Plume d’Eveil – De la perception (14)

– La perception n’est-elle limitée que par la pensée ?

 

– La pensée colle son interprétation en « divisant » la perception en deux, ce qui regarde le conscient et ce qui regarde l’inconscient. Une part intellectuelle et une part physique.

 

– Hors du champ de la pensée, elle ne serait plus la somme de conditions particulières, même pas celles qui sont physiques ?

 

– Oui hors de l’intervention de la pensée elle se réserve pour la matière, ce qui chez moi est une autre façon de dire « pour la conscience ».

 

– Il arrive que le cerveau soit vraiment fatigué pour ne plus voir l’évidence, et même qu’il doute encore d’avoir bien raisonné. Il est vrai, on nous l’a dit et je l’ai expérimenté, le cerveau a d’autres aptitudes que celles que nous utilisons communément. La perception authentique relève donc de ce potentiel encore endormi ?

 

– La perception concerne la dualité corps/mental, j’ai choisi de considérer que la perception globale (car je ne puis traduire authentique) résulte de la qualité de la conscience, ce qui est pont tendu entre les deux parties.

Plume d’Eveil – De la perception (13)

– Intellectuellement j’ai admis depuis longtemps que le monde n’a pas l’apparence que je vois. Mais c’est curieux, il y a quand même une frontière comme une ligne à franchir.

 

– Je ne sais pas pourquoi tu parles de frontières. Il n’y a pas de lignes.

 

– Je sais, mais de là, on dirait qu’il y en a une. Elle est pensée, résistance, et le seul moyen, je le sais, c’est l’ouverture.

Plume d’Eveil – De la perception (12)

Un mystère qui n’est pas

Parler de l’intensité dans notre coeur.

Tendre vers…

Vers l’incommensurable, l’infini

Mais l’infini quoi ?

L’infini « amour »

Qui est naissance dans toute mort

Qui est mort dans toute vie

Une fraction de seconde de mort

Une fraction de seconde de vie.

 

Ce spectacle, nos sens ne le perçoivent pas.

Et pourtant quelque chose, en nous, nous persuade que

c’est là.

Là devant.

Là derrière.

Là tout autour.

Là-dedans.

Nous savons que quelque chose nous échappe.

 

Cela échappe sans échapper puisque nous savons.

Nous savons que trop bien en vérité.

Et ce qui nous perturbe, c’est que nous voulons le nommer.

Parce que pour l’homme, nommer les choses,

C’est les comprendre.

Plume d’Eveil – De la perception (11)

– Voyons-nous les mêmes choses et que vois-tu de moi ?

 

– Comme « voir » est une action qui ne se base pas sur la raison, ce qui est offert par cette ouverture n’est pas du genre à la satisfaire, ce n’est pas ce qu’elle recherche, elle l’évite plutôt. Nous pouvons toujours chercher à signifier ce qui est perçu par « voir » mais en réalité c’est encore chercher à se tromper. L’intellect peut se saisir de quelques informations subtiles lors des sensations et de certains mouvements du corps, mais la quantité saisie est toute petite part de la « connaissance ».

Nous voyons tous par les mêmes processus et positionnement de conscience, mais c’est certain que nous ne voyons jamais les mêmes choses. Car les conditions internes d’un individu sont trop étrangères à celle d’un autre individu, c’est pourquoi chaque « connaissance » nous concerne directement, c’est réellement une « chose » intime.

« Voir » ne concerne pas vraiment les yeux et c’est justement pour cela que ça ne concerne pas non plus la raison, les yeux sont au service de la raison.

Part l’acte de « voir » ce qui est perçu est émanations et non des formes. Un « mouvement » existe pour la raison, il a un sens. Une émanation n’en a presque pas, ou reste toujours très trouble pour elle.

Dans chacun de nos rapports avec ce monde, il y a la volonté de comprendre rationnement et il y a aussi « voir », ces deux-là se font indépendamment l’un de l’autre et n’entrent en choc que si l’intellect veut s’approprier les actions de la « conscience ».

