Plume D’Éveil, Du mental (2)

– Ta question sur la cohérence m’a paru s’appliquer à la démarche intellectuelle, mais j’aurai du me douter…

*

– J’explique : si avant de faire le premier pas, tu n’es entier, qui fait le second, ou finalement l’ultime, si tu ne rassembles pas en chemin les éparpillements naturels ? Peu importe peut-être puisque tu te dis simplement compliqué.

*

– La pomme n’est-elle pas entière dans la fleur ?

La fleur n’est-elle pas entière dans la branche ou l’arbre qui la porte ?

L’arbre n’est-il pas entier dans la graine qui est son origine ?

Qu’y a-t-il à rassembler ? De quels éparpillements parles-tu ?

N’allons-nous pas d’entièreté à de nouvelles entièretés ?

*

– Je me brûle la langue en buvant un thé trop chaud… crois-tu que les cellules de mon corps qui sont occupées à régénérer le lieu de l’inflammation vont dans le sens d’une décision que je prendrais à ce moment-là au sujet de quoi que ce soit ?

*

– Bien sûr que non, les cellules sont autonomes et ne suivent pas une décision que tu prends. Mais je ne nie pas que les décisions qui sont prises à un niveau plus profond en règle générale interviennent bien dans les décisions de nos cellules, comme je ne nie pas que quelle que soit la profondeur de cex niveaux, elles peuvent être rapprochées de la surface.

*

– Non, même si elles concourent à faire en sorte que quelque chose en moi aboutira à son intention. Ce que je nomme cohérence c’est cette unité de toutes les pièces du corps pour se rejoindre dans l’intention. On dit dans le Védisme qui si on atteignait la cohérence, on ne pourrait pas vivre plus de quinze jours sans s’effondrer, sans perdre sa forme humaine.

*

– Si tu nommes « cohérence » en effet le « grand principe » qui semble habiter l’infiniment petit, comme l’infiniment grand, le « principe de l’intention », il me faut réentendre ta question.

J’ajouterais qu’on ne pourrait pas vivre une seule seconde sans changer de forme.

*

– En quelques mots, elle disait : que nous pouvions choisir à la naissance soit quelles cartes nous étaient données soit de nous les laisser attribuer selon la « chance », destin, sort, etc.

Dit autrement: que nous décidions à la naissance quelles sont nos cartes ou à quel destin nous nous laissons aller.

Deux attitudes : l’une intentionnelle relevant d’une volonté inconnue, l’autre bon enfant, paisible et insouciante…

Elle ajouta que la naissance n’est pas un moment du passé relatif à notre conception… certains ne naîtraient jamais… mais la naissance est le moment où enfin nous décidons de choisir les cartes que l’on va jouer… et peu importe ce qu’il advient.

*

– Là, il me semble que c’est à chaque instant que se présente cette impression de chois, pas plus à la naissance que chaque jour, mais ai-je dit impression ?

*

– Alors la cohérence est l’intégration dans chacune des parties de notre être de cette intention que l’on ne peut plus remettre en question, jamais. De là ma question : comment au mieux intégrer, vibrer dans l’unité d’une seule intention ? Lorsqu’on est aussi multiple que divers, aussi continu que peut l’être un corps hétéroclite en perpétuelle reconstruction ?

Ta réponse n ‘éclaircit pas le sens « sens » du premier pas.

Ta simplicité n’est-elle pas une équivoque qui te permet de glisser hors de tes cartes ?

*

– Nous faisons au mieux de toute façon, quels que soient notre conscience, nos désirs et ambitions, nos peurs et regrets, nous faisons au mieux ! Le « petit » est en continuelle reconstruction parce que le « grand » est en continuelle invention. Il n’y a pas de question en fait (vibrer, intégrer au mieux dans…) c’est ce que nous faisons que nous le voulions ou pas.

Si la simplicité doit permettre de glisser « hors de », je prends. Si elle doit permettre de me fondre « en de », je prends. Mais qu’en penses-tu ?

Plume D’Éveil, Du mental

Évolution?

