Je te respecte, je te chéris, tu comptes pour moi

Du temps pour l'essentiel

je te chérisJE TE RESPECTE, JE TE CHÉRIS, TU COMPTES POUR MOI
Dans la tribu Babemba de l’Afrique du sud, lorsque quelqu’un fait quelque chose de nuisible, la tribu place la personne au centre du village entourée de sa communauté.
Pendant deux jours, tous les membres rappellent à la personne toutes les choses merveilleuses qu’elle a accomplies.

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… mais aussi, Faux cotonnier, Couilles du pape, Petite ouate…

Sur un tas destiné au compostage, j’ai ramassé de longues tiges avec ces drôles de boules, légères, gonflées, transparentes on les dirait.

Quel beau bouquet, zen, dépouillé, comme j’aime.

Du vert tendre, quelques boules, chaque jour un peu plus, sont passée au kaki.

Se fendre en deux sous l’impulsion d’un germe blanc sortant d’une coque de grains noirs

Et puis, ce matin…

Que c’est beau !

Éclatement du germe en douces et si légères fibres cotonneuses

Porteuse chacune d’une petite graine noire

Sculpture aérienne, suspension d’un moment, une à une elle s’envole

Qu’un coup de vent vienne à passer, pffffffffffffffffffff

Et là j’ai cherché sur l’internet, et ce que j’ai trouvé

Tant de graines, de formes, de façon d’être dans la relation au monde

Tellement, tellement…

Quelle puissance de création dans la nature !

Incroyable, et puis j’ai trouvé

Boulestrier quel joli nom, approprié.

Quand c’était encore petit

Petite Sarah et sa mamy

C’est l’histoire coquine d’une petite fille et de sa grand-mère. C’est deux là s’aimaient beaucoup, d’un amour vrai qui ne se cache pas derrière de mauvaises manières.

Lorsqu’elles se retrouvaient après une séparation plus ou moins longue, c’était la fête !

Petite Sarah avait un sacré caractère, deux ans, mais alors quel tempérament. Je veux, je veux pas, ce n’était que ça.

Le premier jour mamy riait aux éclats devant tant de détermination.

Le deuxième jour elle souriait tendrement.

Le troisième jour, épuisée, elle se fâchait, et même devant l’entêtement de la petite se fâchait pour de bon. Et c’était là, qu’il fallait se quitter, alors on se quittait sur un mauvais sentiment, comme si il n’y avait eu que ça, ce qui n’était pas le cas. Il y avait eu le premier et le deuxième jour. Et même que le troisième était tout aussi important, on s’était dit des choses importantes. Peut être même, les choses les plus importantes.

Que la vie ce n’est pas que des sourires. Que de se rencontrer et de s’aimer ce n’est pas si facile. Qu’on ne s’aime pas seulement en cherchant à se faire plaisir.

Oui vraiment ce troisième jour était certainement le plus important.

Alors mamy qui n’est plus une petite fille et qui sait s’exprimer autrement que par des je veux, je ne veux pas, c’est bon, c’est pas bon, décida d’écrire à sa petite Sarah. Deux ans, c’est un peu, beaucoup, trop petit pour lire et même peut être pour comprendre. Tant pis, cette Mamy là, décida qu’il fallait quand même le faire. Maman Jack lira la lettre et Sarah écoutera ou n’écoutera pas, ce qui était important c’était de l’écrire cette lettre et de l’envoyer. Et elle le fit, car elle faisait toujours ce qu’elle disait.

Le cœur plein de bonheur, mamy attendait maintenant, le prochain séjour de Sarah, à la plaine des Grègues, la haut dans la montagne si belle. La prochaine fois, on essayera à nouveau, autrement de se rencontrer, pour que le jour nouveau arrive pour de bon.

Galopade de nuages

Nous avons été avec Maxime, faire cette promenade en haut de la montagne par le chemin rouge, il y avait un silence comme il y a longtemps que je n’avais perçu, comme un écho à autre chose, en ouverture !

Le soleil descendait, ici il se couche vite. Sur l’océan un voile de brume, mais le ciel était clair et les sommets étaient dégagés.

Nous avons décidé de rentrer, et brusquement derrière nous, une galopade de nuages surgis de nul part. En quelques secondes, nous étions encerclés par cette valse pressante, un ciel noir et chargé, nous poursuivant.

