Plume d’Éveil – De l’animal et de l’homme

Ce matin je me suis assis entre deux arbres… J’ai déplacé mon regard de gauche à droite et il m’apparut évident que même en restant là des jours, des mois, des années, devant un paysage figé comme dans un musée, je ne saurais faire l’inventaire de toutes ces choses autour de moi.

Et pourtant, pourtant… ces fleurs et insectes, ces nuages et gouttes d’eau, ces brins d’herbes et grains de terre, ces plantes et arbustes, ces milliards de vie et la mienne, m’ont semblé comme un papier peint collé sur un mur, ce mur s’étalait à l’infini plongeant ses racines dans mon esprit sans doute.

Il y avait une porte, puis une autre porte encore, en fait le mur était un assemblage de portes, toutes avaient leur poignée et leur trou de serrure et point de clé.

Un hennissement me réveilla de ma torpeur, et je vis un cheval blanc galoper vers moi, lorsqu’il passa tout près de l’endroit où je me tenais il poussa à nouveau son cri de défi, et je compris ce qu’il me dit :

Je suis le porteur de clés !!!! Le monde est au-delà !!!!

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Plume d’Éveil – De la violence (6)

Contre les murs de la prison

Se frapper la tête

Violemment comme pour briser l’enfermement

Doucement pour la caresse

 

Et ne plus rien faire

 

Expirer le silence

C’est sans encombre

Tellement naturel.

Plume d’Éveil – De la violence (5)

Visiblement mes mots d’hier n’avaient point de sens pour toi ou si peu.

C’est bien le feu de la violence que j’ai éteint en moi, et c’est pourquoi je me suis adouci et attendri.

Bien entendu que la violence est la vie, le désir sexuel est désir de domination, il est violent, ainsi de tous nos besoins.

Je ne te parle pas de philosophie là, mais de ma vie, de mon expérience. Tous ces désirs, ces pulsions, ces besoins m’habitaient, j’étais une personne d’une grande violence, (Sourire) finalement très en harmonie avec la vie.

 

Le changement intérieur intervient bien par les cellules et c’est la nature qui l’a voulu ainsi, c’est notre seule liberté.

Si nous refusons de croire en notre faculté d’ordonner le changement, il n’y a plus rien à faire. Suffit d’accepter tout ce qui est sans commentaire.

Les pulsions animales m’amenaient à la destruction, je n’ai pas eu d’autre choix et j’en suis bien content, que d’explorer de chemin. Et c’est la vie et non la mort qui m’attend.

Il ne s’agit pas de morale, j’ai touché cela, la violence qui est dans la vie que nous connaissons n’est qu’un rideau, la vraie vie est derrière.

Plume d’Éveil – De la violence (4)

– Le pas lourd des soldats, je l’entends qui s’éloigne, mais il y a encore la peur de les voir revenir avec tous leurs saccages, leurs crimes. L’oreille attentive, attend ce moment où le silence dira, c’est fini.

Oui, la violence est en nous, et si nous ne voyons pas ce fait, nous ne pouvons pas le comprendre, seulement être débordés par l’agressivité, qu’elle se retourne contre les autres ou contre nous-mêmes.

Quelle est donc la nature de cette violence ?

 

– L’acte violent est légitimé par les lois naturelles. La vie pousse ses racines dans son tissu. Alors comment marcher contre elle ?

Je l’entends rugir en moi ce fauve, même si sa voix s’est faite plus faible aujourd’hui. Je l’ai toujours entendue comme une voix protectrice. L’énergie de ce fauve me portait en avant me donnant le courage d’écraser les barrières. On ne sait être délicat et violent à la fois. Ce que je ne voyais pas, c’est qu’elle me rongeait le corps au dedans au rythme des illusoires obstacles qu’elle écrasait au dehors.

En vérité c’est bien notre peur de la violence qui nous fait marcher vers un « ailleurs », qui nous fait nous poser la question d’un autre monde, un monde meilleur. Ce que nous appelons « spiritualité » se résume à cela.

Alors !

Regardons-la bien en face celle qui nous fait peur ! Car elle habite au fond de nous, et nous savons la nourrir, nous savons la traiter comme une amie lorsque nous avons besoin d’elle. Elle est bien là dans nos ventres ! Placée par des volontés naturelles et sauvages au service de la vie, de ce qui se veut fort et survivant.

Que nous faudra-t-il mettre à sa place au creux de notre ventre ou de notre cœur pour que nous demeurions en paix mais en vie toutefois ?

