Plume d’Éveil – De la relation (25)

– Hier, je me suis ressouvenue de ce chant de vie… J’ai raccompagné Sarah, nous nous sommes retrouvés avec ses parents à la plage. Puis ils sont partis et je suis restée encore un peu.

Le vent puissant s’amplifiait dans les filaos, un bruit de tempête, comme je les aime. Les vagues s’échouaient avec fracas sur la barrière de corail, et l’agitation des eaux gagnait la plage. Tout était puissance et force, qui me fait taire.

Et le ciel d’un bleu si profond, et les branches d’un arbre, si vivantes dans le vent.

La vague a-t-elle atteint le rivage ? Je ne sais pas, je n’étais pas là pour le voir. Me voici assise sur le sable, avec cette drôle d’impression d’être arrivée quelque part. C’est venu, sans bruit se dire ainsi « Ce n’est pas moi, ça ». Tout reprend sa place… j’avais oublié.

 

– Merci, merci mille fois de ce partage que je reçois en plein cœur.

Tu t’es souvenue, ressouvenue de quelques expressions qui font ton visage, ton sourire, ton regard. Tu t’es plongée dans des mouvements de la nature, le chant du vent dans les arbres, le gris des nuages, et ils ont su te parler de toi, par-dessus tes batailles, te donner un peu de leur paix. Je les en remercie pour toi, pour nous, pour le monde entier, car un souvenir est comme une naissance et c’est pour le monde que l’on naît.

Comme tes derniers mots ouvrent de portes, en toi comme en moi, c’est donc que lorsqu’on avance vers la redécouverte de soi, on avance vers les autres. Comme l’enfant qui fait ses premiers pas en a conscience !! Oui, c’est bien de recevoir que l’on partage et non de donner.

Ces perles nous les dégageons des visages de la statue, quand nos mots émis vers l’autre la cisèlent, lui arrachant quelques nouvelles étincelles dans les yeux, ici, la malice d’un regard, là, la complicité d’une commissure des lèvres.

Lorsque nous nous ouvrons à l’autre, lui proposons de goûter un peu de ce thé, lui permettons de s’asseoir dans le fauteuil le plus confortable, quand l’autre vient, c’est une occasion rêvée de se voir un peu plus. Car de que nous voyons de notre visage dans la glace n’est pas de la plus grande vérité, il n’y a que dans les yeux de l’autre que l’on se découvrira plus.

Merci à toi d’avoir accepté de recevoir ma paix, et ce faisant, de lui avoir permis de grandir encore.

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Le réel …

Quel est donc le visage du réel ?

Nous savons que nos sens nous offrent des représentations variées, ainsi le monde perçu par la pieuvre n’est pas celui du dauphin, ni celui du chien, ni celui de l’homme.

Nous savons que selon l’état de la psyché humaine, il s’offre encore en des colorations qui influencent les actes.

Nous savons que les hommes s’affrontent pour des idées, qui ne sont  que des représentations du réel.

Nous savons que les sciences remettent en cause toutes les certitudes acquises.

 

Le chercheur découvre chaque jour, ses limitations de la vieille…

 

Le sens commun s’insurge devant ce fait : « Comment pourrions-nous vivre sans pouvoir décider et dire le réel, l’opposer à l’illusion, séparer le vrai et le faux ! »

C’est sûr, cela met à mal tous les systèmes de pouvoir qui trouvent leur justification dans l’assertion de vérités concernant le réel, cela nous met tous au même niveau, nous ne pouvons prétendre dire ce que Cela est, juste témoigner d’une subjectivité.

 

C’est ici, même, que s’élève le chant, bruissement d’un monde toujours nouveau, dont la seule loi est amour, mourir et naître d’instant en instant, anéantissant toutes les arrogances.

Toutes les discussions prennent fin, toutes les séparations s’effacent, en cette musique.

Naissance au cœur de la vague…