Un vieux monsieur joue de l’accordéon

Le 04 Juin 1999

La nuit a été étoilée de nombreux réveils, trop chaud, trop froid sans la protection de la toile. Et puis… le vertige devant cette immensité du ciel révélée par l’obscurité. L’observateur était là, qui guettait.

Il est midi, elle passe près d’un manoir. Les volets sont fermés, le parc est si beau, elle aimerait se poser sur cette herbe à l’ombre du grand cèdre, mais avec ces murs… alors, elle pique nique devant la grille du portail, afin de profiter de la vue. Puis, elle s’aventure dans un petit chemin qui longe la propriété, et s’aperçoit que le mur s’arrête au coin. Rien pour empêcher le passage !
Elle n’aime pas ce qui vient se dire, se peut-il qu’elle passe à côté, que cela l’abandonne ?
Il faudrait pousser la question plus loin, regarder si c’est du dehors que cela vient, lâcher prise et laisser s’accomplir cette danse intérieure. Mais, vite, elle reprend sa route.

Quelques raidillons, au loin se profilent les Pyrénées. J’ai réussi à atteindre Orthez, mais quelle douleur ! Brusquement est venu se dire, que ce mal pourrait bien être de la tendinite. Je m’arrête dans une pharmacie.

J’ai demandé la direction pour le camping à une petite mamy. Elle m’accompagne : « Jusqu’où tu peux plus te tromper… ».

Dans le bureau d’accueil, un vieux monsieur joue de l’accordéon, une dame derrière le comptoir me sourit. Deux hommes écoutent avec attention la musique, l’un d’eux se lève. C’est à peine s’il me regarde, son corps se déplace sans bruit, il s’approche, me retire le sac et me tend une chaise.
Un si grand silence et… la musique.

 

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Ce chant….

 

Quand les hommes ont soufflé la musique, le chant…

Produisant un rêve sonore

                            Ils ont dédiés cette vibration                            

Qui, à la femme, et elle, à l’amant

Qui à dieu, l’unique ou le multiple

A la gloire de l’un, à la gloire de l’autre

La notre, toujours !

 

Mais, il se passe cette chose si belle

Que la musique s’échappe…

Dans sa geôle, le prisonnier

Dans la cour, l’enfant affamé

Dans la cuisine, dans la chambre

Dans toute la cité

 Elle touche…

 

La nature du vivant révélée

A ce qui se tait

Libre.