avec les êtres vivants, il attend d’eux qu’ils ne se satisfassent jamais, qu’ils soient des artisans de leur maison, le monde est la maison. Il entend changer avec eux à chaque génération. Mais nos egos récupèrent cette « intention » et se l’approprient pour en gonfler d’arrogance.

Si je te réponds que j’ai renoncé à l’idée cela ne veut absolument pas dire que je ne participe pas malgré moi. Toute personne qui entreprend un travail sur « soi » stimule des autres à faire de même. Mais je le fais sans volonté, sans but, sans espoir, sans attente. Je le fais comme si je ne le faisais pas.

Le « sans conditionnement » n’existe pas et ne peut exister. La vie se construit sur le conditionnement et je ne crois pas en une perception libérée des conditionnements, la perception objective, ça n’existe pas.

Une perception est une suggestion, le résultat exact de la somme de conditions particulières, d’où le conditionnement. Certes, il y a des conditionnements « meilleurs » que d’autres.

Plume d’Eveil – Du conditionnement (1)

– Dans ce message, tu dis : « Une perception est une suggestion, le résultat exact de la somme de conditions particulières ».

Les perceptions physiques sont limitées par les sens, c’est un fait. Une limitation est-elle un conditionnement ? Et qu’est-ce que pour toi le conditionnement ?

Peut-on voir avec autre chose que nos yeux ?

 

– Oui, Michelle, je dis qu’une perception est une suggestion, parce que je pense que le cerveau conçoit ce que les influences présentes le poussent à concevoir et qu’ensuite ce même cerveau fait en sorte de considérer que l’image est les formes perçues l’ont été par l’outil et l’organe appelé « œil ». Mais ces influences dépendent en réalité d’un alignement de « conscience » entre le sujet regardant et l’objet dit « vu », parce qu’en fait, deux objets se « voient » mutuellement.

Le conditionnement est comme un programme qui se compose de nos « visions », « idées », croyances, ou répétitions, etc. Tout ce qui entre dans le sens d’une représentation consciente ou non.

Oui, on voit tous avec autre chose que nos yeux, tous nos sens sont des outils de perception, et bien entendu je ne considère pas que nous n’en possédions que cinq. En fait la totalité de notre corps est organe de perception.

Ce sont les axes forts de la vie qui sont à l’origine du conditionnement, le monde s’adapte à lui-même nécessairement.

Plume d’Eveil – Du silence (fin du chapitre)

En cette intériorité

Qui se fait silence et non absence

Aucune perte, tout est là.

Ouvrir ce large champ

Invitation au voyage infini

Douceur et caresse

Au cœur de l’immensité

Présence sans visage

Juste un sourire.

 

Il faut une grande énergie

Pour s’habiter soi-même

Laisser les oripeaux

De la petite histoire.

Coupée de sa source

Elle s’épuise

Dans les conflits

Dans la plainte

Elle n’est plus.

Plume d’Eveil – Du silence (9)

Oui, la connaissance est là, totalement, à une courte distance de nos préoccupations quotidiennes, derrière une porte aussi fine qu’un voile.

L’activité intense de nos pensées nous empêche de pousser ce voile, de le voir même tout simplement et l’activité de nos pensées est intense parce que nos ressentiments (nos pitiés) sont innombrables et encombrants.

Nous jouons la comédie de notre vie et de la vie des autres.

 

  J’entends ce que tu dis là, je le vois en mouvement dans les comportements, les miens, ceux des autres. Mais je pense que le silence est comme un terrain vierge, la connaissance se manifeste de son propre chef, sans que rien en nous ne puisse le décider. Elle peut ne pas venir.

 

Le silence est un terrain vierge, ok. C’est aussi une force, une force annulant une autre force.

 

Elle annule quoi ?

 

La force des pensées !!!!

 

Oui, mais cela ne suffit pas. Cet « autre » innommable, à qui on donne tant de noms, connaissance, amour, etc., se présente à sa « convenance ».

Si non, cela voudrait dire que nous pourrions l’atteindre, en décider, et « polluer ».

 

Ce n’est pas une question de convenance.

C’est une question de vibration.

Les vibrations qui soulèvent les poussières de la connaissance ont la récolte qui correspond à leur nature. Comme le son du tonnerre qui parvient jusqu’à nous est une autre forme de vibration correspondante à l’énergie de cette foudre qui a trouvé un chemin pour passer dans la terre.

Une vibration appelle un phénomène propre à sa nature, comme une note de piano touche un endroit précis de notre corps.

Plume d’Eveil – Du silence (8)

– Quand quelque chose de nouveau se présente, il faut réapprendre à marcher.

 

– C’est plus simple que ça quand même.

Dans le cœur nous savons tout.

Juste choisir entre rassurance et aller de l’avant en confiance, ça change la condition interne.

Tout est affaire de silence.

 

– S’accorder à cet état, parce que l’habitude fait faire de grands mouvements.

 

– Oui.

Plume d’Eveil – Du silence (7)

Les pierres ne sont pas avares de confier leurs secrets, tu l’as dit.

Elles parlent sans cesse, sous le claquement de la pluie, dans le bruissement du ciel vacuité, sous la caresse du vent, dans le mystère de la nuit.

Rien ne peut, en vérité, être déformé, juste nous n’entendons pas, dans l’attente où nous sommes d’une explication qui serve à nous rassurer.

Parle-moi du silence des pierres… As-tu écouté celles de Carnac, fils de Marseille ?

 

– J’ai grandi et marché au milieu d’elles, lorsque je cherchais des amis pour témoigner de mon chagrin d’enfant, ce sont elles qui m’ont accueilli et écouté, caressé aussi, bien souvent réchauffé et embrassé de cette chaleur que le soleil leur confiait durant le jour.

J’ai adoré les pierres, je voulais leur ressembler, être dur et inébranlable comme elles.

Et lorsque fatigué, je m’allongeais contre l’une d’entre elles, je l’entendais toujours me murmurer une douce berceuse au pouvoir mystérieux d’adoucir la vie, d’éclaircir la nuit.

Ce sont-elles qui les premières me parlèrent d’amour. De l’amour des mères et des pères, de celui des frères et des amis, de celui du vent et de la pluie.

Carnac, je t’ai au fond du cœur comme tous les Carnac de la terre.

 

*Pour rappel, ces dialogues sont extraits du livre Plume d’Eveil