Le langage des oiseaux

Partie marcher, les chiens sur mes talons courent devant

Dans cette case, dans la cour de cette case, de grandes volières

Les perruches multicolores et leurs appels

Je ne m’arrête pas, juste ralentir le pas

L’homme est là, dans l’embrasure une tasse à la main

« Elles sont belles, hein, mes perruches ? »

 

Arrêt, je le regarde

« Moi, les oiseaux je ne les aime pas en cage. »

Il est embarrassé, pas parce que je pense cela

Non, parce que je le dis

« Mais, ces oiseaux là sont nés en cage !

– Oui, c’est un peu comme nous quoi »

Il me dévisage.

« Ben oui dans nos têtes nous sommes bel et bien en cage. »

Sûr, il me prend pour une barge…

 

André Chouraqui… vision

 

« Il serait illusoire, et à certains égards néfaste, d’imaginer qu’une langue universelle puisse s’imposer à tous mais, dans toutes les langues, il serait nécessaire que des méthodes nouvelles de traduction puissent enrichir le langage de valeurs nouvelles, en harmonisant ses significations globales. A vrai dire, le silence seul peut forger l’unité du langage humain. Seul le silence permet de forcer le mystère de la pluralité des voix intérieures de l’humanité. Une science nouvelle, fondée sur une analyse de la nature du langage, doit dépasser les problèmes posés par Babel et nous rapprocher du jour salvateur où l’humanité aura réintégré dans sa vie réelle les transparences nées du silence. Une humanité nouvelle est en train de naître. Si quelque cataclysme, hélas trop prévisible, n’en anéantit pas les éclosions, elle cherchera à donner lieu à l’utopie aujourd’hui inconcevable où, aux sources du silence, toute traduction paraîtra inutile, de nouveaux types de communication s’étant établis entre les humains. »

 André Chouraqui, réflexion sur le langage