Le langage des oiseaux

Partie marcher, les chiens sur mes talons courent devant

Dans cette case, dans la cour de cette case, de grandes volières

Les perruches multicolores et leurs appels

Je ne m’arrête pas, juste ralentir le pas

L’homme est là, dans l’embrasure une tasse à la main

« Elles sont belles, hein, mes perruches ? »

 

Arrêt, je le regarde

« Moi, les oiseaux je ne les aime pas en cage. »

Il est embarrassé, pas parce que je pense cela

Non, parce que je le dis

« Mais, ces oiseaux là sont nés en cage !

– Oui, c’est un peu comme nous quoi »

Il me dévisage.

« Ben oui dans nos têtes nous sommes bel et bien en cage. »

Sûr, il me prend pour une barge…

 

Voir…

Le 25 Mai 1999

Journée très chaude. Passé St Innocence, je commence à traîner la patte. J’approche d’une propriété qui a fière allure, de l’ancien retapé avec colombages et autres spécificités de la région.
« Ca sent le fric ! » C’est sorti tout seul. C’est fou tout ce qui peut s’exprimer en un si bref instant, le contact, la sensation, le désir, et la réaction à ce désir. Et de me dire que ces gens là, qui habitent là, ne peuvent être que des bourgeois …
Sur ce grand terrain paysagé, un homme tond la pelouse juché sur un tracteur. Il me regarde approcher, arrête le moteur, et me souhaite le bonsoir. Le discours intérieur stoppe net, avec le bruit de l’engin qui cesse.
« Vous allez loin comme ça ? »

J’ai passé la soirée, en cette belle demeure, accueillie par Marie Odile et Bertrand. L’accueil, ils connaissent, de leur logis ils ont fait un lieu de vie pour jeunes mères célibataires.
J’ai profité de la piscine avec les enfants. Nous avons dîné tous ensemble. Un peu plus tard, j’ai rejoint la terrasse où j’ai dormi pour une « belle étoile » abritée.
Le soleil se couche en des couleurs éclatantes, alors que Vénus resplendit dans toute cette lumière, tout près d’un premier quartier de lune.

Elle s’endort, riant de la farce qui vient de se jouer, contente de se voir si parfaitement découverte, mise à nue dans son conditionnement qui fait les désirs refoulés. C’est une libération. Voir, ne participe pas du contact qui nécessairement induit la chaîne des causes à effets. Etonnant ça…
Sourire aux anges.