Lorsque nous faisons l’analyse ou la définition de ce qui a pris forme dans la perception d’un objet par l’acte de « voir », nous oublions que le résultat de cette analyse est un appauvrissement profond de cet acte. Parce que « voir » engendre d’autres comportements que ceux induits par la raison au sein de la relation.

 

–  Pourquoi renoncer à vouloir comprendre ? Il me semble que comprendre aide à faire le ménage dans cette confusion qui nous habite, cela ne fait pas des certitudes.

 

–  La certitude est comme un bâton sur lequel on s’appuie et souvent on y accroche des lambeaux de notre vie. Oui, celui qui cherche à comprendre veut se nourrir de certitudes, parce que le doute est source d’inquiétudes. Nous cherchons à comprendre pour nous défaire des peurs, mais nous en créons d’autres au fur et à mesure. Ainsi de nos désirs, sitôt satisfaits de nouveaux apparaissent.

Comprendre n’est pas faire le ménage selon moi, c’est entasser dans la cave. Faire le ménage c’est faire le vide, jeter dehors ce que nous voyons inutile. Nous garderons ce à quoi nous sommes le plus attachés, ou ce qui nous est essentiel pour la survie, mais bien entendu ce sont des illusions, seul l’instant présent est essentiel.

Cependant tu as raison, nous ne pouvons nous passer de vouloir comprendre, c’est encore un paradoxe et comme tous les paradoxes, il ressemble à une paroi bien lisse et fermée. Mais lorsqu’on s’approche, on finit par trouver une faille qui nous introduit dans un espace insoupçonné.

Toute information est en trompe-l’œil, elle n’est que le reflet de ce qui se passe en nous. Il nous faut être funambule et ne pas regarder à droite ou à gauche, seulement devant soi, à courte distance.

Plume d’Eveil – De la perception (10)

– L’écoute, que dirais-tu sur l’écoute ?

– L’écoute, c’est savoir se taire avant tout, taire tout ce qui se dit en nous.

– L’écoute est donc le silence du mental, a-t-elle pour toi une direction ?

– Non, elle prend tout le panorama, 360 °

– Elle est donc sans choix.

Elle est plus que l’ouïe, et pourtant comprend cet organe des sens, aussi les autres.

– Pas vraiment, ou pas seulement.

Les sens principaux sont des fenêtres aux rideaux tamisés.

L’essentiel ne passe pas par eux.

– Oui, mais on ne doit pas se couper de ces sens. Je veux dire que lorsque ces sens-là ne sont plus considérés comme les seuls, ils ne sont pas un empêchement.

Un son qui parvient se met à parler de quelque chose de plus vaste.

– Oui.

– Là, je t’écoute, et pourtant aucun son ne me parvient, si ce n’est celui de mes doigts sur le clavier, celui des grillons, etc.

 – L’écoute ne concerne pas les sons.

– Oui… C’est état de conscience ?

– Oui, bien sûr puisque tout est état de conscience.

Mais c’est une position dans un champ de conscience qui produit la « fusion » à un degré ou à un autre bien entendu.

– Oui, la véritable écoute est si puissante, que tu l’appelles « fusion ».

Il se passe quelque chose dans l’écoute. Quelque chose qui échappe à la raison qui anéantit les peurs, les doutes, les ressentiments.

Peut-on la considérer comme une porte, ou une clef ?

– Je crois que tout est une porte ou une clé.

– Alors peut-être seulement sommes-nous plus sensibles à telle ou telle porte ? Parce qu’en moi ce que désigne ce mot a une belle lumière.

– Ce mot a une belle lumière pour tout le monde.

Pourquoi penses-tu que l’enfant vienne au monde en criant, sinon pour réclamer l’écoute.

L’écoute est un champ, tout ce qu’on n’y sème pas se meurt.

