Plume d’Eveil – De la perception (20)

– La séparation entre esprit et corps est-elle ?

L’idée même de séparation a-t-elle du sens ?

Pour l’esprit lui-même il ne semble pas que pendant son activité, il soit capable de conceptualiser sans cet aspect séparatif.

Cependant lorsque l’activité de l’esprit est d’une nature plus légère et plus souple, la place au témoin de cette non-séparation se fait sans résistance de sa part.

– Comme une communication possible ?

– Une communication entre ?

– Le corps et l’esprit.

– Non, c’est seulement qu’il « sait », qu’il a admis que la séparation est une illusion dont il est la source. Son comportement n’est plus tyrannique, il sait ne plus être dupe de ces illusions, mais il ne peut pas être perceptif de cette non-séparation.

Il ne peut la connaître, mais il peut la savoir.

– L’esprit comme nous l’entendons là est conscience de… ?

– Oui, conscience dans le sens de « raison ».

– La perception est donc pour le corps ?

– Oui.

– La perception peut-on dire aussi communication ?

– Toute vraie perception est le résultat d’une communication que la raison apprenne à ne pas coller systématiquement une étiquette.

Plume d’Eveil – De la perception (19)

– « Notre outil de communication naturel s’est endormi parce que l’homme n’en a plus voulu. Il n’en a plus voulu parce qu’il le mettait face à lui-même, la fameuse histoire de la genèse. »

Te souviens-tu m’avoir dit ces mots ? J’aimerai que tu me parles de cet outil de communication.

 

– Oui comme les animaux nous possédons une faculté de communiquer qui ne dépend pas du don, des pensées et des mots, mais des sensations seulement.

Il paraît que les indigènes d’Australie n’auraient pas perdu cet usage, je n’en sais rien. Quand nous sommes des enfants, cet outil fonctionne très bien, puis il disparaît au fur et à mesure que le « mental egotique » se développe. Quelque chose en nous qui n’est pas de la raison voit les signes sur le corps (quand le corps est là, devant nous), et nous traduit avec grande exactitude ce que le corps de l’autre dit de sa vie, de sa souffrance et du reste, même quand la bouche dit tout autre chose, souvent le contraire.

Mais ce qui est extraordinaire, c’est de voir toujours cette même faculté œuvrer à distance à condition que les capteurs soient « allumés » en nous. Les ordinateurs ne sont pas à même de se parler si on les débranche, n’est-ce-pas ? Nous aussi nous avons besoin d’être branchés, et c’est notre attention qui nous connecte à la « source » ou au « réseau ».

Tout passe par là, il y a tout ce dont on a besoin, le plus petite de tes sensations est « récupérée » par la source, elle s’envole d’elle-même vers la source, et elle reste là, disponible à celui qui sait trouver le chemin.