Dans le baiser d’un dernier soleil

A l’horizon s’est ouvert un chemin de lumière

De l’océan à l’infinité du ciel.

Sur le chemin rouge nous avons rencontré la famille tangue

Les petits, le nez levés, humaient

La chatte le nez baissé en faisait de même

Aucune agressivité.

Ils ont disparus dans les fougères et autres herbes

Le soleil a bu le chemin de lumière, l’a emporté de l’autre côté.

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La vie, sauvage !

Le petit chat d’un jour

Un jour, sur le chemin de Compostelle, un passage difficile entre France et Espagne, la fatigue d’un voyage à pieds déjà si long, et puis ne pas parler espagnol, et puis la pluie, et puis… l’envie poignante de rentrer à la maison.

La veille il y avait eu Janine, accueillante au gîte de St Jean Pied de Port, c’est fou quand cet espace s’ouvre entre deux personnes ! Je ne montrais ni ma peine, ni ma souffrance, et mes larmes ne coulaient que dans la solitude du chemin, mais j’ai si bien senti tout son corps, recevoir, caresser, consoler, dans le silence, comme si de rien n’était. Ouahhh, ça c’est très fort ! Elle m’avait aussi donner quelques conseils : avec ce temps ne pas aller seule par la montagne, préférer alors la route pour se rendre à Roncesvalles.

J’avais pris rendez-vous avec un petit groupe de filles, mais le matin à l’aube, j’ai attendu en vain, alors j’ai pris la route…

Me suis arrêtée, la frontière passée, sur un parking. Que cet endroit était sale et inhospitalier ! Flaques boueuses tachées d’hydrocarbures, poutres métalliques, rouilles, tout le désastre de la civilisation me pénétrait. Mais il y avait nécessité, un peu me reposer, poser le sac, manger…

J’étais là, assise du bout des fesses, lorsqu’est arrivé un petit chat… doux jésus, il était si maigre, borgne, dépoilé. Ouahhh la vague ! Incommensurable vague, la misère, la souffrance, la peur, je ne pouvais plus y résister, elle m’a emportée comme elle emportait tout en cet endroit, croisement de lignes invisibles…

Puis, j’ai donné à manger à ce pauvre minou, l’ai caressé, lui ai parlé : « Je ne peux pas t’emmener, il faut que j’y aille ». Alors, sans plus me retourner, j’y suis allé.