– Tu parles là de l’écoute que l’on reçoit de l’autre ?

Je ne pensais qu’à celle que l’on s’offre à soi-même et donc au monde.

– Non, non, recevoir l’écoute de l’autre est un fantasme. Le nouveau-né s’écoutant pleurer commence par s’offrir la vie à lui-même.

– Ah oui !

– Encore un concept bien humain. Si l’on écoute, c’est avant tout pour soi.

– Oui, dans l’acte du don, pour soi, et donc pour le monde.

– Oui, car le monde qui passe en nous ne passe qu’en nous.

Force est de constater que dans ce champ on ne craint pas de ne pas être écouté, cela n’a plus de sens.

Plume d’Eveil – De la perception (9)

– Percevoir est-ce prendre conscience de ? Voir, entendre, sentir ?

 

– Tout ce qui peut être assimilé à l’usage d’un « sens ». L’essentiel de ce que nous percevons passe par les yeux. Mais en fait, à l’origine, c’est l’ouïe qui avait la part principale. Malheureusement avec le temps, l’homme a passer la part la plus importante sur la vue, amoureux qu’il est des formes grossières et dédaigneux qu’il est du subtil.

L’ouïe occupe une position hiérarchique sur les autres sens parce qu’elle permet tout simplement la communication à plus grandes distances. N’oublions pas que le fœtus entend son monde autour avant toute autre perception.

Même par-dessus un mur tu peux communiquer avec une personne que tu ne peux voir. Les pigeons entendent une éruption volcanique ou un séisme à plus de trois mille kilomètres. Les dauphins et les baleines se parlent à plus de huit mille kilomètres. Etc.

La vue vient en second, elle s’occupe d’une zone plus réduite, plus immédiate.

Il vaut mieux entendre un ennemi que le voir. Quand tu le vois, il est généralement trop tard.

Le calcul se fait au sein du calculateur principal, qui fonctionne de façon autonome et donc n’a pas à passer l’information dans tous les cas à la raison. Lorsque la raison n’a pas été « tenue » au courant des résultats d’un calcul elle ignore l’information et la perception reste dans les couches de l’inconscient. Lorsque la raison est « tenue » au courant, elle prétend que c’est de l’intuition, de la clairvoyance ou d’autres choses encore (sourire). L’intuition, c’est une connaissance de l’inconscient qui remonte au conscient, ce n’est pas de la divination, mais encore du calcul. Car comme elle n’est pas fichue (la raison) de faire le lien entre toutes les infos, il ne lui reste que deux solutions :

– soit-elle dit, je suis formidable d’avoir compris cela !

– soit elle dit, je n’y suis pour rien, c’est extraordinaire la perception subtile qui se fait par le fil de « MON » intuition.

S’appropriant définitivement la processus de perception et de calcul dont elle ne sait être la mère.

 

– N’arrive-t-il pas un moment, où tous les sens s’unifient pour une perception autre ?

 

– Les sens travaillent toujours de concert à la base, ils sont 100% interconnectés. Seulement l’image du résultat dans sa forme adressée à la raison est une sorte de « ghost », un genre de « truc-malaxé » et fait sur mesure pour la petite raison qui ne veut pas connaître les détails de l’opération.

 

– Oui, c’est toujours la même chose, cela se fait, mais nous en sommes déconnectés.

Alors disons le une bonne fois pour toutes, ce qui fait écran en nous, c’est cette foutue identification au moi, le penseur, le limité.

Plume d’Eveil – De la perception (8)

– Mais qu’est-ce donc « percevoir » ?

 

– Tu vois, quand je parle de perception avec ces mots : illusion, réalité, interprétation, idée, etc., je me perds…

Et quand je veux en parler avec d’autres mots, comme : sensation, vision du corps, connaissance silencieuse, etc., je me perds encore.

Pourtant il y a bien un moment où je suis dedans vraiment, où je sais, alors qu’il n’est pas logique que je sache. Et là il n’y a que les actes pour le signifier justement.

