Plume d’Éveil – Des mots (Fin du chapitre)

Juste un constat

Le besoin de parler naît de la confusion, et ne fait que confusion.

Au-delà du besoin, la parole.

Le besoin de se taire est le refus de se confronter à la confusion.

Au-delà du besoin, le silence.

Publicités

Plume d’Éveil – Des mots (15)

– Longtemps je t’ai écouté comme enfant je lisais des histoires merveilleuses, celles qui me parlaient de ce que je ne trouvais pas dans mon entourage. L’enfant a renoncé à ce que cela soit possible, c’est étrange de découvrir ça… parce qu’aussi elle ne s’est jamais soumise. Elle est entrée dans une sorte de désespérance révoltée.

Et puis voilà que ces mots répétés inlassablement, enfin presque… (sourire), touchent en moi quelque chose de vivant, vibrant sous la peau.

Alors, ce matin, pour toi, toi par lequel, dans lequel nous partageons tant de choses :

 

Non pas qu’ils montrent

Une lune lointaine

Ces mots-là

Touchent du doigt.

 

Plus qu’une image

 Dans le silence

 En fait cela peut parler de tant de choses.

 

– Ben oui, tous les mots parlent de tout dans le même temps. Si tu les interprètes au moment où tu les lis, c’est parce que tu fais des liens probables, plus ou moins logiques. Mais n’importe quelle phrase dit la même chose que toutes les autres.

Tu te souviens, je te disais cela dans les débuts ?

 

– Oui, parce qu’il n’y a qu’une seule chose d’importante, et que tout y va. Tu disais : « C’est comme si on faisait des ronds dans l’eau, autour de cette chose pour en entendre quelque chose, et puis soudain on ne fait plus rien et c’est là. »

Plume d’Éveil – Des mots (8)

– Communiquer dans le silence ?

 

– Je ne communique jamais autant que dans le silence des autres.

Et les mots ne me dupent pas.

Je suis là, mais il y a aussi la barrière, celle des mots.

Je suis donc de l’autre côté.

Tout se touche avec les images :

Respecter

Humilier

Bafouer

Aimer

Ignorer.

Tout passe par l’image.

De quoi veux-tu que je te parle, je ne parle que de cela.

 

– Oui tout passe par les images, mais il y a autre chose que les images.

 

– Dans cet autre chose comme tu dis, la méprise n’existe plus, mais l’intimité non plus.

Plume d’Éveil – Des mots (2)

L’énergie des mots ? Les mots en eux-mêmes sont des traîtres, personne ne leur donne le même sens et c’est dans leur nature de trahir celui qui les émet comme celui qui les reçoit.

De plus, ils trahissent aussi l’objet dont ils ont la charge comme le miroir trahit l’objet qui se tient devant lui, renvoyant ses côtés en opposé en ne donnant que l’illusion de sa volumétrie.

Mais les mots ne sont pas inutiles, leur pouvoir n’est pas d’eux, il est en leur capacité de contenir et de lier.

Qu’est-ce qu’une seule note de musique ?

Qu’est-ce que plusieurs notes différentes mais non liées entre elles au sein d’une mélodie ? Seulement du bruit !

 Si l’esprit du musicien est en cohérence avec la vie qui est dans son corps, il transpose en sons son état intérieur, sa vérité. Et son instrument de musique, sa langue, produira ses sons à lui. Mais ces sons seront vivants par le lien qui les unit, ils bâtiront une mélodie qui charmera les montagnes.

Tu vois, dans le silence particulier des cathédrales, il y a quelque chose de grand et de fort qui n’est pas Dieu, qui n’est aucun Dieu.

C’est le silence qui est plus grand que Dieu.

De même la mélodie comporte une armature solide, c’est elle que l’on peut transcrire en portée sur le papier, mais à l’intérieur, presque imperceptible, presque inaudible respire le silence qui donne vie. Il s’insinue jusqu’au plus profond de nous, là où aucun scalpel ne peut inciser, aucun microscope espionner.