Plume d’Éveil – De la violence (2)

– La bonté ou la méchanceté n’existent que dans nos efforts à résister à nos instincts. Est-ce bon par conséquent d’aller contre la nature ?

 

– Et si nos instincts nous trahissaient sur la « vérité » du monde ?

 

– Ah, nos instincts ? Mais de quoi parles-tu ? De nos instincts liés à la survie ?

La méchanceté, cette agressivité dirigée vers l’autre, n’est rien d’autre qu’une volonté d’exister dans un monde qui se refuse.

La bonté ? Dans ce cadre-là, une hypocrisie de première, qui nous fera faire en fonction de ce nous pensons BIEN de faire pour exister dans ce monde. On s’adapte et le conflit est en soi, là naissent les monstres qui nous habitent.

On va me dire : « Oui, mais s’il n’en était ainsi, le monde ne serait qu’un champ de bataille ! ».

J’ai toujours pensé, sans jamais oser le dire, que de cette rencontre véritable, pourrait finir ce qui doit finir et naître enfin quelque chose de nouveau.

 

– Je parle de tous ces petits instincts qui nous ouvrent le chemin de l’existence au prix de la destruction (si nécessaire) de tout ce qui nous semble séparé de nous, étranger, autre.

Et pourtant… ce qui meurt en « l’étranger » se meurt en nous, si ce que j’appelle « l’étranger » est bien un autre prolongement de mon corps que mes sens ne veulent reconnaître.

Plume d’Éveil – De la violence

– Mais la nature est-elle violente ? N’y voit-on pas de la violence pour mieux justifier la nôtre ?

 

– La sauvagerie et la violence ne sont pas synonymes n’est-ce-pas ? Le lion est sauvage mais pas violent. Le terme «sauvage » est synonyme de « libre », c’est pourquoi ce qui est « civilisé » n’est ni libre ni sauvage…

Alors la question est : Les luttes à mort auxquelles se livrent les animaux contiennent-elles un caractère violent ?

Si l’on admet que la violence se manifeste dans les rapports entre les individus, si on la définit comme de qui donne un caractère agressif à une action commise par un spécimen envers d’autres spécimens, je suis obligé de répondre par oui, la nature est cet ensemble de violences organisées.

Si je prends du recul, et si je veux voir que cette organisation de vie consommant d’autres vies est la seule condition réelle sur laquelle toute dorme de vie repose, là, je me sens obligé de dire que ce doit être beau, puisqu’il n’existerait rien qu’un grand désert s’il n’y avait pas cette loi, ce grand principe.

J’ose croire que l’humanité, non dans son ensemble mais pour quelques individus rares vivant ou ayant vécu ces millénaires, est la première espèce qui ait songé, imaginé, la vie fonctionnant selon un principe totalement opposé, la non-violence.

Or à ce jour, la non-violence (je parle de celle du Christ et non de l’ahimsa de Gandhi) doit être définie contre-nature. Je veux dire, qu’on n’en voit aucune trace dans la nature et qu’elle ne semble pas coïncider avec l’organisation de la vie.

L’autre question est : Le monde décide-t-il des lois en application, obligeant ainsi le « vivant » à obéir, s’adapter à lui ou a disparaître pour incompétence ?

Tu vois Michelle, s’il nous faut répondre « oui » à cette question, le message du Christ est le message d’un « décalé » ou d’un manipulateur. Comment un individu qui ne serait pas né comme tout le monde, pas mort non plus comme tout le monde, oserait inviter les hommes à le suivre, à répéter et intégrer son message, sa bonne parole ?

Cette bonne parole serait la folle parole, nous parlant d’un monde que jamais la nature n’a montré.

Le monde me convient tel qu’il est, malgré sa violence, il me convient parce que j’aime la vie qu’il offre et qui obéit à cela. Mais je me demande aussi si ce monde ne nous pose pas la question du changement.

Plume d’Éveil – De l’amitié (fin)

Chaque relation

Dans laquelle nous nous engageons

Affrontant les démons du passé

Lucides et déterminés, aimant aussi

Car rien ne se fait sans l’amitié

Est une chance qui nous est offerte

 

Cadeau de la vie, cadeau de l’autre

Celui qui accepte de nous rencontrer

Rien ne se fait sans ce partage

 

On les compte sur les doigts de la main

Ces amis véritables, éternels amis

Avec lesquels on grandit, on mûrit

 

Et de l’infinie gratitude qui naît là

La force dans la paix.