100 000 ans est une marque symbolique pour moi et non réellement historique. Cette période situe l’apogée de Néandertal et précède de peu sans doute Cro-Magnon. Il est admis pour ces deux hominidés, qui utilisent un langage sophistiqué, que leur esprit fonctionne comme le nôtre. En fait il y avait sans doute une large différence entre ces deux-là, comme il y avait une large différence entre Néandertal et les singes.

La pensée est présente dans toutes les formes de vie, chaque organisme possède ses propres complexités et ses limites selon son espèce. Le «penseur» apparaît dès que la plus petite organisation de la pensée est observable, je pense qu’il est présent chez la plante, par conséquent présent aussi dans toute la lignée dont l’espèce l’humaine est issue depuis des millions d’années, son élaboration a suivi le même chemin que son évolution générale.

Comprenons-nous bien, je ne parle pas de ratage ou de déformation regrettable. Tout ce qui est arrivé est «juste», il n’y rien à redire selon moi. Je ne porte aucun jugement de valeur sur les faits probables de l’histoire.

Ce qui a représenté le piège le plus important pour notre espèce? Quand son esprit se révéla assez «puissant en raison» pour lui permettre de dominer les grands prédateurs, de pratiquer l’élevage ou l’agriculture, quand l’homme s’est senti apte à trouver les réponses à ses problèmes principaux, il s’est aussi senti apte à trouver des réponses à toutes sortes de mystères, à inventer des dieux, à devenir magicien.

A ce stade plus rien ne semblait pouvoir lui résister, il s’est senti le maître du monde et a développé sa pensée et son «penseur» autour de cet axe. Son «penseur» ne cesse de luis répéter 100 fois par minute : je suis le maître du monde !!! Tout ma’appartient !!! Car je suis suprêmement intelligent !!!

Plume d’Éveil, Du chemin (Fin du chapitre)

Ils ont vu, qu’il fallait rompre et non pas s’accorder

Ils ont vu, que le mystère resterait entier

Ils ont vu, dieu et diable, s’effacer des cieux obscurs

Ils ont vu, que seuls il leur faudrait marcher, sans jamais se retourner

Ils ont vu, un monde finir avec eux…

 

Les plus vaillants marchaient devant, leurs rires tonitruants

Derrière, les visages emprunts de trop de sérieux,

En leur oreille encore la rumeur

Aucun pour s’attarder, se pencher, retenir

Le temps n’était plus aux regrets

Ensemble, ils avançaient.

 

Ils passaient et personne ne les voyait

Les temps n’étaient plus aux révélations.

Plume d’Éveil, Du chemin (31)

– Alors oui, il semble bien que la « non-violence », qui n’est pas le contraire de la violence, soit un acte créateur, révolutionnaire.

Krishnamurti, parle de l’amour qui sauve, de l’amour qui est communion totale, une flamme sans résidu.

Il s’est adressé au plus grand nombre disant que sa personne n’a pas d’importance, répétant tout au long de sa vie que c’est ce que nous engageons nous-même qui l’est ! Il dit, pas de maître, pas d’église. Il dit, la liberté précède, et cette liberté est solitude.

Crois-tu que nous puissions faire cela à deux ?

*

– C’est certain, cela fait deux mille ans qu’on en parle, mais on en a parlé sans comprendre.

Aujourd’hui on en parle presque plus, quelques personnes comme toi ou Krishnamurti, mais on comprend aujourd’hui.

Que comprend-on ? Que ce n’est pas, ça n’a jamais été une question de bon goût, c’est une question de vie ou de mort, aujourd’hui on sait que le temps est la seule valeur essentielle.

Bien sûr que je ne remets pas en cause l’harmonie de la nature, je crois que la question n’existe que pour l’homme, mais je me demande c qui se passerait pour l’ensemble du « vivant » si l’homme se retournait, car c’est cela une révolution.

Oui Michelle, je le crois, nous pouvons le faire à deux, à trois, etc., c’est pour moi ce que nous faisons depuis le début. Je n’avais pas compris le sens de ta question sur l’allié, parce qu’il était évident pour moi qui si je communiquais avec toi, c’est que je suis ton allié, parce que ce que nous faisons nous dépasse Michelle.

Chaque jour je te découvre l’esprit plus claire, cette clarté était déjà là, je le sais, et je pense que si tu me la montres plus, c’est que tu as laissé grandir ta confiance en moi, je te remercie de cela Michelle.

