Le témoin, position, état de conscience… mémoire

Mémoire vive, glissement, le parfum, le goût

L’atmosphère des souvenirs lontans …

 

« Nos souvenirs ne sont pas fiables 

Il suffit de retourner sur les lieux pour le vérifier. »

 

Oui, dans mon souvenir cette cour était bien plus grande !

Mais j’étais encore une petite fille

Au bout de la main de mon père

Comme le monde me semblait grand !

Et pour la parcourir cette cour, plus de pas.

Elle était plus belle aussi, de vieilles pierres

Un « abandon » bien vivant

Qui n’existe plus dans cette restauration.

 

Derrière la petite fenêtre

Je te vois, je te sens, je te touche

Tu n’allumais l’électricité que la nuit venue

Et encore !

Une ampoule de 25 watts dans la suspension

Monte et baisse

Ça en faisait des discussions

Qu’ils disaient que tu t’abîmais les yeux

Que quand même, faut pas exagérer !

Toi, tu ne disais rien, tu les laissais dire.

 

Dans le vieux frigidaire qui ne fonctionnait plus

Tu rangeais les journaux qui te serviraient

A emballer les haricots fraîchement cueillis

A l’aube tu allais dans les champs

Puis sur ton vélo, dans un cageot

Tu allais les vendre au marché.

 

Plus tard, quand je venais seule te rendre visite

Le dimanche en fin d’après midi

Tu étais là, derrière une autre petite fenêtre

A lire, à coudre, et même à ne rien faire…

Tu me racontais, comme dans tes lettres

Les potins du quartier

Rien de bien intéressant, mais nos corps échangeaient

Ces informations de l’autre côté.

 

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