Plume d’Éveil – Des mots (11)

– Que se passe-t-il dans la rencontre qui puisse être mis en mots ? Ou cela ne se peut pas, du tout ?

 

– Ben tu peux mettre les mots que tu veux si tu ne te dupes pas en imaginant que tes mots transportent ce qui se vit. Lorsque les mots transportent, c’est que la charge n’est pas bien lourde.

Je veux parler d’une manière générale, comme on parle du dialogue de la conscience et de l’inconscient.

 

– J’attendrai de pouvoir faire ce que tu dis là, ces mots qui ne transportent pas.

 

– Tu n’as pas bien saisi mes mots, je pense…

 

– Si, je crois. Ces mots tu dis qu’ils n’existent pas, ils sont donc à inventer.

 

– (Rires), on peut toujours faire évoluer les mots.

 

– Oui, c’est le défi de l’intensité.

 

– Ils ne peuvent pas transporter l’essence.

 

– Je sais bien, le souffle du souffleur.

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Plume d’Éveil – Des mots (10)

– Ah, je ne trouve plus de sujet pour échanger avec toi et pourtant il doit y en avoir.

 

– Tu ne dois pas chercher.

Ce serait maladif comme comportement, attends que ça vienne naturellement.

C’est cela spontanéité et sincérité.

Plume d’Éveil – Des mots (9)

– Ce message envoyé, j’ ai eu la sensation que ce qui s’ouvrait, pouvait tout aussi bien se fermer à nouveau, et que cela dépend de ce qui se dit maintenant en moi.

Que l’important, ce ne sont pas les démonstrations que les mots permettent, mais bien ce qui met en action.

L’intention ?

 

– Oui, peut-être mais une intention profonde, qui n’est pas évidente à entendre lorsqu’il y a beaucoup de bruits.

Une intention qui précède mais surtout accompagne et ferme la marche.

 

– Je vois là, aussi, que souvent je ne t’ai pas écouté, que je n’étais pas en mesure de le faire.

Ai-je déjà fait ce constat ? En quoi cela est-il nouveau ? Là je le touche du bout du doigt, cela est concret, physique…

 

– Sans doute oui, ce constat tu l’as fait.

Nous ne touchons jamais la statue la première fois, nous ne faisons jamais l’amour la première fois, chaque chose se touche sans cesse pour que la connaissance, la compréhension croisse, en des milliers de contacts, des milliers de regards, et lorsqu’on est sûr d’avoir caressé mille fois toutes les surfaces, alors quelque chose de notre essence commence à pénétrer en dessous la peau de pierre ou de bronze, pénétrer jusqu’au cœur de la forme, jusqu’au cœur du cœur, à l’infini.

Plume d’Éveil – Des mots (8)

– Communiquer dans le silence ?

 

– Je ne communique jamais autant que dans le silence des autres.

Et les mots ne me dupent pas.

Je suis là, mais il y a aussi la barrière, celle des mots.

Je suis donc de l’autre côté.

Tout se touche avec les images :

Respecter

Humilier

Bafouer

Aimer

Ignorer.

Tout passe par l’image.

De quoi veux-tu que je te parle, je ne parle que de cela.

 

– Oui tout passe par les images, mais il y a autre chose que les images.

 

– Dans cet autre chose comme tu dis, la méprise n’existe plus, mais l’intimité non plus.

Plume d’Éveil – Des mots (7)

– Qu’en est-il de « Voir » et les mots ?

Les mots ne sont pas la chose observée, comprendre qu’il est illusoire de décrire un paysage est-il suffisant ?

 

– Les mots sont une tentative de l’esprit de témoigner des messages émis de l’autre côté, le côté silencieux.

Alors bien sûr son discours ne peut prétendre révéler une vérité.

Pourtant quand celui-ci (l’esprit) est discipliné, attentif, il parvient à montrer de son doigt pointé (dans une forme poétique), la direction d’une intelligence qui n’est point des mots mais de la ferveur des sens.

Plume d’Éveil – Des mots (6)

Nous pourrions voir ce qui fait la parole qui n’est pas les mots creux. Cette parole que nous ne connaissons pas encore, ou si peu, en quelques personnes…

 

Celui qui parle conformément à ce qui se dit partout autour de nous et au-dedans, ne parle pas en vain.

 

Oui, donc celui qui est connecté, qui est éveillé, qui est conscient de sa « rienté » ?

 

Oui.

 

Voilà pourquoi elle manque tant !

Voilà pourquoi les enfants désespèrent parce qu’ils ont besoin de l’entendre de l’adulte.

Et nous voici tous des enfants à attendre la bonne parole.

Ainsi tout ramène toujours à la même chose.

 

C’est évident, tout ramène à la « vérité ».

Les hommes se battent depuis des milliers d’années pour fausser la vérité.

Nier les lois afin d’en inventer d’autres qui n’amènent pas l’équilibre.

Forger une nature de pierre et béton pour défier le temps mais ce sont des caves où pousse le champignon du désespoir.

L’homme a inventé des mots pour se mentir et mentir aux autres.

Pour oublier qu’il n’est que de passage…

Pour parvenir à voir le monde tout à fait autrement qu’il est, et ainsi il a dû mentir à ses enfants dès leur naissance, leur raconter des histoires.