Je vois un ami qui entre, et je lui pose la question de l’amitié et des convenance. Comment vas-tu Fred ?

Il me répond : ça va ! Ça va bien Ron ! Je lui souris, mais j’entends son corps me dire, ce n’est pas vrai Ron, ça ne va pas si bien.

J’attends, je sais que son corps me racontera toute l’histoire si je sais rester attentif. Et quand je lui parlerai, lui disant quelques mots sans rapports avec ses secrets, je les ferai monter de la profondeur de mon corps. Ils ne seront pas réfléchis (comme la lumière) de l’esprit, mais réfléchis du fond de mon corps. Mon corps parlera à son corps.

Il me regardera un instant découvrant des effets, des émanations d’une conversation silencieuse et profonde, il cherchera le lien entre ses sensations et le sens des mots, leur « grammaticalité ».

Il sourira un peu, se disant en lui-même, mais comment a-t-il pu me toucher en me parlant du vent dans les feuillages, en détournant mon regard vers une fourmi qui traînait une brindille, en me disant que le bruit que j’entends ne vient pas de l’eau qui frappe la surface d’une autre eau, mais de l’air qui y est emprisonné ?

Seuls les actes peuvent signifier. Certains sont presque imperceptibles.

Plume d’Eveil – De la perception (7)

– Illusion ? Qu’est-ce qu’une illusion ? Quelque chose que l’on croît être et qui n’est pas. Es-tu d’accord avec cette définition ?

 

– Oui, mais aussi la forme que nos sens perçoivent des choses, ce qui est mental comme une idée, une croyance. Ce qui est mental à l’origine, comme une sensation. Ce qui est mental, comme le fonctionnement des sens. L’illusion est ce que notre mental sait produire.

 

– Si tu sais cela que tu vois n’est pas le réel en tant que tel, si tu sais que ta perception est erronée parce que partielle, es-tu dans l’illusion ?

Je dis que non, tu n’es plus dans l’illusion. Tu sais que cela n’est pas la réalité, et que tu ne pourras jamais voir cette réalité.

Tu vois juste, bien que par nature dans l’erreur.

 

– Certes l’illusion est moins dense si tu sais qu’elle est, mais comme tu ne peux pas faire autrement que de te servir de l’illusion que la vie t’accorde à défaut « d’autre chose », et cet « autre chose » que serait-il ?

J’aimerais pouvoir te décrire avec des mots, l’état d’esprit qui est le mien face à ce paradoxe insurmontable. En fait, j’ai cessé de vouloir le surmonter.

Tout pour moi est illusion, parce que rien ne pourra être jamais comme je voudrais le croire, mais cela ne pose aucun problème. C’est le « deal » que la vie nous propose, et maintenant que j’en perçois un peu les finesses, cet état des choses me comble de félicité.

Je souhaite que tu saisisses un jour cela, parce que je te vois dans une bataille sur cette question, j’aimerai pouvoir t’assurer qu’il n’y a lieu d’aucune bataille.

Mais mes mots ne le peuvent pas encore.

 

– Parlons de notre relation, peu importe le temps qui la fait, mes errances, tes concessions, admettons-là dans ce qu’elle est là, en ce moment. N’est-elle pas illusoire, porteuse d’illusion et donc de mensonges ?

Voilà, c’est ça pour moi, une illusion consentie est un mensonge. Si je te dis que je suis touchée par tes mots, par ta voix, et que ceci comme tout le restant est illusoire, je te mens en te disant ceci. Nous nous berçons alors de douces et amères chimères. Mais dis-tu, cela fait partie du tout.

Misère ! Je me hais, je te hais, je hais la terre entière ! Comment puis-je écrire ces mots ? Ce ne sont que des mots porteurs d’illusion, l’illusion que je pourrais me couper de tout.