Nous le faisons, chacun de nos mots vers l’autre est un effort de révolution.

Plume d’Éveil, Du chemin (30)

Je me lève le matin

Je suis étranger pour moi-même

Je ne peux saisir que peu de mon ombre.

Alors ne cherche plus, tu te fourvoierais, et perdrais ton temps

Prends ce que tu vois.

Ne cherche pas plus

Prends et donne

Mais donne sans illusion.

Je suis réel et en même temps moins que tu ne peux l’imaginer.

Plume d’Éveil, Du chemin (29)

– Cette chose qui vient souvent le soir dans la paix, je sais maintenant qu’on ne la découvre jamais en sa totalité.

Si cela se fait, c’est elle qui en décide.

Alors, recevoir ce que nous pouvons en voir, en sentir : une détente du corps, un sourire furtif, la vacuité, te parler un peu… (Rires)

Elle est résolument en dehors du champ de la raison, elle rompt avec l’identification. Ce n’est pas un renoncement, celui-ci nous fait juste remettre à demain, à une autre fois.

En tes mots, tu en parles de tant de façons, j’ai relu avec attention ceux-ci :

*

– La conscience de notre mort nous maintient dans le souvenir de notre « rienté », de la primordialité de l’instant présent et de la modération en toute chose.

Elle est pour moi la voie de la vie, ou la voie du « milieu ». C’est aussi la voix de l’humilité non pas en tant que parure de l’intellect mais de celle qui se nourrit de la conscience du lien avec toute chose.

Plume d’Éveil, Du chemin (28)

– Et bien, ce temps-là, s’il vient est bien tard pour moi.

 

– Peu importe. Il viendra quand ce sera juste pour toi, il est au-dessus de ta tête. Tous les temps sont là, au-dessus de nos têtes.

Ce n’est pas nous qui décidons et pourtant c’est un peu nous aussi.

 

– Que veux-tu dire tous les temps sont là ?

 

– Que de gros efforts semblent nécessaires, comme pour accomplir de très longues distances, alors que tout objet est à portée de nous, peu importe l’image.

Je te disais l’autre fois, que nous sommes assis dessus, ça a le même sens.

 

– Il n’y a pas besoin d’effort pour les longues distances, il suffit de se mettre en route chaque matin.

 

– Mais n’oublie pas que chaque matin on peut se voir arriver. Il suffit d’une seconde pour atteindre à toutes les lumières et pourtant peu y arrivent en une vie entière.

Certains y arrivent l’instant du dernier soupir. C’est ainsi.

Plume d’Éveil, Du chemin (27)

– Cette force prend sa source dans le lien qui s’établit par la conscience, le lien qui nous unit à la terre et à l’animal.

*

– Tu penses donc que parce que tu as gardé ce lien vivant en toi, cette force t’a permis de grandir ?

*

– Mais je ne me sens pas particulièrement grand… pas du tout en fait.

*

– Ha, je ne viens pas te flatter là !

*

– Mais je suis tout petit, non je ne me sens pas flatté, je rectifie les choses telles que je les crois justes.

Un homme s’éveille et cela signifie qu’il a conscience de sa rienté.

*

– Je disais grandir, non que tu sois grand. « Grandir », être ce que nous sommes.

*

– Plus un homme se sent petit, plus il semble grandir. Mais cette notion de croissance n’est pas une bonne formulation.

*

– Alors quelle est cette juste attitude qui fait que l’on reste connecté, en toutes circonstances ?

*

– La femme qui a son petit enfant tout près d’elle, même celle qui savait dormir d’un sommeil profond que sa nuit lui paraissait tomber au fond d’un puits, cette femme là ouvrait les yeux au moindre murmure de son enfant, et si par malheur une nuit la fièvre le prenait, elle le sentait et ses yeux s’ouvraient par eux-mêmes, le lien avec son enfant ne laissait pas de place aux mauvaises surprises.

Il ne s’agit point d’un désir, ni celui de grandir, ni celui d’être meilleur, ni celui de marcher vers la lumière, ni celui de perfection, c’est d’instinct qu’il s’agit, l’instinct seul peut nous relier à ce monde dans la qualité et la simplicité

Plume d’Éveil, Du chemin (26)

– Cela se fait.

