Plume d’Eveil – Du silence (fin du chapitre)

En cette intériorité

Qui se fait silence et non absence

Aucune perte, tout est là.

Ouvrir ce large champ

Invitation au voyage infini

Douceur et caresse

Au cœur de l’immensité

Présence sans visage

Juste un sourire.

 

Il faut une grande énergie

Pour s’habiter soi-même

Laisser les oripeaux

De la petite histoire.

Coupée de sa source

Elle s’épuise

Dans les conflits

Dans la plainte

Elle n’est plus.

Plume d’Eveil – Du silence (9)

Oui, la connaissance est là, totalement, à une courte distance de nos préoccupations quotidiennes, derrière une porte aussi fine qu’un voile.

L’activité intense de nos pensées nous empêche de pousser ce voile, de le voir même tout simplement et l’activité de nos pensées est intense parce que nos ressentiments (nos pitiés) sont innombrables et encombrants.

Nous jouons la comédie de notre vie et de la vie des autres.

 

  J’entends ce que tu dis là, je le vois en mouvement dans les comportements, les miens, ceux des autres. Mais je pense que le silence est comme un terrain vierge, la connaissance se manifeste de son propre chef, sans que rien en nous ne puisse le décider. Elle peut ne pas venir.

 

Le silence est un terrain vierge, ok. C’est aussi une force, une force annulant une autre force.

 

Elle annule quoi ?

 

La force des pensées !!!!

 

Oui, mais cela ne suffit pas. Cet « autre » innommable, à qui on donne tant de noms, connaissance, amour, etc., se présente à sa « convenance ».

Si non, cela voudrait dire que nous pourrions l’atteindre, en décider, et « polluer ».

 

Ce n’est pas une question de convenance.

C’est une question de vibration.

Les vibrations qui soulèvent les poussières de la connaissance ont la récolte qui correspond à leur nature. Comme le son du tonnerre qui parvient jusqu’à nous est une autre forme de vibration correspondante à l’énergie de cette foudre qui a trouvé un chemin pour passer dans la terre.

Une vibration appelle un phénomène propre à sa nature, comme une note de piano touche un endroit précis de notre corps.

Plume d’Eveil – Du silence (8)

– Quand quelque chose de nouveau se présente, il faut réapprendre à marcher.

 

– C’est plus simple que ça quand même.

Dans le cœur nous savons tout.

Juste choisir entre rassurance et aller de l’avant en confiance, ça change la condition interne.

Tout est affaire de silence.

 

– S’accorder à cet état, parce que l’habitude fait faire de grands mouvements.

 

– Oui.

Plume d’Eveil – Du silence (7)

Les pierres ne sont pas avares de confier leurs secrets, tu l’as dit.

Elles parlent sans cesse, sous le claquement de la pluie, dans le bruissement du ciel vacuité, sous la caresse du vent, dans le mystère de la nuit.

Rien ne peut, en vérité, être déformé, juste nous n’entendons pas, dans l’attente où nous sommes d’une explication qui serve à nous rassurer.

Parle-moi du silence des pierres… As-tu écouté celles de Carnac, fils de Marseille ?

 

– J’ai grandi et marché au milieu d’elles, lorsque je cherchais des amis pour témoigner de mon chagrin d’enfant, ce sont elles qui m’ont accueilli et écouté, caressé aussi, bien souvent réchauffé et embrassé de cette chaleur que le soleil leur confiait durant le jour.

J’ai adoré les pierres, je voulais leur ressembler, être dur et inébranlable comme elles.

Et lorsque fatigué, je m’allongeais contre l’une d’entre elles, je l’entendais toujours me murmurer une douce berceuse au pouvoir mystérieux d’adoucir la vie, d’éclaircir la nuit.

Ce sont-elles qui les premières me parlèrent d’amour. De l’amour des mères et des pères, de celui des frères et des amis, de celui du vent et de la pluie.

Carnac, je t’ai au fond du cœur comme tous les Carnac de la terre.

 

*Pour rappel, ces dialogues sont extraits du livre Plume d’Eveil

Plume d’Eveil – Du silence (6)

La méditation c’est réduire l’activité de la pensée… il n’y a plus que sentir.

Tout participe, la vie est création, toute pensée, tout acte.

Quand le plein s’abstient, il crée du silence.

Il n’y a pas de réponse parce que les questions ne viennent de rien.

Lorsque s’exprime quelque chose qui n’est plus de nous, cela ne s’exprime pas, il ne reste que le silence.