 

– As-tu songé qu’illusion ne signifie ni « chimère », ni « mensonge » ? Elle n’est pas le contraire de « vérité », et que c’est notre volonté seule qui revêt de ces « caractères » les instants réels d’amour, de partage, d’écoute ?

Nos instants sont réels, même s’il réside en eux beaucoup d’illusoire. Ils sont réels.

Et l’amitié que je vis avec toi dans cet « instant relié » est toute aussi réelle que le sang qui coule dans mes veines. Si je me mens à moi-même en disant « je t’aime », je me mens encore quand je dis entendre battre mon cœur. Et qu’entends-je réellement de mon cœur qui bat ? Tout ? Certainement pas ! Mais je m’en fiche, je sais qu’il bat, comme je sais que j’aime, même si j’ignore beaucoup de cet amour que j’ai voulu en moi.

 

Plume d’Eveil – De la perception (6)

– Tu l’as dit nous communiquons au niveau où nous percevons. Je ne vais pas t’interroger sur les mots que tu as déjà dits à ce propos, qu’ils sont l’intelligence et la folie humaine, mais sur l’essentiel.

Quel est donc cet essentiel pour lequel il nous faut entrer en discipline, pourquoi nous échappe-t-il encore et encore, que peux-tu dire sur ce mystère ?

 

– Plus je me concentre sur une image, plus je force pour la presser, en tirer tout le jus, jusqu’à la dernière goutte et moins je suis ouvert pour toutes celles qui passent à ma portée.

Lorsque tu regardes un film, les images se succèdent si vite devant tes yeux que tu vois une continuité, tu appelles cette continuité « l’action ». Mais ce n’est qu’une illusion, tu le sais, cette continuité est un tout composé de vingt-quatre images à la seconde. Si j’en retire une sur les vingt-quatre, tes yeux, n’importe quels yeux, ne s’en aperçoivent pas. Si j’en glisse une qui n’appartient pas à cette suite, une étrangère, ton esprit, tous les esprits, ne la considèrent pas.

Quel est l’essentiel ? Quel est le secondaire ? Est-il possible de s’arrêter sur l’essentiel lorsqu’on ne le voit pas ? Est-il possible de demander à son esprit d’isoler une de ces images, de la choisir au milieu de tant d’autres selon des critères personnels et selon un processus qui s’exécute sans que nous sachions jamais comment ni pourquoi ?

Soit, il le fera, il retiendra cette image de cheval blanc saisi au vol dans ce film, il ramènera toutes les autres images qui auront un rapport quelconque avec elle, il les regroupera refaisant un autre film, pour lui seul, le construisant image après image comme un puzzle, de toutes celles que sa mémoire a engrangées.

Et le film qui passe sur l’écran, que devient-il ? Pour qui se montre-t-il ?

Plume d’Eveil – De la perception (5)

– Krishnamurti dit que si l’on voit un objet sans en passer par la pensée qui nomme, qualifie, il dit qu’alors on voit la réalité de l’objet.

Que penses-tu de ce propos ?

 

– C’est cela une pensée silencieuse, une pensée qui ne nomme pas, ne définit pas, ne juge pas est une pensée qui « voit ».

Mais je ne crois pas qu’un objet ait une réalité fixe. Je ne suis pas ouvert à la notion de « réalité objective », ou réalité unique et vraie. Ce n’est pas mon expérience, je m’assois devant un objet, et jamais je ne le vois semblablement, jamais il ne me voit semblablement, chaque instant propose un alignement de lui à moi, cet alignement dépend toujours des conditions qui sont les nôtres, il y a toujours des conditions particulières, c’est cela un état de conscience. C’est l’état de conscience qui instaure une réalité parmi des milliards.

 

– « Mais je ne crois pas qu’un objet ait une réalité fixe. » Krishnamurti non plus, je me suis mal exprimée.

Pour lui, comme pour toi, et je suis d’accord avec vous deux, tout objet est différent d’instant en instant.

C’est bien pour ça que l’on ne peut se connaître que dans l’instant présent !