Le langage des oiseaux

Partie marcher, les chiens sur mes talons courent devant

Dans cette case, dans la cour de cette case, de grandes volières

Les perruches multicolores et leurs appels

Je ne m’arrête pas, juste ralentir le pas

L’homme est là, dans l’embrasure une tasse à la main

« Elles sont belles, hein, mes perruches ? »

 

Arrêt, je le regarde

« Moi, les oiseaux je ne les aime pas en cage. »

Il est embarrassé, pas parce que je pense cela

Non, parce que je le dis

« Mais, ces oiseaux là sont nés en cage !

– Oui, c’est un peu comme nous quoi »

Il me dévisage.

« Ben oui dans nos têtes nous sommes bel et bien en cage. »

Sûr, il me prend pour une barge…

 

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Paille en queue

Trait dans le ciel d’azur
Que se passe-t-il
Que te voilà au rendez-vous
Des fils tendus ?
 
Quatre vous êtes
Au-dessus de nos têtes
Les enfants criant, tirant
Gesticulant pour vous toucher
Rien ne les calme.
 
« Oiseaux de malheur !!!! »
Hurlent-ils.
 
De vos passages répétés
Au-dessus de la cour
Si bas
Vous voici prisonniers
Des cocotiers du verger.
 
Posé, te voilà albatros
Échoué sur le pont
Et tous crient
« Oiseaux de malheur
Mauvais présage !!!! »

L’oiseau bleu

Hier, l'enfant m'appelle 
« Mamy, il y a un oiseau bleu sur la terrasse ! » 
Oui, une perruche qui se sera sauvée d'une cage 
A moins que quelqu'un l'ait libérée 
Étonnant moment de cet oiseau... bleu 
« Sauve-toi, il y a les chats !
Ne fais pas confiance, reste loin des maisons. » 
Voilà, ce que je lui dis, lui souhaitant longue vie 
Voilà, où nous sommes rendus... 
  
Il faut passer, pas d'autres choix 
Aimer, non pas la souffrance 
Aimer, l'être qui est encore enfermé 
C'est si puissant ce lien des corps 
Ne pas s'en séparer, le pénétrer 
Et alors, il est possible de … 
  
Non, ce n'est pas soulager 
Le soulagement est passager 
Anesthésie dont il faut se réveiller 
C'est autre chose, une transmutation 
Un changement définitif 
Qui entraîne un autre changement 
Toujours plus profond...