Le contraire de la connaissance, la vacuité…

Celui qui n’est pas, peut répondre.

La relation n’est pas pour le souvenir, elle est invisible, elle est essentielle.

Du silence (5)

– Tu as dit, le vie exclut le silence. Et je viens de lire des mots où tu disais que c’est le silence qui donne la vie : « De même que la mélodie comporte une armature solide, c’est elle que l’on peut transcrire en portée sur le papier, mais à l’intérieur, presque imperceptible, presque inaudible respire le silence qui donne la vie. Il s’insinue jusqu’au plus profond de nous, là où aucun scalpel ne peut inciser, aucun microscope espionner. »

Je le sais ce silence, même si mes sens ne me permette pas de l’entendre. Ce n’est pas du silence vraiment.

 

– Oui, le silence vrai est un non-faire. J’emploie le terme « silence » à défaut de trouver mieux, mais il ne s’agit pas du silence dont on parlait.

 

– Oui, mais ce mot n’est pas inapproprié, il montre du doigt.

 

– Oui, il l’est dans ce cas ci-dessus. Là où il ne l’est pas, c’est lorsqu’on veut parler du silence absolu, car celui-ci est néant. C’est-à-dire, la force qui annule.

 

– Oui, et cette chose qui donne la vie ?

 

– Elle est organisation du son. C’est le son, le chant, le chant organisé donne toutes les formes de vies, comme le ciseau qui taille la pierre ou les ciseaux qui coupent le tissu.

Le son est à la fois source de vie et produit de la vie.

 

– Et la vacuité ? Tu vois il me semble qu’il faut un autre principe pour que tout cela soit possible, comme la coupe qui reçoit le vin.

 

– La coupe c’est le vivant, toi et moi, la fourmi, c’est tout cela la coupe et la vacuité est ce qui donne à la coupe le moyen de se remplir.

Du silence (4)

– Il me semble qu’il y a plusieurs niveaux de silence, comme différents niveaux de conscience.

Il y a un moment où les pensées liées au conflit en soi, au sentiment d’isolement, s’absentent.

L’esprit est calme, plus fort, plus stable. La paix s’installe.

Ensuite vient la fin du bavardage récurrent, celui qui fait commentaire à propos de tout et de rien. Les sens perçoivent des choses que d’ordinaire on ne perçoit pas.

Mais ce silence radio ne semble pas l’ultime stade, il y en a un autre que je sens venir, plus profond, qui toucherait ce qui ne se met pas en mots. Peut-être qu’il concerne l’inconscient ou les modes de fonctionnement.

Est-ce qu’il faut voir là, la preuve qu’il existe des pensées silencieuses ?

Un silence total du mental, cela est-il possible, en dehors de la mort ?

 

– Approche ton oreille de la chair en putréfaction et tu y entendras un chaos sonore, c’est encore de la vie qui travaille, car c’est même travail pour elle de construire ou de défaire.

Dans les états comatiques, beaucoup d’activités mentales, et c’est « pensée » de respirer, et c’est « pensée » que de faire battre le cœur, et encore « pensée » que de filtrer le sang.

Ce serait une erreur je crois, d’appeler « pensée » seulement ce qui lui ressemble, je veux parler du dialogue intérieur. La « pensée » dans on sens élargi, c’est à dire tout ce qui concerne les impulsions électrochimiques, est l’émanation subtile de la « vie » qui se manifeste au creux comme à la surface de toute organisation, de toute « cathédrale cellulaire ».

Je ne parle pas de « niveaux » en ce qui concerne le silence, je qualifie la densité de bruit ou a contrario, la disponibilité de l’espace que je nomme encore « vacuité ».

 

– Des pensées silencieuses, peut-être des « combinaisons » chimiques qui n’apparaissent pas aux « yeux » du « je » ?

 

– Ben voilà, considérons que lorsque ça ne bavarde pas, c’est un bon silence. De toute façon tout ce que nous faisons, c’est juger de la qualité du silence.

Si Dieu existe il ne peut supporter le silence absolu parce qu’il est pire que mort.

Si Dieu existe, la vie est en lui, et en tout. Ce qui est autour est encore lui, cette vie-là précisément ne permettrait pas au silence d’être. Parce que la vie est contraire au silence, parce que le silence est pire que mort. Il est absence de vie !

Mais cela ne se peut, ne s’est jamais pu. La vie, toujours fut là, c’est elle qui accoucha du temps.

En engendrant le temps, elle empêcha définitivement au silence d’exister car celui-ci ne peut exister qu’en dehors du temps.