Plume d’Éveil – Des mots (4)

– Je te l’ai dit, se taire n’est pas se bâillonner dans mon langage, il ne s’agit pas de se forcer à se taire si l’on a besoin de dire.

C’est ce besoin de dire qui disparaît, parce que disparaît la comédie et la danse des questions qui ne sont pas lorsque la clarté entre dans l’esprit.

 

– Je me fous de ce besoin de mots… Je veux aller au delà…

 

– On ne va pas au-delà. C’est l’au-delà qui vient en nous. Sous l’effort de la marche, le chemin persiste. Il n’y a pas de chemin comme tu le dis si bien dans ton blog.

Les questionnements et la volonté d’exprimer, de formuler, sont produits par les remous d’inquiétude. La clarté chasse tout cela.

Publicités

Plume d’Éveil – Des mots (3)

– Crois-tu qu’il soit possible d’inventer une nouvelle façon de communiquer ?

Une nouvelle façon d’entrer en relation ?

L’autre qui n’est pas l’autre. Se donner et recevoir. Se connaître, dans cette ouverture. Vraiment, est-ce possible ?

*

– Je ne crois pas qu’il s’agisse d’une nouvelle façon de communiquer, peu importe le langage choisi, le moyen, tous sont bons et justes, ce qui importe, c’est ce que l’on met de « soi » dans notre message. Les mots étant comme des navires, je suis partisan de les remplir de sens, d’intensité et de vérité.

Tu demandes : Une nouvelle façon d’entrer en relation ?

Non, non, juste du naturel, du sincère. Je ne sais jusqu’où il est possible de se connaître dans cette ouverture, se connaître l’un l’autre ? Mieux se connaître soi ? Il est vrai que le plaisir est double et incessant, car rien ne sera complètement découvert, ni de l’un ni de l’autre. Au fur et à mesure que je m’enfonce dans la forêt, il me semble que le temps d’une pause, elle a changé son visage. Et cela est merveilleux.

Plume d’Éveil – Des mots (2)

L’énergie des mots ? Les mots en eux-mêmes sont des traîtres, personne ne leur donne le même sens et c’est dans leur nature de trahir celui qui les émet comme celui qui les reçoit.

De plus, ils trahissent aussi l’objet dont ils ont la charge comme le miroir trahit l’objet qui se tient devant lui, renvoyant ses côtés en opposé en ne donnant que l’illusion de sa volumétrie.

Mais les mots ne sont pas inutiles, leur pouvoir n’est pas d’eux, il est en leur capacité de contenir et de lier.

Qu’est-ce qu’une seule note de musique ?

Qu’est-ce que plusieurs notes différentes mais non liées entre elles au sein d’une mélodie ? Seulement du bruit !

 Si l’esprit du musicien est en cohérence avec la vie qui est dans son corps, il transpose en sons son état intérieur, sa vérité. Et son instrument de musique, sa langue, produira ses sons à lui. Mais ces sons seront vivants par le lien qui les unit, ils bâtiront une mélodie qui charmera les montagnes.

Tu vois, dans le silence particulier des cathédrales, il y a quelque chose de grand et de fort qui n’est pas Dieu, qui n’est aucun Dieu.

C’est le silence qui est plus grand que Dieu.

De même la mélodie comporte une armature solide, c’est elle que l’on peut transcrire en portée sur le papier, mais à l’intérieur, presque imperceptible, presque inaudible respire le silence qui donne vie. Il s’insinue jusqu’au plus profond de nous, là où aucun scalpel ne peut inciser, aucun microscope espionner.

Plume d’Éveil – Des mots

Recevoir les mots, tous les mots comme une tentative désespérée, de dire ce qui ne se peut.

Aucun ne pourra détenir la vérité, ni la brandir à la face du monde.

Mais tous participent à éclairer, un bref instant qui déjà n’est plus.

Dès qu’ils ne sont plus le reflet de l’échange en soi, ils ternissent la beauté du jour.

Chose curieuse, paradoxe de l’Amour, jamais ils n’échappent à ça.

La parole est vent qui porte dehors,

Quand l’espace vient à manquer

Qu’il s’enroule sur lui-même et se love,

Comme ce chien fatigué d’une nuit d ‘errance.

Elle va son chemin, plus loin que la mort.

Les mots s’égrainent comme cailloux de collier,

Nous accompagnent jusqu’à l’alcôve,

Font éclore parfois un sourire de l’enfance.

Plume d’Éveil – De la croyance (5)

– Il y a peu, confronté je pense à une intensité, tu as regretté de ne pas pouvoir avoir la foi…

 

– Non, ce n’était pas un regret.

 

– Oui, la foi est encore une illusion.

 

– Oui. Mais une solution qui protège bien. Pour certains une bonne solution.

Quand on refuse cette solution, que reste-t-il ?

 

– On ne la refuse pas, Ron.

Elle ne se peut parce qu’on a vu et c’est trop tard.

 

– Même lorsqu’on a vu, c’est facile d’oublier, c’est facile de se mentir.

La foi est un mensonge qu’on se fait, c’est toujours ça…

 

Plume d’Éveil – De la croyance (4)

Il était une fois… (Sourire)

Quand est-ce que cela a commencé ?

Entre moins 40 000 ans et moins 35 000 ans, peut-être. L’homme commence à refuser son monde, sa vie. Sa vie est trop pénible, il a peur de tout, il a donc besoin d’espérance en la vie après la mort, sans doute même en l’immortalité.

Il veut se voir l’unique enfant des Dieux et considère que le reste de la vie est là pour lui, pour ses besoins et ses caprices, pour le servir.

Il continue en voyant d’autres hommes comme ses esclaves aussi, ceux-là ne sont pas des enfants de Dieu au même titre que lui. Ceux-là, il ne veut pas les voir mériter de vivre.

Peu à peu il devient créateur à son tour, créateur d’autres mondes, d’autres plans, il croit gagner sa liberté, il croit voir des portes donnant vers des horizons issus de sa seule imagination.

Il se met à inventer des histoires, des traditions,de la culture, ses contes prétendent remonter jusqu’à l’aube de la création de son monde, il dit qu’il les a reçus de ses Dieux, par l’intermédiaire de ses mages.

Et la machine s’emballe peu à peu, ses repères essentiels ne sont plus les arbres et le vent, les oiseaux et la pluie, mais ses fantasmes.

La réalité recule devant ses caprices, aujourd’hui ce n’est pas dans ses documentaires ou reportages qu’il montre la réalité de son monde décomposé, mais bien dans ses fictions. Ses films et romans de science-fiction disent mieux la vérité que les discours journalistiques, politiques, philosophiques.

Même sa science raconte des histoires.

Nous sommes de l’espèce des « salades » (rires) c’est ce que nous savons le mieux faire, accommoder des salades parce que nous ne sommes plus capables de digérer la « vérité ».