Plume d’Éveil – De l’animal et de l’homme (3)

Reconnaissons que ces activités équestres que nous entreprenons depuis des millénaires n’ont pas eu de plus bel effet sur nous que celui de cultiver notre ego de dominateur. Aujourd’hui nous entendons parler d’équitation « au naturel » de dressage et débourrage éthologique, mais ne nous leurrons pas, les termes « équitation » et « naturel » ne sont pas compatibles, « dressage » et éthologique » sont contradictoires et le « débourrage éthologique » est un fantasme.

Lorsque nous sommes assis sur le cheval, nous trônons, nous régnons sur lui et les outils que nous utilisons sont là pour le rappeler, à lui comme à nous. Seule notre suffisance s’en nourrit et suspectons cette nouvelle mode, cette soi-disant équitation éthologique de vouloir camoufler, habiller de plus beaux habits des coutumes et comportements encore très archaïques. La dimension éthologique d’un rapport possible avec une espèce animale passe inconditionnellement par l’apprentissage de son langage gestuel, émotionnel et l’étude de sa vraie nature, en tant que représentant de son espèce et en tant qu’individu.

Si nous voulons entrevoir une nouvelle voie s’ouvrir, il faut nécessairement se poser la question suivante : que puis-je offrir en contrepartie à un cheval ?

Certains chevaux ne seront jamais intéressés par notre offre – si jamais nous avons su trouver la réponse.

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Plume d’Éveil – De l’animal et de l’homme (2)

– La peur est-elle une pensée uniquement ?

Le regret est-il une pensée ?

La culpabilité semble être une pensée ?

En quoi la culpabilité peut-elle alourdir la forme humaine ?

Les animaux regrettent-ils ?

S’ils ont peur, se sentiraient-ils aussi parfois coupable ?

Qu’en dit l’ami Ron ?

 

– La peur n’est pas une pensée, elle emprunte bien des formes dans son expression. Mais sans doute qu’elle commence dans cette forme, la pensée.

Tout ressentiment semble alourdir ce que vous appelez la forme humaine, bien que je ne sois pas sûr que nous parlions du même « objet » avec cette formule.

Bien que je sois persuadé que le « regret » n’est pas un ressentiment coutumier de nos cousins, je n’affirmerais pas que cela leur est totalement étranger. Le mécanisme mental qui produit le ressentiment appelé « regret » est aisément assimilable.

Ceux qui ont observé leurs animaux domestiques ont également constaté que par le biais d’une éducation orientée dans ce sens il est possible de leur inculquer des « valeurs morales « , un sens du « bien » et du « mal » (le bien leur apportant la récompense, le mal la punition). Lorsqu’un animal domestique, se souvient qu’il a agi de façon qui déplaît fortement à son « maître », il en a des regrets.

Assimiler une pensée « regret » à une pensée « culpabilité » je ne le ferai pas.

Cependant, si la culpabilité est certainement inexistante dans le mental des « animaux » – (je mets des guillemets à animaux pour rappeler que nous en sommes aussi)-, tout comme le « regret » qui doit être aussi rare,, je crois que tous ces comportements sont effectivement communicables.

Plume d’Éveil – De l’animal et de l’homme (1)

A mon maître « nuage blanc », un jour d’éveil.

La terre tremble sous moi

Et fait vibrer mes os

Comme les cordes d’une harpe

 

Un nuage blanc martèle le sol dans son vol

Et mon âme suit la danse de ses sabots

Trois hirondelles nagent dans l’azur

Sa méduse crinière capture le silence

 

Il vient vers moi et me dévisage

J’ouvre mes mains en offrande à ses naseaux

Je sens mon identité odoriférante

Passer dans son sang jusqu’au cœur

 

Il m’appelle et me défie de savoir qui je suis …

 

Plume d’Éveil – De l’animal et de l’homme

Ce matin je me suis assis entre deux arbres… J’ai déplacé mon regard de gauche à droite et il m’apparut évident que même en restant là des jours, des mois, des années, devant un paysage figé comme dans un musée, je ne saurais faire l’inventaire de toutes ces choses autour de moi.

