Plume d’Eveil – Du silence (7)

Les pierres ne sont pas avares de confier leurs secrets, tu l’as dit.

Elles parlent sans cesse, sous le claquement de la pluie, dans le bruissement du ciel vacuité, sous la caresse du vent, dans le mystère de la nuit.

Rien ne peut, en vérité, être déformé, juste nous n’entendons pas, dans l’attente où nous sommes d’une explication qui serve à nous rassurer.

Parle-moi du silence des pierres… As-tu écouté celles de Carnac, fils de Marseille ?

 

– J’ai grandi et marché au milieu d’elles, lorsque je cherchais des amis pour témoigner de mon chagrin d’enfant, ce sont elles qui m’ont accueilli et écouté, caressé aussi, bien souvent réchauffé et embrassé de cette chaleur que le soleil leur confiait durant le jour.

J’ai adoré les pierres, je voulais leur ressembler, être dur et inébranlable comme elles.

Et lorsque fatigué, je m’allongeais contre l’une d’entre elles, je l’entendais toujours me murmurer une douce berceuse au pouvoir mystérieux d’adoucir la vie, d’éclaircir la nuit.

Ce sont-elles qui les premières me parlèrent d’amour. De l’amour des mères et des pères, de celui des frères et des amis, de celui du vent et de la pluie.

Carnac, je t’ai au fond du cœur comme tous les Carnac de la terre.

 

*Pour rappel, ces dialogues sont extraits du livre Plume d’Eveil