Le charmeur de serpent

Cet enfant a le don pour les énigmes
Ce qui est un peu étrange, qui attire l’œil
Ou l'oreille, c'est mieux les deux à la fois
Qu'on ne sait pas vraiment ce que cela veut dire
Mais qui palpite doucement
Tu t'approches et cela vibre fort.
Oui, tous les enfants ont ce don
Et aussi les adultes qui communiquent
Avec cette dimension en eux
C'est le signe de cette conversation
Silencieuse, qui jaillit là où il se doit.

Nous étions à chercher du bambou
Dans ce bosquet où je le savais il n'y a plus grand chose
Trop fins, trop tords
Il y a bien ces deux tiges, elles ont le bon diamètre, la bonne section
Mais pas besoin d'avoir le compas dans l’œil pour voir qu'elles ne sont pas droites.
« Ah, je suis bien certaine qu'il existe un moyen de les redresser ! 
Mais je ne le connais pas.
Moi dit l'enfant, je le connais. Il faut justement leur jouer un air de flûte.
Ah ?
Oui, comme les charmeurs de serpent. »
Non, ce n'est pas mignon, ce n'est pas rigolo, c'est profond. Il a vu l'image, 
qu'il a traduite avec ses mots. Et ses mots portaient parfaitement l'image qui est vision.