Le petit a pris peur, il disait « Les nuages se chargent de pluie ». Il ne comprenait pas ma joie, devant ce spectacle si vivant de la nature.

Nous sommes arrivés juste à temps à la voiture, et l’enfant capricieux et malheureux de l’après midi avait disparu, il était là si doux, si gentil, prévenant, et me disant des choses douces.

Tellement authentique, touché, lui aussi, par l’intensité du vivant.

  Dans le baiser d’un dernier soleil

A l’horizon s’est ouvert un chemin de lumière

De l’océan à l’infinité du ciel.

Sur le chemin rouge nous avons rencontré la famille tangue

Les petits, le nez levés, humaient

La chatte le nez baissé en faisait de même

Aucune agressivité.

Ils ont disparus dans les fougères et autres herbes

Le soleil a bu le chemin de lumière, l’a emporté de l’autre côté.

Le soir en rentrant de la ballade
Il y avait ce petit chat dans la cour
Aussitôt sur les talons
Sur le bureau elle s’est installée
C’est une fille
Entre ses petites pattes
Elle prend mon visage
Ce geste…
Nul besoin de ramener le souvenir
Ce geste porte tout en lui.

Les maîtresses de la maison
N’aiment pas, elles s’absentent
Et puis, c’est la nuit
Elles vont chasser.

Dormir…
Un vacarme dans la cuisine
Que se passe-t-il ?
Un chien !
Il grogne alors que j’entre dans la pièce
« Allons bonhomme ! »
Nous nous regardons…
Mon dieu, un pauvre chien
Tout maigre, dépoilé
Autour de son cou une cicatrice
Celle d’une ficelle au bout de laquelle
Il aura été attaché !
Ils font ça ici, je crois que c’est exprès !
Près de la porte ouverte, celle par laquelle il est entré
Il pourrait s’enfuir, ne le fait pas, il me regarde.

Je lui donne à manger
La petite chatte sur les talons
Elle piaille encore et encore
Me retourne, plus de chien 
Ah il sera parti !
Je le retrouve dans la pièce borgne
Celle qui est au milieu de la maison
Couché en boule, près du matelas
« Dors mon gars, on verra ça demain ! »
Bien décidée, à le garder.

Au matin, il a disparu
Je ne l’ai pas revu
Il est passé
Il savait ce qu’il voulait
Il l’a pris
Et a poursuivi son chemin
Bonne route à toi
Petit chien.

La vie, sauvage !

Le petit chat d’un jour

Un jour, sur le chemin de Compostelle, un passage difficile entre France et Espagne, la fatigue d’un voyage à pieds déjà si long, et puis ne pas parler espagnol, et puis la pluie, et puis… l’envie poignante de rentrer à la maison.

La veille il y avait eu Janine, accueillante au gîte de St Jean Pied de Port, c’est fou quand cet espace s’ouvre entre deux personnes ! Je ne montrais ni ma peine, ni ma souffrance, et mes larmes ne coulaient que dans la solitude du chemin, mais j’ai si bien senti tout son corps, recevoir, caresser, consoler, dans le silence, comme si de rien n’était. Ouahhh, ça c’est très fort ! Elle m’avait aussi donner quelques conseils : avec ce temps ne pas aller seule par la montagne, préférer alors la route pour se rendre à Roncesvalles.

J’avais pris rendez-vous avec un petit groupe de filles, mais le matin à l’aube, j’ai attendu en vain, alors j’ai pris la route…

Me suis arrêtée, la frontière passée, sur un parking. Que cet endroit était sale et inhospitalier ! Flaques boueuses tachées d’hydrocarbures, poutres métalliques, rouilles, tout le désastre de la civilisation me pénétrait. Mais il y avait nécessité, un peu me reposer, poser le sac, manger…

J’étais là, assise du bout des fesses, lorsqu’est arrivé un petit chat… doux jésus, il était si maigre, borgne, dépoilé. Ouahhh la vague ! Incommensurable vague, la misère, la souffrance, la peur, je ne pouvais plus y résister, elle m’a emportée comme elle emportait tout en cet endroit, croisement de lignes invisibles…

Puis, j’ai donné à manger à ce pauvre minou, l’ai caressé, lui ai parlé : « Je ne peux pas t’emmener, il faut que j’y aille ». Alors, sans plus me retourner, j’y suis allé.