Et pourtant, pourtant… ces fleurs et insectes, ces nuages et gouttes d’eau, ces brins d’herbes et grains de terre, ces plantes et arbustes, ces milliards de vie et la mienne, m’ont semblé comme un papier peint collé sur un mur, ce mur s’étalait à l’infini plongeant ses racines dans mon esprit sans doute.

Il y avait une porte, puis une autre porte encore, en fait le mur était un assemblage de portes, toutes avaient leur poignée et leur trou de serrure et point de clé.

Un hennissement me réveilla de ma torpeur, et je vis un cheval blanc galoper vers moi, lorsqu’il passa tout près de l’endroit où je me tenais il poussa à nouveau son cri de défi, et je compris ce qu’il me dit :

Je suis le porteur de clés !!!! Le monde est au-delà !!!!

Plume d’Éveil – De la violence (5)

Visiblement mes mots d’hier n’avaient point de sens pour toi ou si peu.

C’est bien le feu de la violence que j’ai éteint en moi, et c’est pourquoi je me suis adouci et attendri.

Bien entendu que la violence est la vie, le désir sexuel est désir de domination, il est violent, ainsi de tous nos besoins.

Je ne te parle pas de philosophie là, mais de ma vie, de mon expérience. Tous ces désirs, ces pulsions, ces besoins m’habitaient, j’étais une personne d’une grande violence, (Sourire) finalement très en harmonie avec la vie.

 

Le changement intérieur intervient bien par les cellules et c’est la nature qui l’a voulu ainsi, c’est notre seule liberté.

Si nous refusons de croire en notre faculté d’ordonner le changement, il n’y a plus rien à faire. Suffit d’accepter tout ce qui est sans commentaire.

Les pulsions animales m’amenaient à la destruction, je n’ai pas eu d’autre choix et j’en suis bien content, que d’explorer de chemin. Et c’est la vie et non la mort qui m’attend.

Il ne s’agit pas de morale, j’ai touché cela, la violence qui est dans la vie que nous connaissons n’est qu’un rideau, la vraie vie est derrière.

Plume d’Éveil – De la violence (4)

– Le pas lourd des soldats, je l’entends qui s’éloigne, mais il y a encore la peur de les voir revenir avec tous leurs saccages, leurs crimes. L’oreille attentive, attend ce moment où le silence dira, c’est fini.

Oui, la violence est en nous, et si nous ne voyons pas ce fait, nous ne pouvons pas le comprendre, seulement être débordés par l’agressivité, qu’elle se retourne contre les autres ou contre nous-mêmes.

Quelle est donc la nature de cette violence ?

 

– L’acte violent est légitimé par les lois naturelles. La vie pousse ses racines dans son tissu. Alors comment marcher contre elle ?

Je l’entends rugir en moi ce fauve, même si sa voix s’est faite plus faible aujourd’hui. Je l’ai toujours entendue comme une voix protectrice. L’énergie de ce fauve me portait en avant me donnant le courage d’écraser les barrières. On ne sait être délicat et violent à la fois. Ce que je ne voyais pas, c’est qu’elle me rongeait le corps au dedans au rythme des illusoires obstacles qu’elle écrasait au dehors.

En vérité c’est bien notre peur de la violence qui nous fait marcher vers un « ailleurs », qui nous fait nous poser la question d’un autre monde, un monde meilleur. Ce que nous appelons « spiritualité » se résume à cela.

Alors !

Regardons-la bien en face celle qui nous fait peur ! Car elle habite au fond de nous, et nous savons la nourrir, nous savons la traiter comme une amie lorsque nous avons besoin d’elle. Elle est bien là dans nos ventres ! Placée par des volontés naturelles et sauvages au service de la vie, de ce qui se veut fort et survivant.

Que nous faudra-t-il mettre à sa place au creux de notre ventre ou de notre cœur pour que nous demeurions en paix mais en vie toutefois ?