On ne peut pas mettre les idées au clair, quand on est à l’écoute de soi, il n’y a plus d’idées non claires.

C’est le geste, que l’on dit raté, qui sert le plus d’expérience, c’est celui qui contient le plus de vérité, c’est celui qui nous en dit le plus sur l’état des choses.

Il règle la question des illusions et désillusions.

L’illusion est liée à notre assurance.

Assimiler le passé après l’avoir intégré… tout ce que tu dépasses est constitutif.

Assimiler est en conscience, prêt à être consommé pour de vrai, pour libérer son énergie.

Il faut un certain temps pour assimiler, prendre en soi, c’est devenir… ce que l’on a absorbé.

A quoi servent les repères ou à qui ?

*

– Ben, à l’esprit, je suppose… Je ne suis pas convaincue que cela soit nécessaire.

*

– Oui, c’est certain mais répond comme si c’était une question simple.

*

– Si j’étais convaincue de cette nécessité je te dirais cela me sert à moi.

Comme je n’en suis pas convaincue, je te réponds à l’autre.

*

– Encore plus simple, répond comme un enfant.

*

– A marcher…

*

– A marcher oui, mais sans se perdre, n’est-ce-pas ?

Donc, les repères servent à s’assurer qu’on ne va pas tomber dans un précipice au lieu de rentrer chez soi.

Donc, les repères servent à ceux qui ne peuvent pas être sûrs de leur chemin. Ils ne connaissent pas leur chemin, ne savent pas par où il faut passer.

Les repères cessent d’être utiles à deux catégories de gens, la première, ceux qui connaissent le chemin. La seconde, ceux pour qui n’importe quel chemin est bon.

*

– C’est de ça dont je voulais parler en d’autres mots, question de confiance, en l’intention ?

*

– Bon ben voilà, la question n’existe plus !

*

– Alors pas besoin de repère, puisque tous les chemins sont bons .

*

– Non, tu traduis mal ce que j’ai dit, tu ne peux dire cela que pour toi-même et jamais pour un tiers.

*

– Cela se fait.

On ne peut pas mettre les idées au clair, quand on est à l’écoute de soi, il n’y a plus d’idées non claires.

C’est le geste, que l’on dit raté, qui sert le plus d’expérience, c’est celui qui contient le plus de vérité, c’est celui qui nous en dit le plus sur l’état des choses.

Il règle la question des illusions et désillusions.

L’illusion est liée à notre assurance.

Assimiler le passé après l’avoir intégré… tout ce que tu dépasses est constitutif.

Assimiler est en conscience, prêt à être consommé pour de vrai, pour libérer son énergie.

Il faut un certain temps pour assimiler, prendre en soi, c’est devenir… ce que l’on a absorbé.

A quoi servent les repères ou à qui ?

*

– Ben, à l’esprit, je suppose… Je ne suis pas convaincue que cela soit nécessaire.

*

– Oui, c’est certain mais répond comme si c’était une question simple.

*

– Si j’étais convaincue de cette nécessité je te dirais cela me sert à moi.

Comme je n’en suis pas convaincue, je te réponds à l’autre.

*

– Encore plus simple, répond comme un enfant.

*

– A marcher…

*

– A marcher oui, mais sans se perdre, n’est-ce-pas ?

Donc, les repères servent à s’assurer qu’on ne va pas tomber dans un précipice au lieu de rentrer chez soi.

Donc, les repères servent à ceux qui ne peuvent pas être sûrs de leur chemin. Ils ne connaissent pas leur chemin, ne savent pas par où il faut passer.

Les repères cessent d’être utiles à deux catégories de gens, la première, ceux qui connaissent le chemin. La seconde, ceux pour qui n’importe quel chemin est bon.

*

– C’est de ça dont je voulais parler en d’autres mots, question de confiance, en l’intention ?

*

– Bon ben voilà, la question n’existe plus !

*

– Alors pas besoin de repère, puisque tous les chemins sont bons .

*

– Non, tu traduis mal ce que j’ai dit, tu ne peux dire cela que pour toi-même et jamais pour un tiers.