Quand c’était encore petit

Petite Sarah et sa mamy

C’est l’histoire coquine d’une petite fille et de sa grand-mère. C’est deux là s’aimaient beaucoup, d’un amour vrai qui ne se cache pas derrière de mauvaises manières.

Lorsqu’elles se retrouvaient après une séparation plus ou moins longue, c’était la fête !

Petite Sarah avait un sacré caractère, deux ans, mais alors quel tempérament. Je veux, je veux pas, ce n’était que ça.

Le premier jour mamy riait aux éclats devant tant de détermination.

Le deuxième jour elle souriait tendrement.

Le troisième jour, épuisée, elle se fâchait, et même devant l’entêtement de la petite se fâchait pour de bon. Et c’était là, qu’il fallait se quitter, alors on se quittait sur un mauvais sentiment, comme si il n’y avait eu que ça, ce qui n’était pas le cas. Il y avait eu le premier et le deuxième jour. Et même que le troisième était tout aussi important, on s’était dit des choses importantes. Peut être même, les choses les plus importantes.

Que la vie ce n’est pas que des sourires. Que de se rencontrer et de s’aimer ce n’est pas si facile. Qu’on ne s’aime pas seulement en cherchant à se faire plaisir.

Oui vraiment ce troisième jour était certainement le plus important.

Alors mamy qui n’est plus une petite fille et qui sait s’exprimer autrement que par des je veux, je ne veux pas, c’est bon, c’est pas bon, décida d’écrire à sa petite Sarah. Deux ans, c’est un peu, beaucoup, trop petit pour lire et même peut être pour comprendre. Tant pis, cette Mamy là, décida qu’il fallait quand même le faire. Maman Jack lira la lettre et Sarah écoutera ou n’écoutera pas, ce qui était important c’était de l’écrire cette lettre et de l’envoyer. Et elle le fit, car elle faisait toujours ce qu’elle disait.

Le cœur plein de bonheur, mamy attendait maintenant, le prochain séjour de Sarah, à la plaine des Grègues, la haut dans la montagne si belle. La prochaine fois, on essayera à nouveau, autrement de se rencontrer, pour que le jour nouveau arrive pour de bon.

Galopade de nuages

Nous avons été avec Maxime, faire cette promenade en haut de la montagne par le chemin rouge, il y avait un silence comme il y a longtemps que je n’avais perçu, comme un écho à autre chose, en ouverture !

Le soleil descendait, ici il se couche vite. Sur l’océan un voile de brume, mais le ciel était clair et les sommets étaient dégagés.

Nous avons décidé de rentrer, et brusquement derrière nous, une galopade de nuages surgis de nul part. En quelques secondes, nous étions encerclés par cette valse pressante, un ciel noir et chargé, nous poursuivant.

Le petit a pris peur, il disait « Les nuages se chargent de pluie ». Il ne comprenait pas ma joie, devant ce spectacle si vivant de la nature.

Nous sommes arrivés juste à temps à la voiture, et l’enfant capricieux et malheureux de l’après midi avait disparu, il était là si doux, si gentil, prévenant, et me disant des choses douces.

Tellement authentique, touché, lui aussi, par l’intensité du vivant.

Le rêve

Un jour le fils fit ce rêve :

« Nous étions les quatre petits, toi et moi, dans le virage après la ferme où les chiens ont été attaqués par ce boxer fou. Un camion blanc, un gros camion est arrivé à vive allure … tu étais sur la chaussée il t’a happée, et il a disparu et toi aussi.

Plus tard, j’ étais rentré chez moi, et tu es arrivée, c’était bizarre, tu m’as dit : regarde j’ai tout ce qu’il faut pour passer. Et tu as sorti d’un sac un à un, je ne sais plus quoi, tu me montrais. Et puis tu es partie. »

Oui, là-bas nous sommes déjà.

Le charmeur de serpent

Cet enfant a le don pour les énigmes
Ce qui est un peu étrange, qui attire l’œil
Ou l'oreille, c'est mieux les deux à la fois
Qu'on ne sait pas vraiment ce que cela veut dire
Mais qui palpite doucement
Tu t'approches et cela vibre fort.
Oui, tous les enfants ont ce don
Et aussi les adultes qui communiquent
Avec cette dimension en eux
C'est le signe de cette conversation
Silencieuse, qui jaillit là où il se doit.

Nous étions à chercher du bambou
Dans ce bosquet où je le savais il n'y a plus grand chose
Trop fins, trop tords
Il y a bien ces deux tiges, elles ont le bon diamètre, la bonne section
Mais pas besoin d'avoir le compas dans l’œil pour voir qu'elles ne sont pas droites.
« Ah, je suis bien certaine qu'il existe un moyen de les redresser ! 
Mais je ne le connais pas.
Moi dit l'enfant, je le connais. Il faut justement leur jouer un air de flûte.
Ah ?
Oui, comme les charmeurs de serpent. »
Non, ce n'est pas mignon, ce n'est pas rigolo, c'est profond. Il a vu l'image, 
qu'il a traduite avec ses mots. Et ses mots portaient parfaitement l'image qui est vision.

Le coup de la page vierge

Bilan orthophoniste : 
« Il a aussi des problèmes en lecture, il n’a pas su lire le mot femme, 
ni le mot monsieur ! » 
Plus tard, l’enfant à qui je pose la question : 
« Ben si, je savais que c’était femme, mais j’ai pas osé le dire ». 

Sacrés spécialistes ! 
Leurs grilles en tête, ils n’entendent rien, ne voient rien 
Ferment les portes qui s'ouvrent devant eux
Et ce sont, ceux-là, qui donnent leur avis d’éminents praticiens 
Sur le devenir d’un enfant. 
  
T’inquiète petit, 
Il ne se passe rien d’important à ce niveau là ! 
Juste que cela nous rend plus forts, 
Parce qu’on  ne se laisse pas avoir. 
Hop, un petit coup de page vierge ! 
Tu comprends ? 
On ne fait pas comme si, il ne s’était rien passé 
On ne fait pas comme si, on n’avait pas de problème 
On laisse tout ça, dire ce qu’il y a à dire 
Et pfffffffff, quelque chose en nous a compris 
Qui n’a pas besoin de se justifier 
Parce que c’est là… 

Magie de la rencontre

L’enfant, les yeux au plafond

Souriait, babillait, il riait aux éclats

Absorbé dans une vision

Connecté à un jeu d’ombres et de lumières

Une présence peut être…

 

Lorsque je l’ai pris dans mes bras

Il a lâché la tétine

M’a regardée…

Son regard n’accrochait rien

Transparence de l’enveloppe

Tout son petit être émerveillé

Resplendissait.