Plume d’Éveil – Des mots (10)

– Ah, je ne trouve plus de sujet pour échanger avec toi et pourtant il doit y en avoir.

 

– Tu ne dois pas chercher.

Ce serait maladif comme comportement, attends que ça vienne naturellement.

C’est cela spontanéité et sincérité.

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Plume d’Éveil – Des mots (8)

– Communiquer dans le silence ?

 

– Je ne communique jamais autant que dans le silence des autres.

Et les mots ne me dupent pas.

Je suis là, mais il y a aussi la barrière, celle des mots.

Je suis donc de l’autre côté.

Tout se touche avec les images :

Respecter

Humilier

Bafouer

Aimer

Ignorer.

Tout passe par l’image.

De quoi veux-tu que je te parle, je ne parle que de cela.

 

– Oui tout passe par les images, mais il y a autre chose que les images.

 

– Dans cet autre chose comme tu dis, la méprise n’existe plus, mais l’intimité non plus.

Plume d’Éveil – Des mots (2)

L’énergie des mots ? Les mots en eux-mêmes sont des traîtres, personne ne leur donne le même sens et c’est dans leur nature de trahir celui qui les émet comme celui qui les reçoit.

De plus, ils trahissent aussi l’objet dont ils ont la charge comme le miroir trahit l’objet qui se tient devant lui, renvoyant ses côtés en opposé en ne donnant que l’illusion de sa volumétrie.

Mais les mots ne sont pas inutiles, leur pouvoir n’est pas d’eux, il est en leur capacité de contenir et de lier.

Qu’est-ce qu’une seule note de musique ?

Qu’est-ce que plusieurs notes différentes mais non liées entre elles au sein d’une mélodie ? Seulement du bruit !

 Si l’esprit du musicien est en cohérence avec la vie qui est dans son corps, il transpose en sons son état intérieur, sa vérité. Et son instrument de musique, sa langue, produira ses sons à lui. Mais ces sons seront vivants par le lien qui les unit, ils bâtiront une mélodie qui charmera les montagnes.

Tu vois, dans le silence particulier des cathédrales, il y a quelque chose de grand et de fort qui n’est pas Dieu, qui n’est aucun Dieu.

C’est le silence qui est plus grand que Dieu.

De même la mélodie comporte une armature solide, c’est elle que l’on peut transcrire en portée sur le papier, mais à l’intérieur, presque imperceptible, presque inaudible respire le silence qui donne vie. Il s’insinue jusqu’au plus profond de nous, là où aucun scalpel ne peut inciser, aucun microscope espionner.